
Mgr Vincenzo Paglia.
Par Michael Haynes — Traduit par Campagne Québec-Vie — Photo : Diane Montagna/LifeSiteNews
19 mai 2025, Cité du Vatican (LifeSiteNews) — Le Pape Léon XIV a fait l’une des premières nominations majeures de son pontificat, nommant le cardinal Baldassare Reina à la tête de l’Institut Jean-Paul II, remplaçant le controversé Mgr Vincenzo Paglia, président de l’institut, un établissement qui a été vidé de sa substance par le Pape François en 2019.
Comme l’a annoncé aujourd’hui le bureau de presse du Saint-Siège, Léon XIV a nommé le cardinal Baldassare Reina grand chancelier de l’Institut théologique pontifical Jean-Paul II pour les sciences du mariage et de la famille.
Depuis le mois d’octobre de l’année dernière, le cardinal Reina — créé cardinal en décembre 2024 — est vicaire général du diocèse de Rome, après en avoir été l’auxiliaire pendant deux ans.
La nomination de ce cardinal de 54 ans est la première nomination importante faite par le nouveau pape dans les différents bureaux de la Curie romaine, et elle est accueillie favorablement par les militants pro-vie. Bien que son rôle public ait largement tourné autour des questions curiales dans le diocèse de Rome au cours des dernières années, son bilan sur les questions pro-vie est considéré comme plus orthodoxe que celui de l’homme qu’il remplace.
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L’institut, plus connu sous le nom d’« Institut Jean-Paul II », était dirigé par l’archevêque Vincenzo Paglia en tant que grand chancelier depuis 2016.
En août de la même année, le pape François avait nommé Mgr Paglia à la tête de l’Institut Jean-Paul II et à la présidence de l’Académie pontificale pour la vie. Ces deux instituts pontificaux ont fait l’objet de remaniements radicaux sous l’impulsion du pape François et de Mgr Paglia.
Mgr Paglia, qui a fêté ses 80 ans il y a quelques semaines, a joui d’une grande notoriété pendant le pontificat de François et a joué un rôle clé dans la mise en œuvre des changements apportés aux deux instituts pontificaux sur l’ordre de François.
Le démantèlement de l’Institut Jean-Paul II a commencé sérieusement en 2019, avec le licenciement de son président, Mgr Livio Melina, et la suspension immédiate de tous les professeurs.
Le personnel a ensuite été sélectionné pour défendre des positions morales contraires à celles précédemment défendues par l’Institut, notamment l’interdiction de l’homosexualité et de la contraception.
Peu après ces changements, Mgr Melina avait déclaré que « si les décisions prises par Mgr Paglia ne sont pas révoquées, alors cela signifie que : “L’interprétation du magistère du pape François en continuité avec le magistère précédent est intolérable dans l’Église” ».
Le journaliste catholique chevronné Phil Lawler s’est fait l’écho de ces réflexions, écrivant que « la purge à l’Institut Jean-Paul II a écarté les membres de la faculté les plus étroitement associés à la pensée du Pape — et saint canonisé — qui a donné son nom à l’institut ».
Les présidents qui ont suivi Mgr Melina avaient commencé à plaider en faveur de l’acceptation de la bénédiction des couples homosexuels et de leur admission aux sacrements.
En vidant l’Institut Jean-Paul II de sa substance, François avait dû faire face à une levée de boucliers chez les théologiens et les éthiciens du monde entier, inquiets de l’orientation prise par le Vatican. En effet, la destruction de l’institut est encore aujourd’hui considérée comme l’une des principales controverses du pontificat de François.
Des événements similaires se sont déroulés à l’Académie pontificale pour la vie (APV). L’on a décrit l’académie comme étant imprégnée de « gnosticisme hérétique » après qu’elle ait été remaniée par François à partir de 2016. Le pape a publié de nouveaux statuts pour la APV en novembre 2016, dans lesquels les membres ne sont plus tenus de signer une déclaration selon laquelle ils soutiennent les enseignements pro-vie de l’Église, tout en élargissant le mandat de la APV pour inclure notamment l’environnement, avec un accent particulier mis sur ce dernier enjeu.
Au fil des ans, Mgr Paglia lui-même est devenu de plus en plus controversé en raison de ses commentaires sur un certain nombre de questions relatives à la vie et à la famille.
Au moment de sa nomination à la tête des deux instituts en 2016, Mgr Paglia était déjà connu comme un défenseur de la possibilité pour les divorcés et les « remariés » de recevoir la Sainte Communion.
Depuis, il a suscité encore plus de controverses en raison de propos dans lesquels il défendait le suicide assisté et plaidait en faveur de la contraception.
L’archevêque a attaqué les catholiques qui avaient des objections morales aux vaccins covid-19, liés à l’avortement, et a en outre été visé par accusations de corruption financière importante, dont le détournement de fonds de bienfaisance pour rénover son appartement au Vatican.
Scandale plus notoire, Mgr Paglia a commandé une peinture murale homoérotique dans sa cathédrale, dans laquelle il figurait parmi les personnages nus.
L’artiste était un homosexuel argentin, connu pour sa spécialité dans la représentation de corps masculins — la fresque a suscité un scandale généralisé aux quatre coins du monde.
Si Mgr Paglia a été démis de ses fonctions, le président de l’Institut Jean-Paul II, qui dépend du Grand Chancelier, reste en place. Depuis 2021, cette fonction est occupée par Mgr Philippe Bordeyne, dont les opinions sur la morale catholique traditionnelle et sa défense des homosexuels ont également suscité de nombreuses inquiétudes.
Mgr Paglia demeure président de la APV.