
By Amanda Vicinanzo (LiveActionNews) — Traduit par Campagne Québec-Vie — Photo : PR Image Factory/Adobe Stock
Le taux de natalité en Corée du Sud a augmenté pour la première fois depuis 2015, avec 238 300 bébés nés en 2024 — un bond de 8 300 par rapport à l’année précédente. Cette augmentation a porté le taux de fécondité du pays à 0,75, alors qu’il avait atteint un fond record de 0,72 en 2023, selon les données de Statistics Korea. Bien qu’il reste le plus bas du monde, ce changement est un signe d’espoir dans le contexte de la crise démographique actuelle de la Corée du Sud.
« On peut dire qu’il s’agit d’un rebond considérable et significatif », a déclaré Choi Yoon Kyung, expert à l’Institut coréen de l’éducation et de la protection de l’enfance. « Nous devons encore attendre les chiffres des prochaines années pour savoir s’il s’agit d’un rebond temporaire ou s’il est dû à des changements structurels. »
Les experts soulignent que l’augmentation de 14,9 % du nombre de mariages en 2024, la plus forte depuis 1970, est un facteur clé de cette hausse. De nombreux couples qui avaient retardé leur mariage pendant la pandémie de COVID-19 fondent aujourd’hui une famille, tandis qu’un nombre croissant de trentenaires se marient et ont des enfants.
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« Il y a eu un changement dans les valeurs sociales, avec des opinions plus positives sur le mariage et la naissance d’enfants » , a déclaré Park Hyun-jung, un fonctionnaire de Statistics Korea.
Les efforts des gouvernements pour inverser le faible taux de natalité comprennent des incitations financières, des aides au logement et des aides à la garde d’enfants. Un exemple frappant est celui d’une ville sud-coréenne qui, en 2021, a offert aux couples mariés près de 100 000 dollars pour qu’ils aient plus d’enfants, dans le but de soutenir sa population en baisse. Parallèlement à ces initiatives politiques, un changement culturel est en train de s’opérer, de plus en plus de jeunes exprimant leur désir d’avoir des enfants. Toutefois, les effets des mesures de contrôle de la population prises pendant des décennies — telles que les campagnes de stérilisation — continuent de façonner les attitudes de la société à l’égard de la vie familiale.
Live Action News rapportait précédemment qu’après la fin de la guerre de Corée en 1953, la population de la Corée du Sud a doublé, ce à quoi le gouvernement a répondu en mettant en œuvre des mesures agressives de contrôle de la population. Dans les années 1970 et 1980, les autorités ont fortement encouragé les politiques de planification familiale, poussant les couples à se faire stériliser et encourageant la norme de l’enfant unique. Aujourd’hui, de nombreux jeunes adultes se sentent obligés de choisir entre une carrière réussie et une famille, et beaucoup privilégient leurs aspirations professionnelles au détriment de la famille.
Malgré ces progrès, des défis subsistent. Le taux de natalité à Séoul n’est toujours que de 0,58 et la population globale est en déclin. La crise est toujours présente, comme sur une île de Corée du Sud où il ne reste plus que trois enfants en âge d’aller à l’école.
Le vieillissement de la population sud-coréenne pose des risques économiques importants, les experts mettant en garde contre la diminution de la main-d’œuvre et l’augmentation des coûts des soins de santé. En réponse, le gouvernement sud-coréen s’est fixé pour objectif d’augmenter le taux de fécondité à 1,0 d’ici 2030. Il n’est pas certain que cet objectif soit réalisable, mais pour la première fois depuis près d’une décennie, un optimisme prudent s’est installé : la Corée du Sud est peut-être en train de franchir les premières étapes de l’inversion de son déclin démographique.
La lutte de la Corée du Sud sert d’avertissement quant aux conséquences à long terme des politiques agressives de contrôle de la population. Des décennies après les campagnes de stérilisation et les mesures restrictives de planification familiale, le pays fait face à une crise monumentale dont il faudra des années, voire des générations, pour se défaire.