Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec.
Billet de blogue d’Augustin Hamilton (Campagne Québec-Vie) — Photo : capture d'écranTVA Nouvelles/YouTube
« On a toujours été un parti qui est pro-choix et cette politique ne changera absolument pas » assurait récemment Éric Duhaime, ajoutant, « Je peux vous dire qu'il n'y aura pas de débat à l'intérieur de nos rangs sur cet enjeu. »
Pourquoi donc M. Duhaime éprouve-t-il le besoin de rassurer la caste politique et médiatique sur son adhérence à l'idéologie dominante ? C'est que nous sommes en période préélectorale, moment où l'on sort le passé des placards des candidats en lice et où l'on demande aux suspects et à leur chef de brûler un grain d'encens devant l'autel de l'avortement.
Et il se trouve que le candidat du parti conservateur du Québec dans Chutes-de-la-Chaudière, Dominique Dumas, un ex-animateur de CHOI Radio X, aurait publié sur les réseaux sociaux par le passé des propos dans lesquels il se disait ouvert à limiter l'avortement et se disait également mal à l'aise avec l'avortement tardif.
Questionné sur ses péchés passés, il a reconnu que l'encadrement actuel de l'avortement suscitait un malaise dans le pays, mais que lui-même n'était pas mal à l'aise à ce sujet. « Oui... Écoutez, il y aurait des débats à avoir là-dessus. C'est pas la place ici pour le faire », dit-il, garantissant que s'il était élu il n'aborderait pas cette question au sein du caucus conservateur.
Il souligne en outre, comme son chef, que l'avortement n'est pas un sujet provincial : « C'est pas un sujet provincial, c'est pas un sujet pour lequel je suis en politique. Au niveau provincial, y a pas de balises et y a rien à changer dans ce qu'on a présentement. »
Mais croyez-vous que cette défense alambiquée suffira aux yeux des idéologues du « choix » ? Tant s’en faut ! Si vous n'appuyez pas à 100 %, y compris dans vos convictions personnelles, l'avortement de la conception jusqu'au moment de la naissance, dans tous les cas et dans toutes les circonstances, vous êtes suspect de nourrir secrètement des desseins « antichoix »...
Martine Biron, ministre de la Condition féminine, n'a pas manqué de couvrir d'opprobres le malheureux dissident : « Tenir ce type de discours, c’est s’attaquer à un droit durement acquis par les Québécoises. Le consensus est clair au Québec : le droit à l’avortement est un droit fondamental. »
Mais le consensus est-il aussi clair que Mme Biron le prétend au Québec, notamment sur l'avortement tardif ? On peut très certainement en douter. Ce qui est vrai, en revanche, c'est que la chape de plomb mise en place par les pro-avortement sert à empêcher les gens d’exprimer leur vraie opinion sur cet enjeu par crainte des répercussions sociales que cela entraînerait pour eux.
Remarquons enfin que l'idée selon laquelle l'avortement ne relèverait que du fédéral est tout simplement erronée. Prenons par exemple le fait que le Québec considère l'avortement comme un « soin de santé » (ce qu'il n'est pas en réalité), eh bien cela en fait donc une compétence provinciale. Le Québec pourrait à ce niveau tout aussi bien cesser de considérer cette pratique comme un soin et cesser de le financer.
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