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Le cardinal Pell acquitté à l’unanimité par la Haute Cour d’Australie, il est libre !


Cardinal George Pell.

Par Jeanne Smits (Le blog de Jeanne Smits) ― Photo : Patrick Craine/LifeSiteNews

Le cardinal George Pell a enfin obtenu justice. Après 14 mois passés en prison à Melbourne, Australie, il a été immédiatement libéré à 12 h 30, heure locale, et conduit dans une maison religieuse, visiblement fatigué, les traits marqués. Les sept juges de la Haute Cour d’Australie — sise à Canberra — ont jugé à l’unanimité que le cardinal George Pell n’aurait pas dû être condamné pour agressions sexuelles sur mineurs sur la foi des témoignages qui ont conduit aux verdicts de culpabilité à son égard.

Le communiqué de la Haute Cour indique que le jury de la cour d’appel de Melbourne aurait dû, en « agissant rationnellement au vu de l’ensemble des preuves », retenir le doute quant aux accusations. La Haute Cour a « ordonné que les condamnations soient annulées et que des verdicts d’acquittement soient prononcés à leur place ».

La décision, extraordinaire au vu de la pratique judiciaire australienne, témoigne dans sa radicalité de la mesure de l’injustice dont le cardinal Pell fut victime. On savait depuis le début de cette affaire que les accusations le concernant étaient des plus invraisemblables. Il s’est trouvé pris dans les filets d’une sorte de machination appuyée sur la mécanique d’un appareil judiciaire avide de le condamner.

Il est rare qu’une affaire criminelle passe la barre du réexamen par la Haute Cour. En matière d’agression sexuelle sur mineur, il est même rarissime que celle-ci accepte de se pencher sur une condamnation par les juridictions inférieures. La Haute cour l’a pourtant fait. Elle aurait pu dès lors décider que le droit avait été bien appliqué, en rejetant la demande du cardinal. Elle aurait pu aussi renvoyer l’affaire devant une autre cour d’appel. Mais elle a choisi, et ce en un mois à peine après avoir entendu les arguments de la défense, de l’acquitter purement et simplement. Un tel désaveu de l’ensemble des juridictions inférieures, nous disait-on avant l’annonce de sa décision, serait inouï. Mais voilà : c’est fait.

Et l’Alléluia que lancera le cardinal en cette nuit de Pâques qui approche sera sans aucun doute le plus beau de sa vie, lui qui depuis des mois est privé même de la possibilité de célébrer la messe.

Le jugement de la Haute Cour expose l’ensemble de l’affaire en rappelant d’emblée qu’elle reposait sur le témoignage de deux enfants de chœur qui affirmaient avoir été sexuellement agressés à une date indéterminée entre le 1er juillet et le 31 décembre 1996. Il rappelle que l’un des accusateurs est mort avant que l’affaire ne vienne devant la justice mais qu’il avait eu le temps de répondre à sa mère n’avoir jamais en réalité été victime d’attouchements de la part du prélat.

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Un premier procès n’avait pas abouti, faute d’accord du jury. L’affaire avait alors été rejugée dans une ambiance médiatiquement survoltée, et quasi totalement à charge contre le cardinal.

On a même pu voir en ligne les images de son premier interrogatoire qui le montrent stupéfait de se voir accuser d’avoir « violé » un enfant de chœur à la suite d’une messe solennelle, portant toujours les ornements liturgiques, dans une sacristie qui au moment où les faits auraient eu lieu eût nécessairement été pleine de monde. Le crime qu’on lui reprochait était matériellement impossible.

Cette impossibilité a été constamment plaidée par les défenseurs du cardinal, mais selon les juridictions inférieures, cette argumentation n’était pas suffisante pour justifier qu’un doute puisse exister sur la culpabilité. La Haute Cour, à l’inverse, s’est intéressée de près à la configuration des lieux où le crime aurait eu lieu : la cathédrale de Melbourne et l’ensemble de sacristies et d’autres pièces se trouvant à proximité du chœur. Elle a également tenu compte avec une grande précision de la manière dont le cardinal était vêtu pour célébrer la messe.

Les juges de la Haute Cour notent également que le procureur a demandé et obtenu la possibilité d’interroger les multiples témoins habituellement présents lors de telles célébrations avant le procès lui-même, dans la mesure où il craignait, selon la Haute Cour, que ces témoignages ne fussent défavorables à la thèse de la culpabilité. Ces témoins ont notamment affirmé avec force qu’il n’était pas conforme à la pratique constante que George Pell ait pu rentrer seul dans la cathédrale pour aller se dévêtir à la sacristie. Mais il était clair néanmoins que le maître de chœur ou le sacristain étaient toujours avec lui à l’issue des célébrations : ils l’ont affirmé.

Ces témoignages ayant été procéduralement minimisés, on aboutit à des condamnations fondées sur l’idée qu’il existait une « possibilité réaliste » que les agressions avaient eu lieu.

Ils montrent aussi que la cour d’appel, en se laissant convaincre par la force et la crédibilité du témoignage du seul accusateur survivant dans cette affaire, n’ont pas tenu compte des éléments concrets apportés par la défense et qui étaient de nature à justifier le doute quant à ce témoignage. Tout s’est joué sur l’idée qu’il y avait une possibilité que l’accusateur du cardinal Pell eût raison, conduisant à un verdict de culpabilité pris à deux contre un, le troisième juge s’en désolidarisant de manière spectaculaire.

Le jugement de la Haute Cour souligne encore l’imprécision des dates, l’impossibilité pour le cardinal Pell de pouvoir apporter des preuves plus de vingt ans après les faits, et le refus des juges de tenir compte de témoignages qui soulevaient de « vifs doutes » quant à la possibilité que les accusations contre le cardinal fussent vraies, simplement parce que ces témoignages relataient des faits habituels et non précis.

C’est le leitmotiv de la décision : sans cesse, les juges qui ont condamné le cardinal Pell ont refusé de prendre en compte le très sérieux doute quant à la véracité des accusations d’un homme seul, doute qu’imposaient les multiples témoignages des autres participants aux cérémonies auxquelles participait celui qui était alors archevêque de Melbourne, mais aussi la configuration des lieux, le déroulement habituel des cérémonies liturgiques, la manière dont le George Pell était vêtu et le fait qu’il n’aurait pas pu commettre les agressions dont un homme l’accusait sans être vu par les nombreuses personnes habituellement présentes dans les lieux où elles étaient supposées avoir été commises.

Toutes choses que l’on savait dès le début de cette affaire…

Le cardinal Pell, 78 ans, qui faisait partie du conseil rapproché du pape François, chargé particulièrement des affaires économiques en tant que Secrétaire à l’Economie — et qui venait de témoigner de nombreuses irrégularités dans les comptes du Vatican — est rentré en Australie dès qu’il a été formellement accusé afin de pouvoir répondre à la justice et assurer sa défense. On ne peut pas dire que le Vatican lui ait alors signifié un soutien manifeste.

Certains pensent qu’il s’opposait notamment à un emprunt de 50 millions d’euros pour financer l’achat par le Vatican d’une clinique à Rome entourée d’un parfum de scandale financier impliquant le pape François lui-même.

Jugé coupable par les juridictions inférieures, il a fait l’objet d’un traitement exceptionnellement dur de la part des autorités australiennes, se voyant priver de la possibilité de célébrer la messe en prison ; il fut même transféré dans un établissement de haute sécurité, à l’isolement, bénéficiant seulement d’une heure par jour de promenade surveillée en dehors de sa cellule.

Le voici libre.

Son premier souci a été de dire qu’il ne gardait pas rancune envers son accusateur.

Voici son communiqué (ma traduction) :

J’ai toujours clamé mon innocence alors que je souffrais d’une grave injustice.

Il y a été remédié aujourd’hui par la décision unanime de la Haute Cour.

J’ai hâte de lire en détail le jugement et les motifs de la décision.

Je n’ai aucune rancune envers mon accusateur, je ne veux pas que mon acquittement ajoute à la douleur et à l’amertume ressenties par un grand nombre ; il y a certainement déjà eu suffisamment de douleur et d’amertume.

Toutefois, mon procès n’était pas un référendum sur l’Église catholique, ni sur la manière dont les autorités ecclésiastiques australiennes ont traité les crimes de lac pédophilie au sein de l’Église.

La question était de savoir si j’avais commis ces crimes horribles : je ne les ai pas commis.

Le seul fondement qui permette une guérison à long terme est la vérité et le seul fondement de la justice est la vérité, car la justice signifie la vérité pour tous.

Un merci tout particulier pour toutes les prières et les milliers de lettres de soutien reçues.

Je tiens à remercier en particulier ma famille pour son amour et son soutien et pour ce qu’elle a dû endurer ; ma petite équipe de conseillers ; ceux qui ont parlé en ma faveur et qui ont souffert en conséquence ; et tous mes amis et sympathisants ici et à l’étranger.

Je remercie également toute mon équipe juridique pour sa détermination inébranlable à faire triompher la justice, à faire la lumière sur une obscurité fabriquée, et à révéler la vérité.

Enfin, je suis au courant de la crise sanitaire actuelle. Je prie pour toutes les personnes touchées et pour notre personnel médical de première ligne.

Cardinal George Pell



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