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L’impact des dangereux Objectifs de développement durable des Nations unies sur les enfants et la famille, et leur déplorable approbation par le Vatican

Par Matthew McCusker (Society for the Protection of Unborn Children) — Traduit par Campagne Québec-Vie — Photo (rognée) : Kostia/AdobeStock

Les Objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies, approuvés par les États membres le 25 septembre 2015, comprennent des points précis qui appellent à un « accès universel à la santé sexuelle et reproductive » d’ici 2030. Ce terme est entendu par les organes de l’ONU, de nombreux gouvernements internationaux et des agences internationales pour désigner, entre autres, l’accès à l’avortement et à la contraception. Ces objectifs favoriseront également l’imposition de « programmes complets d’éducation sexuelle » nuisibles. Dans ce document d’information, nous expliquerons comment l’approbation des ODD par le pape François en septembre 2016 et le soutien antérieur offert à ces derniers par d’autres organes du Saint-Siège ont intensifié la menace que représentent les ODD pour les membres les plus vulnérables de la famille humaine.

1. Les Objectifs de développement durable des Nations unies appellent à un « accès universel à la santé sexuelle et reproductive »

Les Objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies consistent en 17 objectifs et 169 points qui doivent être atteints d’ici 2030.

L’objectif 3 des ODD est d’« Assurer une vie saine et promouvoir le bien-être de tous à tout âge ».

Le point 7 de cet objectif appelle les États-nations à :

« assurer l’accès universel aux services de soins de santé sexuelle et reproductive, notamment pour la planification familiale, l’information et l’éducation, et l’intégration de la santé reproductive dans les stratégies et programmes nationaux ».

L’objectif 5 des ODD consiste à « Réaliser l’égalité des sexes et rendre autonomes toutes les femmes et les filles. »

Le point 6 de cet objectif indique que les nations doivent :

« Assurer l’accès universel à la santé sexuelle et reproductive et aux droits en matière de procréation, comme convenu conformément au Programme d’action de la Conférence internationale sur la population et le développement et au Programme d’action de Beijing, ainsi qu’aux documents issus de leurs conférences de révision. » [1]

2. L’expression « accès universel à la santé sexuelle et reproductive » inclut l’accès universel à l’avortement et à la contraception.

L’expression ci-après, « santé sexuelle et reproductive et droits reproductifs » et d’autres formulations similaires sont couramment utilisées par les organes des Nations Unies et par de nombreux gouvernements nationaux et agences internationales pour désigner, entre autres, l’accès à l’avortement et à la contraception, y compris la contraception dont le mode d’action peut être abortif. Les mouvements de contrôle de la population et de « droits reproductifs » ont toujours voulu que ces termes incluent l’avortement, ainsi que la contraception, et ils les utilisent systématiquement dans ce sens ; il est toutefois important de noter que ces mouvements n’ont jamais réussi à établir un « droit à l’avortement » en droit international. [2]

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La définition de la « santé sexuelle et reproductive et des droits en matière de reproduction » acceptée par les États membres des Nations Unies (avec des réserves de la part d’un certain nombre de nations) est celle que l’on trouve dans le Programme d’action de la Conférence internationale des Nations Unies sur la population et le développement qui s’est tenue au Caire en 1994. [3] La contraception y est considérée comme faisant partie intégrante de la « santé reproductive », comme on peut le voir aux paragraphes 7.8, 7.10, 7.13, 7.23, 7.25, 12.15 et 13.14 de ce document. Le paragraphe 13.14 (b) stipule que « l’avortement (tel que spécifié au paragraphe 8.25) » est un « élément de base des services de santé génésique ». Le paragraphe 8.25 accepte l’avortement dans les juridictions où il n’est « pas contraire à la loi », auquel cas il « devrait être sûr », et reconnaît que dans certaines situations il peut y avoir un « besoin d’avortement ». Ce paragraphe est repris au chapitre IV, article C, paragraphe 106.k de la Déclaration et du Programme d’action de Pékin des Nations Unies de 1995. [4] Le Programme d’action de Pékin promeut également la contraception, comme on peut le voir, par exemple, au paragraphe 106.u de la section citée ci-dessus. [5]

L’Organisation mondiale de la santé (OMS), une agence des Nations unies, considère que l’avortement fait partie intégrante de la « santé sexuelle et reproductive ». L’OMS déclare que dans le cadre de son travail :

« [Elle] élabore des normes, des outils et des lignes directrices sur la santé génésique en général et les services d’avortement en particulier, et aide les pays à réformer leurs systèmes de santé. Son rôle consiste notamment à :

  • la diffusion des données probantes existantes sur l’avortement ;
  • aider les États membres à évaluer la réponse des systèmes de santé aux besoins des femmes ayant des grossesses non désirées ;
  • la promotion d’une méthodologie de contrôle de la qualité des services d’avortement ; et
  • la formation de formateurs, par exemple en matière de conseil et de soins liés à l’avortement. » [6]

Dans le cadre de son travail de promotion de la « santé génésique », l’OMS s’emploie activement à « améliorer l’accès à l’avortement et la qualité de leurs services d’avortement » dans « des pays comme l’Irlande », qui ont actuellement des lois restrictives sur l’avortement. [7]

Des initiatives menées par des agences des Nations unies et d’autres organisations internationales ont œuvré de manière radicale pour augmenter l’utilisation de la contraception et l’accès à l’avortement dans le monde entier, sous couvert d’un « accès universel aux services de santé sexuelle et reproductive ».

Un exemple d’une telle initiative est le « Plan d’action de Maputo pour l’opérationnalisation du cadre politique continental pour la santé et les droits sexuels et reproductifs » visant à « l’accès universel à des services complets de santé sexuelle et reproductive en Afrique ». [8] Il a été produit en 2006 à la suite d’une session spéciale de la Conférence des ministres de la Santé de l’Union africaine à Maputo, au Mozambique.

Ce document identifie spécifiquement les « soins d’avortement » comme faisant partie intégrante de la santé sexuelle et reproductive. Son plan d’action pour « La mise en œuvre du cadre politique continental en matière de santé et de droits sexuels et reproductifs » comprenait les résolutions suivantes :

« 5.2.1a Former les prestataires de services à la fourniture de services complets de soins d’avortement sûrs lorsque la législation nationale le permet.

5.2.2 Rénover et équiper les installations pour la prestation de services complets d’avortement.

5.3.1a Fournir des services d’avortement sans risque dans toute la mesure où la loi le permet.

5.3.2 Éduquer les communautés sur les services d’avortement sans risque disponibles, comme le permet la législation nationale. »

Le « Plan d’action de Maputo » inclut explicitement l’accès à la « planification familiale » et à la « contraception d’urgence » parmi les objectifs de « l’accès universel à la santé sexuelle et reproductive ». Le document vise aussi spécifiquement les enfants, en déclarant que « Répondre aux besoins en matière de santé sexuelle et reproductive des adolescents et des jeunes » est une composante essentielle de la « santé sexuelle et génésique ».

3. Des programmes de mise en œuvre des ODD qui favorisent l’avortement et la contraception sont déjà en cours d’élaboration.

L’approbation des ODD en septembre 2015 entraîne déjà la multiplication d’initiatives semblables au « Plan d’action de Maputo ». L’Organisation mondiale de la santé a développé l’approche Innov8 pour aider à la mise en œuvre de l’objectif 3 des ODD. L’avant-propos du manuel indique :

« L’approche Innov8 soutient les objectifs et l’esprit des ODD en aidant les professionnels de la santé à identifier les inégalités en matière de santé dans différents contextes nationaux et à les corriger en recalibrant les programmes et interventions de santé. » [9]

L’accès à la « santé sexuelle et reproductive », y compris l’avortement et la contraception, est placé au centre de cette approche. Le tableau 2.2 présente trois exemples de la manière dont l’objectif 3 des ODD pourrait être mis en œuvre. [10] Le troisième exemple présente une stratégie pour le domaine suivant :

« Une sexualité saine, les grossesses chez les adolescentes et les infections sexuellement transmissibles (IST) »

Les « interventions » et « apports » suggérés sont les suivants :

« Éducation à la santé, conseils et contraceptifs gratuits »

Et :

« Enseignants et personnel de santé formés, infrastructures, contraceptifs, etc. »

Afin d’atteindre :

« Une diminution des besoins non satisfaits en matière de contraception et une augmentation des niveaux de connaissance » [11]

Dans le tableau 2.3, nous pouvons lire que dans le contexte de la « santé sexuelle des adolescents », il peut y avoir « des différences dans la disponibilité, l’accessibilité et l’acceptabilité des services de santé et de contraception adaptés aux adolescents en fonction du sexe, de l’âge et du milieu » qui nécessiteront un certain nombre d’« interventions » différentes. L’exemple donné ici est celui des « interventions supplémentaires ou différentielles pour les communautés à faibles revenus et les jeunes ayant abandonné l’école, y compris celles qui prennent en compte et visent à transformer les normes, les rôles et les relations de genre préjudiciables. » [12]

Le manuel considère également les « préservatifs » comme faisant partie des « ressources essentielles » pour les femmes. [13] En outre, comme pour l’objectif 5 des ODD, la figure 5.2 considère que les « droits reproductifs » font partie intégrante de « l’égalité des sexes ». [14]

L’approche Innov8 a déjà été mise en œuvre au Népal dans le cadre du « programme national de santé sexuelle et reproductive des adolescents ». L’objectif de ce programme, qui est en cours de développement suite à l’approbation des ODD, est de « renforcer la disponibilité, l’accessibilité et la couverture des services pour tous les adolescents ». [15]

Ces « services », comme le précise la définition de « santé sexuelle et reproductive » de l’OMS, peuvent comprendre l’avortement et la contraception, entre autres.

Le manuel d’Innov8 explique que le programme s’est efforcé de « sensibiliser la communauté à l’importance de la SSRA [Santé sexuelle et reproductive des adolescents] » et a proposé « la formation, la coordination et la mobilisation de clubs d’enfants, de cercles de la Croix-Rouge junior et jeunes » parmi les « mécanismes de renforcement de la participation » au « programme SSRA ». [16] Cela signifie que des clubs de jeunes ont été créés dans l’intention de les utiliser pour promouvoir l’avortement et la contraception auprès des enfants et des adolescents. D’autres stratégies consistent à faire des adolescents des « membres à part entière des comités du forum local sur la santé au niveau local » et à assurer « les changements nécessaires dans les directives et les protocoles pour garantir la participation de toutes les autres personnes concernées ». [17] Ce qui sous-tend ces propositions est le désir d’accéder directement aux enfants et aux adolescents sans avoir à passer par les structures de protection fournies par les parents, la famille élargie, les écoles et les autorités religieuses. Ce désir de contourner les structures sociales protectrices se reflète également dans les « propositions provisoires de remaniement » présentées dans le tableau 7.2, qui visent à développer davantage le programme de santé sexuelle et reproductive des adolescents du Népal à la lumière des ODD. [18] Ces propositions provisoires comprennent la suggestion suivante :

« Si la sensibilisation de la communauté (au-delà de l’utilisation des écoles) est effectuée par des intervenants plus âgés et que les adolescents craignent le manque de confidentialité, adaptez [l’offre de SSRA] en fonction de l’âge et de l’intimité, et renforcez la capacité de l’intervenant. »

Les projets de propositions suggèrent également de fournir :

« du matériel/support de renforcement des capacités qui s’attaquent aux normes sociales et culturelles qui font que les intervenants et les enseignants hésitent à aborder la SSRA. »

En d’autres termes, ils ont l’intention de fournir du matériel qui ébranlera les croyances morales et religieuses traditionnelles qui empêchent actuellement les « intervenants et les enseignants » de promouvoir la contraception et l’avortement.

Ce « programme de santé sexuelle et reproductive des adolescents » constitue une attaque radicale contre le bien-être des enfants et des adolescents du Népal, qui n’est qu’une des nombreuses nations qui subiront les effets dévastateurs de la mise en œuvre des objectifs 3 et 5 des ODD.

4. Les ODD demandent une « éducation » dans le domaine de la « santé sexuelle et reproductive ».

Des organisations internationales et des gouvernements puissants promeuvent de manière agressive des programmes d’« éducation sexuelle intégrale » aux Nations unies, et par le biais d’autres institutions internationales. Les « Standards pour l’éducation sexuelle en Europe » de l’Organisation mondiale de la santé fournissent un exemple typique des objectifs de ces programmes. [19] Ces directives suggèrent que les sujets suivants devraient être enseignés aux enfants qui entrent dans les tranches d’âge spécifiées :

0 — 4

« la jouissance et le plaisir de toucher son propre corps »

« la masturbation dans la petite enfance »

« le droit d’explorer les identités de genre »

4 — 6

« relations entre personnes de même sexe »

« respect des différentes normes en matière de sexualité »

9 — 12

« différences entre l’identité de genre et le sexe biologique »

« droits sexuels » tels que « définis par l’IPPF [Fédération internationale pour la planification familiale] »

15+

« acceptation et valorisation des différences sexuelles »

« violation des droits sexuels »

« droit à l’avortement »

Un très influent « programme intégral sur la sexualité » est « It's All One Curriculum », produit par le Population Council avec la collaboration de l’International Planned Parenthood Federation. Ce programme, qui est utilisé dans au moins 150 pays dans le monde et dans les 50 États américains, promeut des pratiques destructrices et immorales, notamment l’avortement, la contraception, la prostitution, les actes homosexuels et la masturbation. [20]

La mise en œuvre de l’appel lancé dans les ODD en faveur de « l’accès universel aux services de soins de santé sexuelle et reproductive, y compris pour la planification familiale, l’information et l’éducation » d’ici 2030 conduira à un nombre accru d’enfants soumis à des programmes qui menacent leur développement physique, psychologique, intellectuel et spirituel.

5. Les ODD ont été approuvés par le pape François

Le 1er septembre 2016, le pape François a déclaré, dans son message « Pour la célébration de la journée mondiale de prière pour le soin de la création », qu’il était « heureux qu’en septembre 2015, les nations du monde aient adopté les Objectifs de développement durable, et qu’en décembre 2015, elles aient approuvé l’Accord de Paris sur le changement climatique ». Lors de son discours à l’Assemblée générale des Nations unies le 25 septembre 2015, peu avant l’adoption formelle des ODD, il avait déclaré : « L’adoption du Programme 2030 pour le développement durable au Sommet mondial, qui s’ouvre aujourd’hui, est un important signe d’espoir ». [21]

Le Saint-Père avait auparavant apporté son soutien à l’Accord de Paris, qui a été approuvé par les États-nations le 12 décembre 2015. L’Accord de Paris salue les Objectifs de développement durable et stipule que « les parties devraient, lorsqu’elles prennent des mesures pour faire face au changement climatique, respecter, promouvoir et prendre en compte leurs obligations respectives en matière de droits de l’homme », qui sont considérés, dans cet accord, comme incluant « l’égalité des sexes » et « l’autonomie des femmes ». L’objectif 5 des ODD définit ces termes comme incluant « l’accès universel à la santé sexuelle et reproductive et aux droits reproductifs ». Le 13 décembre, après l’Angélus sur la place Saint-Pierre, le pape François a appelé à un « accord unanime » pour « mettre en œuvre » l’accord de Paris. Il a poursuivi : « J’exhorte toute la communauté internationale à poursuivre sur le chemin entrepris au nom d’une solidarité toujours plus efficace. »

6. Les Objectifs de développement durable ont reçu le soutien d’autres organes du Saint-Siège.

Le 25 mai 2016, Mgr Jean-Marie Mupendawatu, du Conseil pontifical des travailleurs de la santé, a fait une intervention à l’Assemblée mondiale de la santé à Genève dans laquelle il a déclaré, sans aucune mention de réserves, que le Saint-Siège accueillait favorablement les ODD. Cette intervention est contraire à la position adoptée par la délégation du Saint-Siège à New York, qui a émis une déclaration de réserves au moment de l’approbation des ODD lors de l’Assemblée générale à New York en septembre 2015. Dans son discours, Mgr Mupendawatu a déclaré :

« La mise en œuvre de l’ambitieux Programme 2030 pour le développement durable, avec ses 17 objectifs et 169 cibles associées, assurera la promotion d’un avenir économiquement, socialement et écologiquement viable pour notre planète et pour les générations actuelles et futures. La délégation du Saint-Siège se félicite de l’importance cruciale accordée à la dignité de la personne humaine et de l’accent mis sur l’équité dans l’engagement selon lequel “personne ne sera laissé pour compte”. En termes de santé, cela est exprimé dans l’objectif 3, qui consiste à “Assurer une vie saine et promouvoir le bien-être de tous à tout âge”, et qui comporte 13 cibles sous-tendues par la couverture universelle, clé de la réalisation de toutes les autres. »

Les objectifs de développement durable ont également été soutenus de manière constante par l’Académie pontificale des sciences et l’Académie pontificale des sciences sociales. Voici quelques exemples de ce soutien :

Le 29 avril 2015, l’Académie pontificale des sciences et l’Académie pontificale des sciences sociales ont publié une déclaration commune saluant les ODD, même si le projet d’objectifs appelait à la « santé et aux droits sexuels et reproductifs universels ». La déclaration, publiée à la suite d’une conférence sur le développement durable, a été coécrite par Mgr Marcelo Sánchez Sorondo, chancelier de l’Académie pontificale des sciences sociales, le professeur Margaret Archer, présidente de l’Académie pontificale des sciences sociales, le professeur Jeffrey Sachs, conseiller spécial du secrétaire général des Nations unies Ban Ki-Moon, le professeur Hans Schellenhuber, un climatologue, et d’autres universitaires.

Le professeur Jeffrey Sachs a dirigé le Réseau des solutions durables, qui a joué un rôle central dans la rédaction des ODD. Dans son livre The Age of Sustainable Development, publié en mars 2015, Sachs a plaidé pour la réduction du taux de natalité en Afrique, et a appelé les gouvernements à encourager leurs populations à réduire la taille des familles en préconisant le contrôle des naissances et en donnant accès à des moyens de contraception et de planification familiale gratuits ou à faible coût. [22] En 2011, il a appelé le gouvernement nigérian à « œuvrer pour atteindre un maximum de trois enfants [par famille] ». [23] Son livre de 2008, Commonwealth : Economics for a Crowded Planet, soutient que l’avortement est un moyen rentable d’éliminer les « enfants non désirés » et de réduire l’indice synthétique de fécondité d’un pays « d’un demi-enfant en moyenne ». [24] Jeffrey Sachs a participé à au moins dix événements au Vatican durant le pontificat actuel et a eu une audience privée avec le pape François. Le professeur Margaret Archer a déclaré qu’elle a passé des « heures » à travailler avec Jeffrey Sachs pour rédiger de nouvelles inclusions pour les objectifs de développement durable proposés. [25]

Mgr Marcelo Sánchez Sorondo a répondu aux critiques concernant la collaboration des Académies pontificales avec Jeffrey Sachs en minimisant le lien entre la « santé sexuelle et reproductive » et l’avortement et la contraception. Il a déclaré à Stefano Gennarini, directeur des études juridiques du Centre pour la famille et les droits de l’homme, que « nous avons eu ces discussions, et comme vous pouvez le voir, le projet de SDG (Sustainable Development Goals) ne mentionne même pas l’avortement ou le contrôle de la population. Ils parlent d’accès à la planification familiale, de santé sexuelle et reproductive et de droits reproductifs. L’interprétation et l’application de ces droits dépendent des gouvernements ». [26] Pourtant, comme nous l’avons démontré ci-dessus, les organes des Nations Unies et de nombreux gouvernements nationaux définissent ces termes comme incluant la contraception et l’avortement. Ainsi, l’inclusion de ces termes menace de conduire à une expansion majeure de la fourniture de l’avortement et de la contraception, comme nous l’avons également expliqué ci-dessus.

Du 13 au 15 novembre 2015, l’Académie pontificale des sciences et l’Académie pontificale des sciences sociales ont présenté un atelier intitulé « Enfants et développement durable : Un défi pour l’éducation ». L’atelier a examiné comment « utiliser les enfants comme agents de changement » pour poursuivre le développement durable. Le danger pour les enfants est tout à fait évident si l’on en croit l’affirmation du document d’information selon laquelle les écoles « devront absorber les objectifs de développement durable des Nations unies, proclamés à l’automne 2015 ». [27] Cela suggère que les écoles devront enseigner les ODD, y compris les appels à « l’accès universel à la santé sexuelle et reproductive ». Le document d’information de l’atelier indique également que dans certains pays, « les parents et peut-être les agences officielles, en se basant sur des principes religieux, s’opposent aux preuves scientifiques au détriment des enfants ». Cela risque de porter atteinte au droit des parents de transmettre leurs croyances religieuses à leurs enfants et de protéger ces derniers contre l’imposition de l’idéologie qui sous-tend les ODD.

Au moment de la rédaction de cet article, Paul Ehrlich, grand défenseur du contrôle de la population, doit intervenir lors d’un événement organisé par le PAS et le PASS, intitulé « Extinction biologique », qui se tiendra du 27 février au 1er mars 2017. Ehrlich est un partisan déclaré de l’avortement, de la stérilisation et de la contraception. Ehrlich est surtout connu pour son ouvrage The Population Bomb, publié en 1968, dans lequel il prédisait faussement que des centaines de millions de personnes allaient mourir de faim dans les années 1970, dont 65 millions d’Américains. En réalité, la population de la terre a doublé depuis 1968, sans qu’aucune des conséquences catastrophiques prédites par Ehrlich ne se produise. [28] Ehrlich a soutenu que « des lois de contrôle obligatoire de la population, y compris même des lois comportant l’avortement obligatoire, pourraient être adoptées en vertu de la Constitution [américaine] existante si la crise démographique devenait suffisamment grave pour mettre en danger la société. » [29] Dans une entrevue en 2011, il a défendu l’avortement sélectif du sexe, déclarant que :

« Ce serait une bonne idée de laisser les gens avoir le choix afin qu’ils puissent avoir moins d’enfants et qu’ils puissent avoir ce qu’ils veulent. » [30]

Il a également suggéré qu’il était souvent préférable pour les filles d’être tuées dans l’utérus plutôt que de naître :

« Vous pouvez être avortée en tant que conceptus, vous pouvez être tuée à la naissance, ou vous pouvez être vendue comme esclave et mourir dans un bidonville quelque part... Il serait intéressant de savoir combien de femmes vous préservez de situations hideuses ─ celles qui ne sont pas tuées ou “infanticidées”, mais qui ne sont pas valorisées pour autant ». [31]

Le journaliste a rapporté qu’à la même occasion, Ehrlich a défendu « le raisonnement de base justifiant la stérilisation réversible de masse », projet selon lequel tout le monde serait stérilisé et pourrait ensuite être autorisé à inverser le processus s’il remplissait certains critères. Ehrlich a déclaré :

« Si je pouvais agiter une baguette maintenant et dire, nous allons avoir un système où tout le monde doit faire X pour avoir un enfant, et ce serait une mesure de sécurité, nous résoudrions beaucoup des choses qui dérangent le plus les gens. » [32]

En 2013, il a exprimé l’opinion que « Donner aux gens le droit d’avoir autant d’enfants qu’ils le souhaitent est, je pense, une mauvaise idée... Personne, à mon avis, n’a le droit d’avoir 12 enfants ni même trois, à moins que la deuxième grossesse ne soit des jumeaux. » [33] Il a également déclaré récemment que permettre aux femmes d’avoir autant d’enfants qu’elles le souhaitent revient à leur permettre de « jeter autant de leurs déchets dans le jardin de leur voisin qu’elles le souhaitent. » [34] En 2014, il a déclaré qu’une grande partie du monde occidental était dirigée par « les grands monothéismes contraires à l’éthique » et que « la chose la plus contraire à l’éthique qui se passe actuellement avec l’un des monothéismes, le catholicisme, est l’opposition à l’utilisation de la contraception. La principale source de cette opposition est le Vatican et ses évêques ». Il a poursuivi en déclarant que les « personnes craignant Dieu » travaillent « à tuer des gens » en s’opposant à l’avortement, et que « le pape et de nombreux évêques sont l’une des forces les plus maléfiques et régressives de la planète, à mon avis, et cherchant avant tout à conserver leur pouvoir ». [35]

Le soutien de Paul Ehrlich à l’avortement et à la stérilisation, y compris son ouverture à l’avortement forcé et à la stérilisation obligatoire, ainsi que son hostilité ouverte à l’égard de l’Église catholique et de ses pasteurs, rendent totalement inacceptable que l’Académie pontificale des sciences et l’Académie pontificale des sciences sociales lui offrent une telle tribune.

7. L’Exhortation Apostolique Amoris Lætitia affirme qu’il y a « un besoin d’éducation sexuelle » mais seulement dans le contexte des « institutions éducatives »

Amoris Lætitia comprend une section intitulée « La nécessité de l’éducation sexuelle » (paragraphes 280-286). Cette section ne fait aucune référence au rôle des parents dans l’éducation de leurs enfants dans le domaine de la sexualité. En revanche, l’exhortation fait référence aux « institutions éducatives ». Or, selon l’enseignement catholique, l’éducation sexuelle est « un droit et un devoir fondamental des parents » qui « doit toujours être réalisée sous leur direction attentive, que ce soit à la maison ou dans des centres éducatifs choisis et contrôlés par eux. » [36] Amoris Lætitia fait bien une brève référence aux droits généraux des parents dans un chapitre antérieur (paragraphe 84), mais l’omission de toute référence aux droits parentaux en matière d’éducation sexuelle dans une section consacrée à l’affirmation de la « nécessité de l’éducation sexuelle », dans le contexte des « institutions éducatives », est une grave omission qui déçoit sérieusement les parents à un moment où les droits parentaux en matière d’éducation sexuelle font l’objet d’attaques sérieuses et soutenues dans de nombreuses nations du monde, et au niveau des institutions internationales, comme expliqué ci-dessus.

Il est difficile de voir comment l’approche adoptée dans Amoris Lætitia peut être réconciliée avec celle exprimée par le Saint-Siège dans le document de 1995 Vérité et signification de la sexualité humaine : Des orientations pour l’éducation en famille. Parlant de l’éducation à « la valeur de la sexualité et de la chasteté », le document déclare :

« Dans ce contexte, sur la base de l’enseignement de l’Église et avec son soutien, les parents doivent se réapproprier leur propre tâche... Pour que l’éducation corresponde aux besoins objectifs du véritable amour, les parents doivent assurer cette éducation dans le cadre de leur propre responsabilité autonome. » [37]

Le document poursuit, enseignant que :

« Chaque enfant est une personne unique et non reproductible et doit recevoir une formation individualisée. Puisque les parents connaissent, comprennent et aiment chacun de leurs enfants dans son unicité, ils sont les mieux placés pour décider du moment approprié pour fournir une variété d’informations, en fonction de la croissance physique et spirituelle de leurs enfants. Personne ne peut enlever cette capacité de discernement à des parents consciencieux. »

« Le processus de maturation de chaque enfant comme personne est différent, et de ce fait ce qui touche le plus à son intimité, tant biologique qu’affective, doit être transmis dans un dialogue personnalisé. Dans le dialogue avec chaque enfant, fait d’amour et de confiance, les parents communiquent quelque chose sur leur propre don de soi qui leur permet de témoigner des aspects de la dimension affective de la sexualité, aspects que l’on ne peut faire saisir autrement. » [38]

Dans des circonstances normales, l’éducation sexuelle devrait être dispensée par les parents et à la maison :

« Le milieu familial est donc le lieu normal et habituel de formation des enfants et des jeunes pour consolider et exercer les vertus de charité, de tempérance, de force et de chasteté. En tant qu’église domestique, la famille est l’école de l’humanité la plus riche. Cela est particulièrement vrai pour l’éducation morale et spirituelle sur un sujet aussi délicat que la chasteté... Si en effet les parents ne donnent pas une formation adéquate à la chasteté, ils manquent à leur devoir précis. De même, ils seraient également coupables s’ils toléraient qu’une formation immorale ou inadéquate soit donnée à leurs enfants en dehors de la maison. » [39]

Les enfants ont le droit de recevoir de leurs parents une éducation sexuelle. L’Église défend :

« ... le droit de l’enfant et du jeune à être convenablement informé par ses propres parents sur les questions morales et sexuelles, d’une manière conforme à son désir d’être chaste et d’être formé dans la chasteté. Ce droit est en outre conditionné par le stade de développement de l’enfant, par sa capacité à intégrer la vérité morale et l’information sexuelle, et par le respect de son innocence et de sa tranquillité ». [40]

Il existe certaines circonstances, limitées, dans lesquelles l’éducation sexuelle peut être dispensée par d’autres personnes, ou dans lesquelles d’autres personnes peuvent aider à la dispenser :

« D’autres éducateurs peuvent aider à cette tâche, mais ils ne peuvent se substituer aux parents que pour des raisons graves d’incapacité physique ou morale ». [41]

En outre :

« Dans certaines situations, les parents peuvent confier une partie de l’éducation à l’amour à une autre personne de confiance, s’il y a des questions qui nécessitent une compétence spécifique ou une attention pastorale dans des cas particuliers. » [42]

Toutefois, comme nous l’avons dit plus haut, l’éducation sexuelle « étant un droit et un devoir fondamental des parents », elle « doit toujours être réalisée sous leur direction attentive, que ce soit à la maison ou dans des centres éducatifs choisis et contrôlés par eux. » [43]

Il est important de souligner ici qu’Amoris Lætitia parle de la discussion des questions sexuelles en salle de classe (et généralement dans des classes mixtes) car le pape François n’indique nulle part dans cette section que l’éducation sexuelle sera menée ailleurs que dans les « institutions éducatives ». Cela signifie que même des passages qui pourraient autrement être bienvenus prennent un aspect troublant.

Par exemple, au paragraphe 280 d’Amoris Lætitia, nous lisons que :

« L’éducation sexuelle doit fournir des informations tout en gardant à l’esprit que les enfants et les jeunes n’ont pas encore atteint leur pleine maturité. L’information doit arriver au bon moment et d’une manière adaptée à leur âge. Il n’est pas utile de les submerger de données sans les aider à développer un sens critique pour faire face à l’assaut de nouvelles idées et suggestions, au flot de pornographie et à la surcharge de stimuli qui peuvent déformer la sexualité. » [44]

En soi, il s’agit d’une affirmation bienvenue. Cependant, dans ce contexte, il semble que ce sont les « institutions éducatives » que le pape François prévoit transmettre les informations mentionnées ci-dessus. Cela serait contraire à l’enseignement de l’Église qui, comme nous l’avons vu, précise qu’il appartient aux parents, et non aux « institutions éducatives », de transmettre à leurs enfants des informations explicites sur les questions sexuelles, au moment et de la manière qu’ils jugent les plus appropriés. De toute façon, nous avons déjà vu, ci-dessus, quel matériel dégradant est considéré comme adapté à l’âge des jeunes enfants, par les organismes qui fixent les « normes » de l’éducation sexuelle.

Amoris Lætitia offre bien quelques critiques de l’éducation sexuelle moderne (cf. paragraphe 283), mais celles-ci ne parviennent jamais à exprimer l’étendue et la gravité de la menace qui pèse sur la santé et le développement psychologique, intellectuel et spirituel des enfants. Nous devons également noter ici que l’accent mis sur l’éducation sexuelle comme moyen d’aider les jeunes à faire face à des problèmes tels que la pornographie, est une stratégie souvent déployée par les promoteurs de l’éducation sexuelle pour convaincre les décideurs et le grand public que les programmes modernes d’« éducation sexuelle intégrale » sont nécessaires. Le paragraphe 281 d’Amoris Lætitia est malheureusement susceptible d’être interprété de cette manière.

Étant donné la nature de l’éducation sexuelle moderne, il est très inquiétant de constater qu’il n’y a pas une seule mention de la chasteté dans le commentaire d’Amoris Lætitia sur l’éducation sexuelle. En effet, il n’y a qu’une seule référence directe à la chasteté dans l’ensemble du document. [45] C’est une approche très différente de celle adoptée dans Vérité et signification de la sexualité humaine, qui mentionne la chasteté soixante-quatorze fois et souligne que l’enseignement de la chasteté doit être au cœur de toute discussion sur l’éducation sexuelle. [46]

8. Le Conseil pontifical pour la famille a produit un programme d’éducation sexuelle qui contient des images obscènes qui ont été décrites comme constituant un « abus sexuel sur les enfants ».

Depuis la promulgation d’Amoris Lætitia, le Conseil pontifical pour la famille a publié son propre programme d’éducation sexuelle ; malheureusement, celui-ci contient du matériel qui viole l’enseignement catholique sur l’éducation sexuelle. Intitulé « Point de rencontre », le programme du Vatican expose les enfants à des images obscènes et pornographiques. [47] Ce programme est destiné à être enseigné dans des classes mixtes été a été lancé par le CPF lors des Journées mondiales de la jeunesse à Cracovie en juillet 2016.

De graves problèmes liés à ce programme ont été identifiés par le Dr Rick Fitzgibbons, psychiatre et professeur adjoint à l’Institut pontifical Jean-Paul II pour les études sur le mariage et la famille de l’Université catholique d’Amérique. Le Dr Fitzgibbons nous a fourni l’analyse suivante :

« Ces dernières années, l’Église catholique a traversé l’une de ses crises les plus graves en raison des abus commis par des prêtres sur des jeunes. Les principales victimes ont été des adolescents de sexe masculin. » [48]

...

« Afin de restaurer la confiance et la foi gravement endommagées dans le laïcat, il incombe aux membres de la Hiérarchie et aux prêtres de ne plus jamais agir comme des chefs ou bergers permissifs lorsque de graves menaces pèsent sur le bien-être moral, intellectuel, psychologique et sexuel des jeunes. »

« En tant que psychiatre, j’ai beaucoup travaillé avec de jeunes catholiques gravement blessés psychologiquement par le divorce de leurs parents, [49] souvent rendu possible par l’annulation “facile” du mariage sacramentel de leurs parents, au mépris de la justice, de la miséricorde et de la science psychologique [50] ; par les épidémies de narcissisme, [51] de marijuana, [52] de pornographie, [53] et de débauche [54] (utiliser les autres comme des objets sexuels) et par l’énorme pression des pairs pour être sexuellement actifs ; et souffrant des conflits psychologiques de leurs parents, de leurs frères et sœurs et de leurs pairs. » [55]

« Cependant, à mon avis professionnel, la menace la plus dangereuse pour la jeunesse catholique, que j’aie vue au cours des 40 dernières années, est le nouveau programme d’éducation sexuelle du Vatican, Point de rencontre : Cours d’éducation sexuelle affective pour les jeunes. Point de rencontre a été publié lors des Journées mondiales de la jeunesse en Pologne par le Conseil pontifical de la famille, alors sous la direction de Mgr Paglia, et est désormais disponible en ligne, gratuitement, en cinq langues différentes. »

« Dans une culture où les jeunes sont bombardés par la pornographie, j’ai été particulièrement choqué par les images contenues dans ce nouveau programme d’éducation sexuelle, dont certaines sont évidemment pornographiques. Ma réaction professionnelle immédiate a été de considérer que cette approche obscène ou pornographique abuse les jeunes psychologiquement et spirituellement. »

« Les jeunes sont également affectés par l’absence de mise en garde contre les dangers à long terme de la promiscuité et de l’utilisation de contraceptifs. [56] En tant que professionnel ayant traité à la fois des prêtres auteurs de sévices et des victimes de la crise des abus dans l’Église, j’ai trouvé particulièrement troublant que les images pornographiques de ce programme soient similaires à celles utilisées par les prédateurs sexuels adultes d’adolescents. »

« Le principal responsable de l’élaboration et de la diffusion de ce programme néfaste, Mgr Paglia, ancien chef du Conseil pontifical de la famille, devrait être tenu par la justice de se soumettre à une évaluation par une commission d’examen, comme le décrivent les normes de la Charte de Dallas concernant la mise en danger des jeunes. Une telle évaluation est d’autant plus importante qu’il a été chargé de poursuivre l’enseignement sur la sexualité et le mariage à l’Institut Jean-Paul II d’études familiales. »

« Le programme Point de rencontre constitue un abus sexuel des adolescents catholiques du monde entier et révèle une ignorance de l’énorme pression sexuelle exercée sur les jeunes d’aujourd’hui, ce qui entraînera leur confusion ultérieure dans l’acceptation de l’enseignement de l’Église. Il représente une grave crise future dans l’Église, en particulier pour les jeunes et les familles catholiques, dans des proportions bien plus importantes que la scandaleuse crise des abus sexuels sur les jeunes dont la presse s’est récemment fait l’écho. »

Le programme du Conseil pontifical pour la famille contient des éléments qui ressemblent à ceux contenus dans les programmes promus par les Nations Unies sous le titre d’« éducation sexuelle intégrale ». Bien qu’il ne préconise pas de pratiques immorales telles que la contraception et les actes homosexuels, il adopte une approche de l’éducation sexuelle qui est contraire à l’enseignement de l’Église établi de longue date et qui aura un impact négatif sur le développement sain des enfants. L’enseignement d’Amoris Lætitia, et la pratique du CPF, reflètent l’alignement croissant des autorités du Vatican sur le programme poursuivi par les institutions internationales.

Conclusions

Les enfants, nés et à naître, sont gravement menacés par l’approbation des Objectifs de développement durable par les Nations unies en septembre 2015. Les années à venir verront une attaque soutenue contre le droit à la vie des enfants à naître et contre les droits des enfants à recevoir une éducation authentique en matière de sexualité. L’approbation des ODD par le pape François et d’autres organes du Saint-Siège augmente considérablement la menace qui pèse sur les plus innocents et les plus vulnérables d’entre nous. Il est absolument nécessaire que tous les catholiques résistent, de la manière la plus appropriée à leur position dans l’Église, à cet alignement des autorités ecclésiastiques sur un agenda international qui promeut la destruction de la vie innocente et de la structure même de la famille.

Matthew McCusker
Society for the Protection of Unborn Children

3 février 2017


Notes

1 Assemblée générale des Nations unies, Transformer notre monde : le Programme de développement durable à l’horizon 2030, 21 octobre 2015. Le texte des objectifs de développement durable peut être téléchargé à l’adresse suivante : http://www.un.org/ga/search/view_doc.asp?symbol=A/RES/70/1&Lang=E, [consulté le 14 décembre 2016].

2 Un aperçu complet de l’utilisation de ce terme peut être trouvé dans Susan Yoshihara Ph.D., « Lost in Translation : The Failure of the International Reproductive Right Norm », Ave Maria Law Review, (printemps 2013).

3 Nations Unies, Programme d’action de la Conférence internationale sur la population et le développement, (Le Caire, 1994).

4 Nations Unies, Déclaration et Programme d’action de Beijing, (Beijing, 1995).

5 Cependant, les Programmes d’action du Caire et de Beijing (Pékin) ne peuvent être considérés comme établissant un « droit à l’avortement » en droit international. Le Programme d’action stipule que : « La mise en œuvre des recommandations contenues dans le Programme d’action relève du droit souverain de chaque pays, dans le respect des lois nationales et des priorités de développement, dans le plein respect des diverses valeurs religieuses et éthiques et du contexte culturel de sa population, et conformément aux droits de l’homme internationaux universellement reconnus » (chapitre II, paragraphe introductif). Le paragraphe 7.4 du Programme d’action stipule que « la mise en œuvre du présent Programme d’action doit être guidée par la définition globale ci-dessus de la santé génésique, qui inclut la santé sexuelle ». Cette définition se trouve au paragraphe 7.2 et n’inclut pas explicitement l’avortement. En outre, aucun consensus n’a été atteint sur la définition de la santé sexuelle et reproductive. Le Saint-Siège n’a adhéré que « partiellement » au consensus tant au Caire qu’à Pékin, refusant le consensus pour l’intégralité du chapitre IV, section C, à Pékin. Au Caire et à Pékin, de nombreux États ont émis des réserves sur un certain nombre de termes, tels que « santé génésique », « santé sexuelle », « régulation de la fertilité » et « grossesse non désirée », déclarant qu’ils ne pouvaient accepter des interprétations de ces termes incluant l’avortement. Le fait que les États membres n’aient pas réussi à obtenir le soutien d’un « droit à l’avortement » ne change rien au fait que les termes « santé et droits sexuels et reproductifs » ont été utilisés, et l’ont toujours été, pour favoriser l’accès à l’avortement et aux formes abortives de contraception.

6 « Avortement », Organisation mondiale de la santé : Bureau régional pour l’Europe, http://www.euro.who.int/en/health-topics/Life-stages/sexual-and-reproductive-health/activities/abortion, [consulté le 17 novembre 2016].

7 « Avortement », Organisation mondiale de la santé : Bureau régional pour l’Europe, http://www.euro.who.int/en/health-topics/Life-stages/sexual-and-reproductive-health/activities/abortion, ,[Consulté le 17 novembre 2016].

8 Plan d’action sur la santé et les droits sexuels et reproductifs (Plan d’action de Maputo). Le texte intégral peut être téléchargé à l’adresse suivante : http://esaro.unfpa.org/sites/esaro/files/pub-pdf/maputo_eng.pdf

9 Organisation mondiale de la santé, Innov8, (Genève, 2016), p.3.

10 Innov8, p.63.

11 L’ONU considère que les femmes ont un « besoin non satisfait de contraception » si elles sont « sexuellement actives », ne prévoient pas d’avoir un enfant dans les deux prochaines années et n’utilisent pas de méthode contraceptive moderne. Il s’agit d’une approche gravement défectueuse car elle suppose que toutes ces femmes utiliseraient des méthodes contraceptives modernes si elles étaient disponibles. Elle ne tient pas compte des nombreuses femmes qui n’utiliseraient pas de méthodes contraceptives si elles étaient disponibles, que ce soit en raison de principes moraux, de problèmes de santé ou pour toute autre raison. Les « besoins non satisfaits » ne sont pas une mesure du désir de contraception ou de l’accès à la contraception.

12 Innov8, p.64.

13 Innov8, p.19.

14 Innov8, p.131.

15 Innov8, p.215.

16 Innov8, p.163.

17 Innov8, p.163.

18 Innov8, p.187.

19 Bureau régional de l’OMS pour l’Europe, Standards pour l’éducation sexuelle en Europe : Un cadre pour les décideurs politiques, les autorités et les spécialistes de l’éducation et de la santé, (Cologne, 2010).

20 Population Council, It's All One Curriculum : Guidelines and Activities for a Unified Approach to Sexuality, Gender, HIV, and Human Rights Education, (New York, 2009).

21 Pape François, Discours à l’Assemblée générale des Nations unies, 25 septembre 2015, http://w2.vatican.va/content/francesco/en/speeches/2015/september/documents/papa-francesco_20150925_onu-visita.html, [consulté le 22 décembre 2016].

22 Jeffrey Sachs, The Age of Sustainable Development [L’ère du développement durable], édition Kindle, (2015), p.159.

23 « Nigeria Population : Sachs' three-baby plan 'tricky », British Broadcasting Corporation, 24 mai 2011, http://www.bbc.co.uk/news/world-africa-13530649, [Consulté le 19 décembre 2017].

24 Jeffrey Sachs, Commonwealth : Economics for a Crowded Planet, édition Kindle (2011), p.189-90.

25 Professeur Margaret Archer, « PASS President Margaret Archer's reply to First Things », End Slavery, http://www.endslavery.va/content/endslavery/en/getinvolved/contributions/archer_reply.html [Consulté le 20 décembre 2016].

26 Stefano Gennarini, “Vatican prelate dismisses criticism over partnership with pro-abortion population controllers” [« Le prélat du Vatican rejette les critiques sur le partenariat avec les contrôleurs de population pro-avortement »], LifeSiteNews, 20 mai 2015, https://www.lifesitenews.com/opinion/vatican-prelate-dismisses-criticism-over-partnership-with-pro-abortion-popu [Consulté le 20 décembre 2016].

27 Académie pontificale des sciences, Les enfants et le développement durable : Un défi pour l’éducation, document d’information produit pour l’atelier du 13 au 15 novembre 2015, http://www.casinapioiv.va/content/dam/accademia/booklet/booklet_children.pdf [Consulté le 20 décembre 2016].

28 Clyde Haberman, « The Unrealized Horrors of Population Explosion », New York Times, 31 mai 2015, https://www.nytimes.com/2015/06/01/us/the-unrealized-horrors-of-population-explosion.html?_r=2 [Consulté le 20 janvier 2017].

29 Paul Ehrlich, Anne Ehrlich & John Holdren, Ecoscience: Population, Ressources, Environnement, (1977), p280.

30 Mara Hvistendahl, Unnatural Selection : Choosing Boys Over Girls and the Consequences of a World Full of Men [Sélection non-naturelle : Choisir les garçons plutôt que les filles et les conséquences d’un monde plein d’hommes], (New York, 2011), p.108.

31 Hvistendahl, Unnatural Selection, p.109.

32 Hvistendahl, Unnatural Selection, p.108.

33 Kay Steiger, « 'Population Bomb' scientist : 'Nobody' has the right to 'as many children as they want' », Raw Story, 22 janvier 2013, http://www.rawstory.com/2013/01/population-bomb-scientist-nobody-has-the-right-to-as-many-children-as-they-want/ [3 février 2017].

34 Clyde Haberman, « The Unrealized Horrors of Population Explosion » [Les horreurs de l’explosion démographique qui ne se sont jamais produites], The New York Times, 31 mai 2015, https://www.nytimes.com/2015/06/01/us/the-unrealized-horrors-of-population-explosion.html?_r=0 [consulté le 3 février 2017].

35 Paul Ehrlich & Michael Tobias, Hope on Earth : A Conversation, (Chicago, 2014).

36 Pape Jean-Paul II, Exhortation apostolique Familiaris Consortio, (1981) n° 37.

37 Lopez Cardinal Trujillo/Conseil pontifical pour la famille, Vérité et la signification de la sexualité humaine, n° 24.

38 Vérité et signification de la sexualité humaine, n° 65 et 66.

39 Vérité et signification de la sexualité humaine, n° 48.

40 Vérité et signification de la sexualité humaine, n° 119.

41 Vérité et signification de la sexualité humaine, n° 23.

42 Vérité et signification de la sexualité humaine, n° 132.

43 Familiaris Consortio, n° 37.

44 Amoris Lætitia, n. 280.

45 Amoris Lætitia, n° 206. La chasteté est mentionnée ici en référence à la préparation au mariage.

46 Vérité et signification de la sexualité humaine, n° 22.

47 AVERTISSEMENT : IMAGERIE EXPLICITE Les images se trouvent sur le site « What's in the Vatican's new sex-ed program ? », 27 juillet 2016, LifeSiteNews.com, https://www.lifesitenews.com/media/whats-in-the-vaticans-sex-ed [consulté le 7 décembre 2016].

48 Fitzgibbons, R. & O'Leary, D. "Sexual Abuse of Minors by Catholic Clergy", The Linacre Quarterly 78(3) (août 2011): 252-273.

49 Fitzgibbons, R. (2016) À paraître : « Children of Divorce: Conflicts and Healing » [« Les enfants du divorce : Conflits et guérison »] dans Margaret McCarthy (ed.), Torn Asunder : Children, the Myth of the Good Divorce and the Recovery of Origins, Grand Rapids : Eerdmans, pp. 51-65.

50 Fitzgibbons R. (2015). Les annulations rapides et faciles présentent de graves risques pour la famille. Consulté sur https://www.lifesitenews.com/opinion/dr.-rick-fitzgibbons-quick-and-easy-annulme ; Adkins, J. et al. (2015). N’oubliez pas nos enfants. America, 12 novembre 2015.

51 Twenge, J., & Campbell, W. K. (2009). The narcissism epidemic: Living in the age of entitlement. [L’épidémie de narcissisme : Vivre dans l’âge du droit]. New York, NY : Aria Books.

52 Fitzgibbons, R. (2016). Récupéré sur www.childhealing.com : The Addicted Spouse and Child Healing.

53 Kleponis, P. (2014) Integrity Restored: A Catholic Guide to Pornography [Intégrité retrouvée : Un guide catholique sur la pornographie]. Steubenville : Emmaüs Road, p.19.

54 Grossman, M. (2007). Unprotected: A Campus Psychiatrist Reveals How Political Correctness in Her Profession Endangers Every Student. St. Cloud, MN : Sentinel.

55 Enright, R., & Fitzgibbons, R. (2014). Forgiveness therapy: An empirical guide for resolving anger and restoring hope. Washington, DC : American Psychological Association Books, pp. 171-202.

56 Fitzgibbons, R. (2015). Récupéré sur : www.thecatholicthing.org/2015/01/29/contraceptions-cascading-rampage

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