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L’absurdité ultime de la culture de mort : proposer le suicide assisté pour éviter le suicide

Billet de blogue d’Augustin Hamilton (Campagne Québec-Vie) — Photo : Freepik

« Troubles mentaux: offrir l’aide médicale à mourir pour contrer le suicide » est le titre d’un article d'opinion publié dans le Soleil, le paradoxe qui y est proposé serait hilarant s'il ne s'agissait d'un sujet éminemment grave.

Pensez un peu, proposer la mort pour éviter que des gens se tuent ! Offrir le suicide pour éviter le suicide...

C'est ce que proposent le Dr Chantal Descoteaux et le Dr Claude Gagnon, actuellement (heureusement) à la retraite, dans un texte empreint de contradiction d'un bout à l'autre.

Ils disent que les personnes qui se suicident, soit vivaient une crise passagère, soit avaient été suivies par le système de santé pendant des années ont essayé tout ce qu'on leur avait proposé. Ces personnes, poussées par le désespoir, ont choisi le suicide. Ces médecins disent ensuite : « Fermer les yeux sur cette réalité ne sauve aucune vie. » Réflexion étrange s’il en est, car en quoi tuer des gens suicidaires va-t-il sauver des vies ?

Il est certain que cela ferait baisser les taux de suicide, puisque le suicide assisté n'est pas compté comme un suicide — ce qui est une erreur fondamentale puisque dans les deux cas la personne veut mettre fin à ses jours.

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Ils affirment que le « débat ne devrait pas porter sur le malaise que peut susciter, chez ceux qui ne vivent pas cette réalité, l’idée qu’une personne atteinte d’un trouble mental puisse demander l’aide médicale à mourir », mais plus loin ils évoquent les familles de gens suicidés qui portent « un traumatisme qui les accompagnera toute leur vie ». Ont-ils songé à ceux qui vivent le traumatisme d'avoir perdu un être cher qui a eu recours à l'euthanasie ?

Ils affirment également que l'accès des personnes suicidaires à l'euthanasie devrait être bien sûr encadré et que permettre « à une personne atteinte d’un trouble mental de demander l’aide médicale à mourir ne signifie évidemment pas que sa demande sera acceptée d’office ». Mais en quoi cela empêchera-t-il les personnes refusées de se suicider ?

Dans leur conclusion, ils disent préférer « mille fois » accompagner un patient dans une « aide médicale à mourir empreinte de dignité », plutôt que de le retrouver avec une corde au cou. Ce qu'ils proposent-là revient tout simplement à aseptiser le suicide en remplaçant un suicide solitaire avec des moyens plus choquants par un suicide approuvé dans un environnement aux apparences ordonnées. C'est ce qui rend le suicide assisté encore plus hypocrite, c'est la même chose qui est faite, mais le poison est offert par un professionnel de la santé (qui n'est pas précisément en train de soigner...) qui se croit compatissant. En effet, la mort est plus ragoûtante si elle est offerte avec le sourire. Mais au final, c'est le même résultat : un corps mort, un mort pour qui la méthode pour se tuer n'importera d'aucune façon.

Ce à côté de quoi ce texte passe complètement, c'est que la vraie brutalité ne vient pas des circonstances du suicide, assisté ou non, mais de son fait même, il est d'une extrême brutalité qu'une personne mette fin à sa vie, que cela soit avec l'approbation de l'État ou non.

Remarquons enfin que si on suivait la proposition de ces deux médecins, bien des personnes qui finalement ne se seraient pas suicidées perdront la vie parce qu'on aura accédé à leur désir de mourir, quelle que soit la « rigueur » du système mis en place.



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