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Belgique : une jeune fille de 16 ans « accepte » le don d’organes et subit une euthanasie

Par Clémentine Jallais (reinformation.tv) — Photo : bonnontawat/Adobe Stock

Les journaux la décrivent charmante, rayonnante, généreuse… Aucun ne semble se poser la question de la violence faite au destin de cette adolescente de 16 ans, d’une mineure, à qui on fait subir une euthanasie. Atteinte d’une tumeur au cerveau, cette jeune Belge a souhaité faire don de ses organes — son cœur, ses poumons, son foie et ses reins — parce qu’elle ne voulait pas que sa mort soit « inutile ».

Si on avait pu lui dire qu’une mort acceptée et non pas voulue, attendue et non pas cherchée est la mort la moins inutile qui soit, la plus riche puisqu’elle est signe du don de sa vie et de l’abandon suprême à une autre volonté que la sienne… Mais là n’est pas le tour d’esprit que l’on souhaite inculquer à la société.

Une euthanasie de 36 heures pour le don d’organes

La jeune Belge avait même seulement 15 ans lorsqu’elle « a décidé de mourir ». Elle a été euthanasiée quelques jours après son seizième anniversaire, devenant la cinquième mineure à l’être depuis la légalisation de la pratique dans son pays en 2014. On peut légitimement se poser la question de sa liberté, du degré de sa conscience, et donc de son consentement pleinement éclairé.

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Déjà on ne parle pas de sa famille, comme si un enfant de 16 ans était parfaitement autonome dans son corps et son esprit. Le journal Le Soir rapporte que, née au Luxembourg, « elle a déménagé » en Belgique, peu de temps après le diagnostic de sa tumeur au cerveau, car, pour être éligible à l’euthanasie, il faut y résider depuis au moins six mois. « Sa famille a déménagé » ou « l’a fait déménager », devrait-on dire. Ou « elle l’a décidé avec ses parents », dont l’influence était naturellement considérable, a fortiori sur un enfant rendu vulnérable par la maladie.

Et pour ce qui est du don d’organes… Loin de nous l’idée d’ôter à cette jeune fille la générosité dont elle a fait preuve, en pensant à d’autres qu’à elle-même. « Elle quittera ce monde par la grande porte, celle des âmes généreuses. […] Elle veut donner son corps à tous ceux qui en ont besoin ici sur terre, car cette vie ne voulait pas vraiment d’elle et elle a décidé à contrecœur d’aller là-haut et de voir », raconte le journaliste du Soir. A « contrecœur »… tellement à contrecœur justement, que ce cœur, cet organe qui était le sien, n’a pas trouvé preneur ici-bas — symbole troublant.

Une fibre émotionnelle accrue pour une jeune fille

Demeure l’impression désagréable que la possibilité même de ce don pourrait avoir joué un rôle dans le geste suicidaire et pointe immanquablement un hiatus. On brandit la générosité pour calmer les affres personnelles. On donne à voir la vie sauvée pour ne pas considérer l’écrasement, le refus de la sienne propre. C’est en quelque sorte un détournement. Un détournement, qui plus est hypocrite, quand on sait que le don d’organes existe « par défaut » en Belgique, « sauf opposition expresse », ce qui est profondément antinomique.

D’autant qu’on sauve des vies… mais à quel prix ? La jeune Belge a subi une euthanasie de 36 heures. Elle a d’abord été anesthésiée, puis intubée et ventilée. Ses organes ont été examinés et annoncés sur le réseau européen de don Eurotransplant avant qu’elle ne reçoive une injection mortelle. « Le problème d’une euthanasie suivie d’un prélèvement d’organes, c’est qu’on n’a pas beaucoup de temps entre le décès et le prélèvement, sinon les greffons sont perdus », indique le Pr François Damas qui pratique des euthanasies à Liège. Mais la notion de « décès » est bien floue… et on l’accommode pour que les organes vitaux prélevés soient encore vivants.

Surtout, une fois de plus, c’est encore la fibre émotionnelle que l’on active, à grand renfort de larmes. Alors que nous assistons bien à une mise à mort que cache, avec une fausse pudeur, l’appellation d’« aide active à mourir ».

Le fléau du suicide — la mascarade médiatique

C’est précisément cet état d’esprit qui a présidé à la soirée consacrée par France 2 à la « fin de vie », le 11 septembre dernier. Un téléfilm, un pseudo-débat et un documentaire y ont eu raison de toute forme d’objectivité en la matière, affichant sans sourciller une promotion du suicide assisté, au mépris de toutes les règles déontologiques.

« Au moment où le gouvernement précise le calendrier et le contenu du projet de loi sur l’euthanasie et le suicide assisté, vous diffusez un documentaire-plaidoyer en faveur de l’euthanasie et un téléfilm-ode au suicide des personnes âgées », a déclaré dans une lettre ouverte à France Télévisions une juriste de la Fondation Lejeune. « En plus de l’irrespect du pluralisme d’opinion, vous méconnaissez votre devoir de sauvegarde de la santé publique. Au lieu de prévenir la contagion suicidaire vous en faites la promotion. »

Parce qu’évidemment, la promotion provoque un mimétisme social, la juriste évoque l’effet Werther, ou « suicide mimétique » : « Les Pays-Bas connaissent une hausse de leur taux de suicide de 27 % en 14 ans depuis qu’ils ont dépénalisé euthanasie et suicide assisté. » Et leur nombre d’euthanasies pratiquées a plus que triplé en vingt ans.

D’un côté, la France pénalise la provocation au suicide et de l’autre, tend cette image mortifère au regard du peuple, dans les larmes et l’admiration.

Notre ministre déléguée chargée de l’Organisation territoriale et des Professions de santé, Agnès Firmin Le Bodo, l’a résumé, dernièrement, en quelques mots : « Le débat n’existe pas. […] L’accès à l’aide à mourir est le continuum d’un accompagnement curatif et palliatif jusqu’à la mort. »

Ainsi, cette jeune Belge sert encore d’alibi, et le don d’organes en rajoute une couche – ce qui ne doit pas déplaire à l’évêque belge Mgr Johan Bonny.

Clémentine Jallais



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