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Très belle homélie de Mgr Christian Lépine sur la vie

Sur le site du diocèse de Montréal du 7 mai 2013:

 

(Mgr Christian Lépine, archevêque de Montréal) 

« On ne peut pas cesser de prier pour le respect de la vie », rappelle-t-il. Ainsi, Mgr Lépine désire dorénavant célébrer chaque année une « Messe pour la vie » le premier vendredi du mois de mai. 
 
Une nouvelle tradition diocésaine
 
Pourquoi avoir choisi cette date? Est-ce en raison de la convergence en mai prochain d'actions publiques à l'échelle nationale pour affirmer la volonté du respect de la vie, de la conception jusqu'à sa fin naturelle? Des actions comme la Marche pour la vie à Ottawa le jeudi 9 mai prochain, ou encore la Marche printanière à Québec le samedi 18 mai. 
 
« C'est vrai que ça tombe bien! », s'exclame notre archevêque en souriant. « Mais c'est surtout que traditionnellement, le premier vendredi du mois est consacré plus spécialement à la mémoire de la Passion de Jésus-Christ, ce qui nous permet d'aborder les questions de la vie à travers la lentille de la Passion. »
(...)
Ce thème du Christ en croix prédominait dans l'homélie de Mgr Lépine, une homélie claire, limpide, illuminante. Il a abordé sans ambages les enjeux de la fin de la vie, une question très présente ces temps-ci dans l'actualité. Il a également jeté un éclairage sur la contribution unique et essentielle que les mourants apportent à la société, de même que l'importance d'accompagner la vie d'une personne mourante. Accompagner la vie, non pas la mort.  
 
« Toute question sur la vie est une question délicate. » C'est ainsi qu'il a débuté son homélie, mais au terme de son enseignement d'une vingtaine de minutes, il ne faisait plus aucun doute qu'il peut également y avoir de la lumière et de la vie au cœur de cette question.  
Donner suite
 
Durant l'eucharistie, Mgr Lépine a également prié pour que « l'Église soit audacieuse dans son témoignage » et que notre société sache « accueillir le don que sont les personnes en situation de fragilité ».  
 
Il a également invité les fidèles à donner suite concrètement à leur conviction de la nécessité de protéger la vie, de sa conception à sa fin naturelle. Mgr Lépine se joindra aux deux Marches, celle du 9 mai et celle du 18 mai (informations plus bas).  
 
Voici quelques exemples de gestes concrets à poser :  
 
 
Signer les pétitions
Manifeste du Collectif de médecins du refus médical de l'euthanasie 
Manifeste de Vivre dans la dignité  
 
Participer à la Marche pour la Vie à Ottawa - jeudi 9 mai
Transport organisé par autobus, départs de Montréal et Laval 
Renseignement et réservation : au (438) 930-8643, (514) 344-2686, ou par courriel au :  info@cqv.qc.ca  
 
Assister au Colloque « Protéger les plus vulnérables de l'euthanasie », présenté par le Collectif de médecins du refus médical de l'euthanasie - samedi 11 mai 
8 h 45 à 12 h 
au Centre Mont-Royal, 2200 Mansfield (métro Peel)
 
Participer à la Marche printanière à Québec - samedi 18 mai
Transport organisé par autobus et covoiturage, départ de la cathédrale Marie-Reine-du-Monde
Renseignement et réservation : au (514) 866-1661
 
Lire le message de l'OCVF pour la Semaine nationale pour la vie et la famille
 
Vocabulaire de fin de vie - PDF
 
Vous pouvez regarder l'homélie ou la lire par la suite. Mgr Lépine a un style qui peut faire penser au poète Charles Péguy. Il répète de petites phrases en y ajoutant une légère nuance qui fait approfondir ce qu'il vient d'affirmer. 

http://www.youtube.com/embed/IAVr4KkLKwY

Voici le texte de l'homélie :
 
Toute question sur la vie est une question délicate.

Parce qu’il y a des drames humains, parce qu’il y a des souffrances, parce qu’il ya de la douleur., mais, en même temps, ces douleurs et ces souffrances sont les douleurs d’un être humain., ce ne sont pas seulement des douleurs et des souffrances, ce sont les douleurs et les souffrances d’un être humain.

Et ce soir, aujourd’hui, je voudrais méditer et réfléchir sur la question de la fin de la vie, lorsque la maladie, la souffrance, la douleur vient avec la maladie, la fin de la vie, la mort se profile à l’horizon. Comment accompagner cette vie, cette vie qui tire à sa fin ou cette vie qui est dans la perspective de la mort, comment l’accompagner? Comment accompagner un mourant?

C’est une question comme vous le savez qui est très débattue depuis un ou deux ans avec une commission qui s’est promenée au Québec, plus récemment avec des projets qui peuvent être envisagées pour la société, pour des discussions dans la société.

Alors beaucoup de choses ont été dites, je voudrais attirer votre attention sur trois points.

Le premier c’est sur Jésus-Christ. Contempler Jésus-Christ crucifié.

Le deuxième, c’est que nous avons besoin des mourants.

Et le troisième c’est accompagner les vivants.

Contempler Jésus-Christ crucifié. Jésus-Christ va dire dans l’Évangile de Jean : « Ma vie, nul ne la prend, mais c’est moi qui la donne». Extérieurement, ce n’est pas cela qui arrive, extérieurement, on prend sa vie, extérieurement, on le frappe, extérieurement on le crucifie, on le flagelle, on le courronne d’épines. Extérieurement, on veut sa mort.Quelqu’un veut sa mort. On lui transperce le cœur pour s’assurer qu’il est mort. On veut sa mort.

Mais pourtant Jésus va dire de façon assez étonnante : «Ma vie nul ne la prend mais c’est moi qui la donne». Il a tellement dit oui à faire de sa vie un don que de sa mort même il en fait un don, un don à son père pour nous. Il a tellement fait de sa vie un don que sa souffrance même, il en fait un don, un don à son père pour nous.

Si quelqu’un à Gethsémani s’était approché de lui et  avait dit : « Écoute, jusqu’ici tu as bien vécu, tu as donné un beau message, maintenant ce qui est devant toi, c’est seulement la souffrance et la mort, si tu veux, on va t’aider et on va t’injecter un poison de sorte que tu vas mourir tout de suite, sans douleur, tu n’auras pas à vivre la passion, l’agonie,  la mort sur la croix. Est-ce que cela aurait été un service qu’on lui aurait rendu? Quelle perte c’aurait été pour l’humanité.

Sur le plan de la vie humaine, lorsqu’on parle de la vie de quelqu’un, en général, on va parler de sa vie avant sa mort. Il a vécu, il a fait ceci, il a dit cela, et, il est mort. Comme si la mort ne faisait pas partie de la vie. Comme la souffrance, comme si la souffrance ne faisait pas partie de la vie. Il y a la vie, puis il y a la souffrance et la mort, comme étant autre chose.

Avec Jésus-Christ, ce qui est assez clair c’est que la souffrance et la mort, et la mort qu’il vit sur la croix, c’est le moment le plus important de sa vie. C’est là qu’il fait le plus. C’est là qu’il fait le plus pour nous. Sa souffrance de la Croix, sa souffrance de l’agonie à Gethsémani à sa mort sur la croix, c’est plus important que toutes les paroles qu’il a dites avant, que tous les miracles qu’il a fait. Parce qu’il a aimé jusqu’au bout, parce qu’il s’est donné jusqu’à l’extrême de l’amour.

Dans ce sens là, certainement que pour nous chrétiens, si nous voulons contribuer à cette discussion dans la société, nous ne pouvons faire autrement que de partir de Jésus-Christ crucifié. D’autant plus que le crucifié est ressucité, témoignant ainsi que la mort n’est pas le dernier mot de la vie, que  la mort n’est pas le dernier mot  de l’amour,  ouvrant ainsi un chemin vers l’espérance, tellement qu’encore une fois dans l’évangile de Saint Jean, on ne  dira pas «À l’heure ou Jésus mourrait».  Il est écrit «À l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père».

C’est une lumière sur la vie et sur l’amour que seul Jésus-Christ peut nous apporter. Et certainement que dans un premier temps c’est à la lumière de la foi que l’on accueille cette lumière. Mais en même temps c’est une lumière dont tout cœur humain a besoin. Et c’est pour cela qu’il ne s’agit pas de garder cette lumière là pour nous parce que nous on croit en Jésus –Christ et que peut-être que d’autres seraient plus éloignés de la foi en Jésus-Christ. C’est une lumière que nous sommes appelé à accueillir mais aussi pour la transmettre, parce qu’il y a une lumière qui vient de la croix et qui a le pouvoir de toucher tous les cœurs, quels qu’ils soient, du seul fait que  c’est un être humain, du seul fait que c’est un cœur humain. Parce que Jésus  Christ a donné sa vie pour tous.

Donc contempler Jésus Christ crucifié. On ne peut pas aborder les questions de la vie et de la mort, les menaces contre la vie, sans partir de Jésus Christ crucifié.

Le deuxième point, c’est que nous avons besoin des mourants.

Dans un premier temps, dans la société on peut penser que dans la société, ce dont on a besoin c’est de producteurs et de consommateurs. De gens utiles. Qui font fonctionner l’économie. Ou qui rentrent dans un cycle de vie matériel. Mais certainement que cela a sa place dans la vie. Mais est-ce que cela a toute la place, cela c’est autre chose.

Parfois on traite la souffrance et la mort un peu comme si c’était quelque chose à côté de la vie. Et on voit bien que l’on peut-être quelque chose à apporter aux mourants, aux personnes qui souffrent, mais on ne voit pas toujours que eux aussi nous apporte quelque chose. Que la personne qui souffre, que la personne qui est mourante nous apporte  quelque chose et je dirais nous avons besoin de ce qu’elle nous apporte.

Lorsque  dans notre famille on est confronté à accueillir l’événement d’une maladie tragique, qui semble avoir pour issue la mort, ça demande du courage, ça demande de la générosité. Et. Quelque soit la façon des gens de le vivre, ça demeure difficile.

Mais il n’est pas rare qu’on entende parler, et certainement j’ai souvent rencontré des gens qui ont apporté leur témoignage d’accompagnement d’un membre de leur famille dans le contexte des funérailles, et qui disaient comment, pour les personnes qui m’en ont fait part en tout cas, comment le fait de s’être engagé à être présent auprès du membre de leur famille qui en était à ses derniers jours ou à ses dernières semaines, comment au-delà du premier moment de dire « faut se dépasser » parce que ça change notre horaire, ça change nos activités, et faut y mettre du temps, que l’on veut mettre, mais qu’il n’est pas toujours facile de mettre, mais une fois qu’on a dépassé cela et que l’on est là, il n’est pas rare qu’il y ait des moments de réconciliation, il est pas rare qu’on découvre que, qu’une seule seconde peut avoir des pouvoirs d’éternité… Je pense à cette dame qui me disait que, au chevet de sa mère, elle voit à un moment donné, dans son dernier souffle, elle voit ses yeux se tourner vers elle, elle ne parlait plus depuis quelques jours, mais elle voit ces yeux se tourner vers elle et la regarder, avec une telle tendresse, c’est une seconde, une fraction de seconde et ça lui a donné un souffle d’espérance incroyable.

Énormément de belles choses peuvent se vivre lorsqu’on prend conscience que la personne que l’on accompagne, certainement elle a besoin de nous, mais lorsqu’on découvre aussi qu’elle nous apporte quelque chose. Quand on s’expose, quand on se rend disponible pour vivre l’événement, et en accueillir l’épreuve, mais aussi finalement, découvrir la bonté qui rayonne à travers l’épreuve.

On a besoin des mourants. On a besoin comme société, je dirais de remettre le mourant au centre de la société et au centre de la famille, parce que, dans un certain sens, il y a d’autres éléments dans la vie et d’autres éléments sont importants, mais on comprend à partir du moment où on a soif de vie, qu’on est fait pour la vie, et que l’expérience de la mort demeure un moment clé. Ça peut être un moment qui nous jette à terre comme ça peut être un moment qui soit source d’espérance. Et de mettre le mourant au centre de la société et au centre de la famille, c’est justement donner un espace à découvrir davantage qui nous sommes. Nous sommes des êtres vivants, mais nous sommes des êtres qui sont faits pour plus que la vie en ce monde. Nous sommes habités par une soif d’absolu. Nous sommes faits pour l’éternité.

Et dans cet accueil pour les mourants, on touche quelque chose de cette éternité qui se rend présente. Ce n’est pas toujours aussi lumineux, à ce moment-là précis. Parfois, c’est plus tard que la lumière se fait. Mais il y a des moments de lumière et il y a une lumière.

Donc, contempler Jésus-Christ crucifié, découvrir qu’on a besoin des mourants, pour être renvoyé au sens le plus profond de notre vie. Si la vie n’était faite que pour trouver, n’était considérer comme valable ou comme valide, que lorsqu’on est en santé, que lorsque tout va bien, que lorsqu’on est comblé de biens matériels, la vie serait absurde la plupart du temps.

Si on veut, si on est à la recherche d’un sens à la vie, on est à la recherche d’un sens qui va résister, qui va résister… On a vécu un échec, la vie a encore un sens. On a été frappé de rejet, la vie a encore un sens. On a été ébranlé par la maladie, la vie a encore un sens. On est dans la perspective de notre mort, la vie a encore un sens.

L’idée c’est de découvrir le sens de la vie qui résiste à tout ce qui fait partie de la vie. Non seulement aux moments plus immédiatement matériels de la vie.

Les mourants, avant d’être des mourants sont des vivants. Ce sont toujours des vivants qui sont des mourants. Quand on regarde un mourant, ce qu’on regarde c’est un vivant. Un vivant qui est à l’article de la mort, mais un vivant. Et dans ce sens-là, accompagner des mourants, c’est dans un premier temps, c’est tout d’abord accueillir des vivants qui approchent de la fin de leur vie. Accompagner des vivants jusqu’à la fin. Accompagner avec des soins physiques, les soins spirituels, les soins familiaux, jusqu’à la fin. Et, cet accompagnement jusqu'à la fin c’est celui par lequel on dit que cette personne qui est mourante, c’est un être humain qui est vivant. Et ça devient un acte de confiance en cette vie humaine et un acte d’espérance en Dieu qui est présent et qui agit.

De ce point de vue-là, si on dit, comme on peut le penser, ou comme certains le pensent, que si on veut vraiment aider quelqu’un qui souffre, ce qu’il faut faire c’est supprimer le malade, par euthanasie ou par suicide assisté, quelque soit le langage qu’on utilise, soins de fin de vie ou aide à mourir, dès qu’il s’agit de causer directement la mort de quelqu’un, on n’est pas en train d’accompagner le vivant, on est en train de supprimer le vivant. On n’est pas en train de procurer des soins, on est en train de supprimer le patient qui a besoin de soins.

Donc dans ce sens-là, la question même de l’accompagnement de la vie, c’est d’accompagner la vie jusqu’au bout.

Vous êtes familiers avec les questions de vocabulaire qui sont importantes. Si on parle d’acharnement thérapeutique par exemple, cela veut dire vouloir tellement aider qu’on prend des moyens disproportionnés qui n’ont plus rapport avec les résultats que l’on peut escompter et qui dans ce sens-là deviennent comme excessifs. Quelque part, accompagner la vie, c’est aussi accepter que nous sommes des êtres mortels. Mais en même temps c’est accompagner la vie jusqu’au bout.

De ce point de vue là, encore dans les clarifications de vocabulaires, il est légitime de cesser, d’arrêter des traitements disproportionnés, qui n’ont plus de conséquences d’aider quelqu’un. Il arrive un moment donné où c’est là qu’on en est. Donc, arrêter le traitement c’est aussi accepter que l’on est des êtres mortels, mais ce n’est pas causer la mort, c’est la maladie qui cause la mort.

Par contre si on se met à vouloir devancer la mort, parce qu’il y a la souffrance, c’est là qu’on est plus en train d’accompagner. On est en train de supprimer.

Alors ce sont des questions délicates, il n’y a pas de réponses immédiates pour tout le monde, mais certainement que si on reste les yeux fixés sur Jésus-Christ, on reçoit la grâce de pouvoir discerner, de pouvoir voir la valeur de tout être humain et le bien qu’est tout être humain, quelque soit sa fragilité, quelque soit l’étape de sa vie, où qu’il en soit dans sa santé.

Alors je vous invite à prier parce que la lumière, il y a une lumière qui vient de Dieu, Dieu est vie, Dieu est auteur de la vie, il nous a créés et Dieu dans ce sens-là est le premier défenseur de la vie. Mais il défend la vie comment? Il défend notre vie comment? Il défend notre vie en donnant sa vie pour nous en Jésus Christ et dans ce sens-là il vient nous indiquer que la vie elle est faite pour être donnée, que la vie elle est faite pour qu’on apprenne à se donner et dans ce sens-là si tout au long de notre vie, avec nos fragilités et avec nos péchés, avec nos lenteurs, ben on fait de notre vie un chemin de don, on se prépare à faire de notre mort, un don. La mort se prépare en faisant de notre vie un chemin de don. La mort comme passage à la vie éternelle se prépare en faisant de notre vie un chemin de don, un chemin de prières et un chemin de dons aux autres, un chemin d’ouverture à Dieu et un chemin de don aux autres.

Et lorsqu’on a la grâce ou lorsqu’on rencontre des gens qui ont eu cette grâce et qui ont été ouvert à cette grâce parce qu’elle est offerte à tous cette grâce et qui ont été ouvert à cette grâce de vivre cette vie comme un don dans la prière, dans la fidélité au don de soi aux autres, à leur famille, au moment de leurs souffrances et de leur mort, alors que l’on va pour les aider, alors que l’on va pour les réconforter, on découvre que c’est nous qui sortons réconfortés. (...)

Je suis certain que vous avez vécu l'expérience. Combien de fois on a voulu réconforter quelqu'un et c'est lui qui nous a réconforté. Parce qu'en faisant de sa souffrance et de sa vie un don, de sa fragilitlé, la lumière jaillit à travers sa fragilité, à travers son regard. Jésus-Christ, l'oeuvre de Jésus-Christ, elle est puissante. C'est une oeuvre d'amour, c'est une oeuvre de bonté et tous nous avons besoin de cette bonté et nous pouvons prier pour que tous en cette société, en ce temps que nous vivons, les croyants comme ceux qui sont plus loin de Jésus-Christ, découvre ou redécouvre cette bonté de Jésus-Christ et ce pouvoir de Dieu sur la vie, et ce pouvoir de Dieu sur la mort, qui a le pouvoir de transformer la mort en don de soi, en passage vers la vie éternelle.

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