Christine Fréchette.
Billet de blogue d’Augustin Hamilton (Campagne Québec-Vie) — Photo : capture d'écran vidéo/CPAC/YouTube
On aurait pu croire que dans une société qui se targue de promouvoir le choix et l'autonomie, en offrir davantage aurait été bien vu, comme offrir la possibilité aux familles d'organiser la garde de leurs enfants comme elles l'entendent.
Le système de garde d'enfants actuel n'a jamais réussi à remplir sa promesse de donner des places à tout le monde et ne peut donc être qualifié d'équitable ou d'universel. La solution à ce problème serait donc de verser une allocation directement aux familles, plutôt que de subventionner un système de garderie étatique, afin que toutes les familles aient accès à un service de garde, et, de surcroît, de leur choix.
Ainsi, les familles pourraient faire en sorte qu'un des parents reste à la maison pour garder les enfants à temps plein ou à temps partiel, ils pourraient confier la garde de leurs enfants aux grands-parents ou à d'autres membres de la famille, avoir recours à un service de garde en milieu familial, ou encore envoyer leur enfant à une garderie classique.
Le commun des mortels verrait sans difficulté dans ce projet, moins socialiste et plus efficace, gravés en lettres d'or les mots « choix » et « autonomie ». C'est ce que croyait également Éric Duhaime qui se dit « pro-choix » (tellement pour le choix qu'il n'autorisera jamais de discussion sur l'avortement dans son parti — pour la cohérence, on repassera...).
Détrompez-vous ! Selon la pensée progressiste-féministe, les notions de « choix » et d'« autonomie » sont maintenant contradictoires. Car, récemment, notre seconde première ministre du Québec (la « première première » ayant été Pauline Marois) a déclaré qu'il en était ainsi.
|
|
|
|
Dans sa critique du plan nataliste d'Éric Duhaime, Christine Fréchette insinue que le programme du chef conservateur nuirait à l'autonomie des femmes. Comment ? En leur offrant précisément la possibilité de rester à la maison et d'élever elles-mêmes leurs enfants, en attribuant des subventions directement aux familles pour la garde des enfants plutôt qu'aux garderies — en parallèle, Duhaime maintiendrait également le système de garderies subventionnées par l'État.
Plus de choix, donc, mais la première ministre du Québec suggère que cette latitude offerte aux femmes ouvrira la porte dans les foyers à la discussion suivante : « Si tu vas dans le marché du travail chérie, on ne va peut-être pas arriver, contrairement à si tu restes à la maison. »
Dans sa réaction, Mme Fréchette laisse entendre que s'occuper de ses propres enfants plutôt que d'être sur le marché du travail est rétrograde et sous-entend deux choses : la première, que les femmes sont trop vulnérables ou faibles pour prendre une bonne décision ; la seconde, que Mme Fréchette sait mieux ce qui est bon pour elles.
Vous croyiez que le féminisme était pour le « choix » ? Détrompez-vous, Mme Fréchette qui se fait ici la porte-parole d'un certain féminisme condescendant croit qu'il est mauvais d'offrir ce choix aux femmes, parce que ces dernières pourraient choisir autrement que ce que les politiciennes prévoyaient pour elles.
Ces propos nous rappellent les débats féministes des années 1990 lorsque les allocations familiales ont été instituées au Québec. Certaines féministes à l'époque avaient vivement critiqué ce projet. Claire Bonenfant, alors présidente du Conseil du statut de la femme, remettait en question l'intention de la politique familiale dans les termes suivants : « Cette politique sera-t-elle une politique nataliste déguisée cherchant à nous retourner aux berceaux et aux fourneaux ou bien se présente-t-elle comme une politique de justice sociale ? »
Pensons également à ce que disait Simone de Beauvoir, influente penseuse féministe française, à propos de la liberté des femmes de choisir de rester au foyer :
« Aucune femme ne devrait être autorisée à rester à la maison et à élever ses enfants. La société devrait être totalement différente, les femmes ne devraient pas pouvoir faire un tel choix précisément parce que beaucoup d’entre elles choisiraient leur foyer. »
Au Québec, il existe dans les cercles du pouvoir une mentalité anti-familiale, une mentalité que transmettent les médias à la population, une idéologie, enfin, qui imprègne la culture. Cela prendrait bien plus que les subventions qu'Éric Duhaime propose pour redresser la natalité du Québec, il faudrait pour cela promouvoir une culture favorable à la famille et à la vie.