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La Pologne face au plan de relance de l’Union européenne (promouvant peut-être l’idéologie LGBT)

Par Olivier Bault (Visegrád Post) — Photo : Endzeiter/Pixabay

Pologne – La Pologne bloquera-t-elle le plan de relance Next Generation EU ? Ce blocage fera-t-il tomber la coalition Droite unie conduite par le parti Droit et Justice (PiS) de Jarosław Kaczyński ? Il n’y a pas qu’en Allemagne où la machine coince, après le blocage — provisoire ? — de la ratification du plan de relance européen à 750 milliards d’euros par les juges de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe, ceux-ci ayant des doutes sur la conformité aux traités européens de la dette commune qui doit être contractée par la Commission européenne au nom des 27. Or pour que ce plan de relance de l’UE entre en vigueur, il doit d’abord être ratifié par les 27 parlements nationaux. En Pologne, c’est aussi la question de la dette commune qui sème la zizanie entre partenaires de la coalition gouvernementale. Mais le principal problème, c’est avant tout l’adoption du fameux mécanisme « d’état de droit » qui conditionnera le versement des fonds européens au respect de l’État de droit et des valeurs européennes.

La Droite unie de plus en plus désunie

La coalition gouvernementale polonaise rassemble, sous l’étiquette « Droite unie », le PiS et deux petits partis alliés dont les députés ont été élus sur les listes du PiS et siègent au sein du groupe PiS à la Diète : le parti Solidarna Polska (Pologne solidaire) du ministre de la Justice Zbigniew Ziobro et le parti Porozumienie (Entente) du ministre du Développement, du travail et de la technologie Jarosław Gowin. La majorité du groupe PiS à la Diète n’étant que de quelques sièges, la défection d’un de ces deux partis suffirait à lui faire perdre sa majorité absolue. Or depuis le printemps 2020, les conflits se multiplient entre le PiS et ses deux alliés.

Vote à haut risque pour la coalition

Le vote prochain à la Diète de la loi ratifiant le plan de relance Next Generation EU est à haut risque pour cette coalition. Le ministre de la Justice Zbigniew Ziobro et son parti Solidarna Polska ont clairement fait savoir qu’ils s’y opposeraient. Or dans un entretien publié le 7 avril par l’hebdomadaire Gazeta Polska, le chef du PiS Jarosław Kaczyński a déclaré qu’une défaite du PiS lors de ce vote à cause d’un vote négatif ou de l’abstention des députés de Solidarna Polska sonnerait la fin de la coalition. Kaczyński a ainsi donné à l’opposition la clé pour faire tomber le gouvernement de Mateusz Morawiecki et peut-être provoquer des élections anticipées, puisqu’elle sait désormais qu’il lui suffira pour cela de voter en bloc contre le plan de relance. Le dire ouvertement n’était sans doute pas très adroit puisque le PiS a justement besoin des libéraux et de la gauche pour faire approuver ce plan de relance.

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La trahison du Premier ministre Morawiecki

Dans un entretien à la radio le 12 avril, le ministre de la Justice a à nouveau expliqué le fond du problème : lors des Conseils européens de juillet et décembre 2020, le Premier ministre Mateusz Morawiecki a accepté le mécanisme conditionnant les fonds européens à l’évaluation par la Commission européenne du respect de l’État de droit et des valeurs européennes. Ziobro et son parti insistaient sur la nécessité de bloquer ce mécanisme qui est contraire aux traités européens et qui va conduire à mettre entre les mains de la Commission européenne un instrument de chantage extrêmement puissant dont on peut craindre qu’il soit utilisé à des fins politiques et idéologiques. « Le Premier ministre avait déclaré à la Diète qu’il opposerait un veto. Mais finalement il a accepté le dictat de Bruxelles et Berlin », a déclaré Ziobro. Car pour Ziobro, Morawiecki a trahi les promesses faites aux électeurs de la Droite unie en acceptant un transfert majeur de souveraineté aux institutions européennes. Ziobro pointe aussi du doigt le risque pour les contribuables polonais d’avoir un jour à rembourser les dettes des Grecs, du fait de la dette européenne prévue dans le plan de relance Next Generation EU.

Ziobro persuadé que le mécanisme de conditionnalité servira à faire plier la Pologne

Dans un entretien publié dans l’hebdomadaire Sieci du 22 mars, le ministre de la Justice avait affirmé ne pas croire un instant que la déclaration politique obtenue par les Premiers ministres polonais et hongrois au Conseil européen de décembre, concernant l’application du nouveau mécanisme, ait une quelconque efficacité pour en limiter l’exploitation à des fins idéologiques, afin d’imposer à la Pologne le modèle de société voulu par la gauche pour toute l’UE. Il citait à ce propos les déclarations en ce sens de la vice-présidente de la Commission européenne Věra Jourová, qui promet régulièrement d’utiliser ce mécanisme pour imposer les « droits LGBT ». Trois jours après la sortie de cet entretien, le Parlement européen adoptait d’ailleurs une résolution menaçant la Commission d’une action devant la Cour de Justice de l’UE si ce mécanisme n’était pas mis immédiatement en application, sans attendre le résultat de la saisine de la CJUE par la Pologne et la Hongrie. Ceci après avoir déclaré le 11 mars que l’UE était « zone de liberté pour les personnes LGBTIQ », au moyen d’une résolution dans laquelle la Pologne fait figure de principal accusé.

Le pari économique de Kaczyński

Dans l’entretien publié le 7 avril dans Gazeta Polska, le leader du PiS Jarosław Kaczyński estime toutefois que ce serait une très grave erreur que de ne pas ratifier le plan de relance, car les fonds prévus pour la Pologne sont indispensables pour poursuivre le rattrapage économique des pays les plus riches du bloc, ce qui, selon Kaczyński, est une condition indispensable pour pouvoir défendre efficacement la souveraineté et l’identité de la Pologne.

À condition, bien sûr, que le versement de ces fonds ne soit pas suspendu, ainsi que le prévoit Ziobro, pour forcer la Pologne à renoncer à sa souveraineté et à son identité avant d’avoir pu acquérir la puissance économique attendue par Kaczyński.

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