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L’archevêque de San Francisco interdit à Nancy Pelosi, favorable à l’avortement, de communier


Nancy Pelosi.

Par Claire Chretien — Traduit par Campagne Québec-Vie — Photo : Gage Skidmore/Flickr

20 mai 2022, San Francisco (LifeSiteNews) — Mgr Salvatore Cordileone, archevêque de San Francisco, a demandé à la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, une démocrate ouvertement pro-avortement, de ne pas se présenter à la communion dans son diocèse.

« Vous ne devez pas vous présenter à la Sainte Communion et, si vous le faites, vous ne devez pas être admise à la Sainte Communion, jusqu’à ce que vous répudiiez publiquement votre plaidoyer pour la légitimité de l’avortement et que vous vous confessiez et receviez l’absolution de ce grave péché dans le sacrement de la pénitence », a écrit Mgr Cordileone à Pelosi dans une « notification » remise hier et publiée aujourd’hui (voir PDF ICI). Au moment de publier, la page internet sur laquelle l’archidiocèse de San Francisco a publié la lettre affichait un message d’erreur.

L’Église catholique enseigne que l’Eucharistie est littéralement le corps, le sang, l’âme et la divinité de Jésus-Christ. L’Église enseigne qu’aucun catholique ayant commis un péché mortel ne doit se présenter à la Sainte Communion avant de s’être confessé de ce péché dans le sacrement de la Confession.

Le Canon 915 du Code de droit canonique de l’Église stipule que « Les excommuniés et les interdits, après l’infliction ou la déclaration de la peine, et ceux qui persistent avec obstination dans un péché grave et manifeste, ne seront pas admis à la sainte communion ».

« Un législateur catholique qui soutient l’avortement provoqué, après avoir connu l’enseignement de l’Église, commet un péché manifestement grave qui est une cause de scandale très sérieux pour les autres. Par conséquent, le droit universel de l’Église prévoit que de telles personnes “ne doivent pas être admises à la sainte communion” (Code de droit canonique, canon 915) », écrit Mgr Cordileone.

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Citant une lettre adressée en 2004 aux évêques américains par le cardinal Joseph Ratzinger concernant la communion des politiciens favorables à l’avortement, Mgr Cordileone a déclaré à la présidente de la Chambre : « Je vous suis reconnaissant du temps que vous m’avez accordé par le passé pour parler de ces questions. Malheureusement, je n’ai pas reçu une telle réponse à mes nombreuses demandes de vous parler à nouveau depuis que vous avez promis d’inscrire la décision Roe v. Wade de la Cour suprême dans la loi fédérale après l’adoption de la loi 8 du Sénat du Texas en septembre dernier ».

« C’est pourquoi je vous ai fait part de mes préoccupations par lettre le 7 avril 2022, et vous ai informée que, si vous ne répudiez pas publiquement votre plaidoyer pour le “droit” à l’avortement ou si vous ne vous abstenez pas de faire référence à votre foi catholique en public et de recevoir la Sainte Communion, je n’aurais d’autre choix que de faire une déclaration, conformément au Canon 915, selon laquelle vous ne serez pas admise à la Sainte Communion », a poursuivi l’archevêque.

« Comme vous n’avez pas publiquement répudié votre position sur l’avortement, et que vous continuez à vous référer à votre foi catholique pour justifier votre position et pour recevoir la Sainte Communion, ce moment est maintenant arrivé. »

Le projet de loi 8 du Sénat du Texas interdit les avortements sur les bébés dont le cœur bat et utilise un mécanisme unique d’application privée qui permet aux citoyens privés de poursuivre les avorteurs qui violent la loi. Dans les mois à venir, la Cour suprême des États-Unis devrait annuler l’arrêt Roe v. Wade qui, en 1973, a imposé l’avortement à la demande dans les 50 États, et devrait permettre aux États de déterminer leurs propres lois sur l’avortement. Politico a publié une ébauche de l’opinion majoritaire de la Cour, une fuite sans précédent.

« Sachez que je suis prêt à poursuivre notre conversation à tout moment et que je continuerai à prier et à jeûner pour vous », a déclaré Mgr Cordileone à Mme Pelosi. « Je demande également à tous les fidèles de l’archidiocèse de San Francisco de prier pour tous nos législateurs, en particulier les législateurs catholiques qui promeuvent l’avortement provoqué, afin qu’avec l’aide et sous la direction de l’Esprit-Saint, ils puissent subir une conversion du cœur dans ce domaine très grave et que la vie humaine soit protégée et encouragée à chaque étape et condition de la vie. »

Texte intégral de la lettre de Mgr Cordileone à Nancy Pelosi :

À la Présidente de la Chambre des représentants du Congrès des États-Unis Nancy Pelosi

Le Concile Vatican II, dans son décret sur l’Église dans le monde moderne, Gaudium et spes, a réitéré l’enseignement ancien et cohérent de l’Église selon lequel « la vie doit… être sauvegardée avec un soin extrême dès la conception, tandis que l’avortement et l’infanticide sont des crimes abominables » (no. 51.3). Les chrétiens ont, en effet, toujours défendu la dignité de la vie humaine à tous les stades, en particulier les plus vulnérables, en commençant par la vie dans le ventre de la mère. Sa Sainteté le Pape François, en accord avec ses prédécesseurs, a également été très clair et catégorique dans son enseignement sur la dignité de la vie humaine dans le sein maternel.

Cette vérité morale fondamentale a des conséquences sur la façon dont les catholiques vivent leur vie, en particulier ceux qui sont chargés de promouvoir et de protéger le bien public de la société. Le pape Jean-Paul II a également été très cohérent dans la défense de cet enseignement constant de l’Église, et nous a souvent rappelé que « ceux qui sont directement impliqués dans les organes législatifs ont une “obligation grave et claire de s’opposer” à toute loi qui attaque la vie humaine. Pour eux, comme pour tout catholique, il est impossible de promouvoir de telles lois ou de voter pour elles » (cf. Note doctrinale sur certaines questions concernant la participation des catholiques à la vie politique [24 novembre 2002], n. 4, §1). Un législateur catholique qui soutient l’avortement provoqué, après avoir pris connaissance de l’enseignement de l’Église, commet un péché manifestement grave qui est une cause de scandale très sérieux pour les autres. Par conséquent, le droit universel de l’Église prévoit que de telles personnes « ne doivent pas être admises à la Sainte Communion » (Code de droit canonique, can. 915).

En ce qui concerne l’application de ces principes aux catholiques dans la vie politique, le cardinal Joseph Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, a écrit aux évêques américains en 2004 pour leur expliquer l’approche à adopter :

« … lorsque la coopération formelle d’une personne devient manifeste ─ comme dans le cas d’un politicien catholique faisant campagne et votant de façon constante en faveur de lois permissives sur l’avortement et l’euthanasie ─ son évêque doit le rencontrer, l’instruire de l’enseignement de l’Église, l’informer qu’il ne doit pas se présenter à la Sainte Communion tant qu’il n’aura pas mis fin à la situation objective de péché, et l’avertir qu’autrement l’Eucharistie lui sera refusée. » Lorsque « ces mesures préalables n’ont pas eu l’effet escompté, et que la personne en question, avec pertinacité, se présente encore pour recevoir la sainte Eucharistie, le ministre de la sainte communion doit la lui refuser ».

En m’efforçant de suivre cette orientation, je vous suis reconnaissant du temps que vous m’avez accordé dans le passé pour parler de ces questions. Malheureusement, je n’ai pas reçu une telle réponse à mes nombreuses demandes de vous parler à nouveau depuis que vous avez promis d’inscrire la décision Roe v. Wade de la Cour suprême dans la loi fédérale après l’adoption du projet de loi 8 du Sénat du Texas en septembre dernier. C’est pourquoi je vous ai fait part de mes préoccupations par lettre le 7 avril 2022 et vous ai informée que, si vous ne répudiez pas publiquement votre plaidoyer en faveur du « droit » à l’avortement ou si vous ne vous abstenez pas de faire référence à votre foi catholique en public et de recevoir la Sainte Communion, je n’aurais d’autre choix que de déclarer, conformément au canon 915, que vous ne serez pas admise à la Sainte Communion.

Comme vous n’avez pas publiquement répudié votre position sur l’avortement, et que vous continuez à vous référer à votre foi catholique pour justifier votre position et recevoir la Sainte Communion, ce moment est maintenant venu. Par conséquent, à la lumière de ma responsabilité en tant qu’archevêque de San Francisco d’être « soucieux de tous les fidèles chrétiens confiés à [mes] soins » (Code de droit canonique, can. 383, §1), par le biais de cette communication, je vous notifie par la présente que vous ne devez pas vous présenter à la Sainte Communion et, si vous le faites, vous ne devez pas être admise à la Sainte Communion, jusqu’à ce que vous répudiiez publiquement votre plaidoyer pour la légitimité de l’avortement et que vous vous confessiez et receviez l’absolution de ce grave péché dans le sacrement de pénitence.

Sachez que je suis prêt à poursuivre notre conversation à tout moment, et que je continuerai à prier et jeûner pour vous.

Je demande également à tous les fidèles de l’archidiocèse de San Francisco de prier pour tous nos législateurs, en particulier les législateurs catholiques qui promeuvent l’avortement provoqué, afin qu’avec l’aide et sous la direction de l’Esprit-Saint, ils puissent subir une conversion du cœur dans ce domaine très grave et que la vie humaine soit protégée et encouragée à chaque étape et condition de la vie.

Donné à San Francisco, le dix-neuf mai de l’année de notre Seigneur 2022.

[Signé]

Salvatore J. Cordileone

Archevêque de San Francisco

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