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Retour sur Rio+20

Sur le site de zenit.org du 29 juin 2012, on trouve cette importante analyse du délégué catholique à la réunion de Rio+20, Mgr Chulikatt:

 

 

(...)

Le document final est le résultat d’une série de négociations multilatérales complexes qui a demandé près d’un an de travail. Ce n’est pas un document parfait. Toutefois, si la communauté internationale à la volonté politique qu’il faut et s’engage à appliquer de manière rigoureuse les mesures qui sont indiquées, elle pourra le rendre fécond.

Les négociations et discussions pour arriver au document final de la conférence des nations Unies sur le développement durable, ont donné au Saint-Siège et aux membres de la communauté catholique réunis à Rio, l’occasion unique d’articuler un bon message pour la communauté internationale.

La bonne nouvelle nait de la charité et de la préoccupation pour nos frères et nos sœurs engagés dans des relations d’amour profond et de solidarité authentique pour toutes les personnes du monde.

Les négociations autour du document final ont soulevé de profondes tensions dues aux réalités économiques et financières des régions. Les disparités, surtout dans le contexte de l’Afrique, ont fait ressortir les pressions que des pays développés exercent sur certaines délégations. Il est apparu très clairement que la solidarité est un élément décisif pour éliminer la faim et la pauvreté.

Le document final aurait du adopter des mesures axées sur le transfert de technologies appropriées pour le développement local, afin qu’il y ait un marché plus équitable et inclusif, respectueux des engagements pris, et ainsi fournir des aides au développement et trouver de nouveaux moyens qui mettraient la dignité humaine, le bien commun et la sauvegarde de la création au centre de la vie économique.

Une autre préoccupation concerne le sens et l’application de certains concepts. Alors que des notions comme la « green economy » pourrait être l’occasion d’indiquer et d’ouvrir de nouvelles voies à la sauvegarde de l’environnement, nous devons reconnaître que des solutions purement technologiques, sans le support de considérations juste et adéquates en matière de responsabilité éthique, sans l’implication des communautés locales, n’aident pas les pauvres.

Ceux qui voudront donner suite au document final de Rio + 20, devront mettre le bien-être de la personne au centre du développement durable. Cette approche permettra d’éviter les risques de réductionnisme et d’approches stériles, de type néomalthusien, qui voient pour ainsi dire les êtres humains comme un obstacle au développement. Bien que cette vison néomalthusienne soit intrinsèquement imparfaite, on a vu des délégations de pays développes s’activer pour l’introduire dans le document final.

Il n’y a pas conflit entre les êtres humains et leur développement. Pour éliminer la pauvreté et la faim nous avons besoin de soutenir et promouvoir les personnes. Nous devons encourager peuples et nations à forger leur avenir, « l’avenir dont ils ont besoin », en cohérence avec leur dignité, leurs convictions religieuses, leurs cultures et traditions populaires.

Il faut dire, avec tristesse, que certaines délégations se sont engagées à promouvoir le concept discutable de « droits sexuels et reproductifs ». Graace au ciel, ces expressions ne figurent pas dans le document final. Cette approche du développement durable aurait saper le premier des principes de Rio, c’est-à-dire: que l’être humain est au centre du développement durable. L'être humain est toujours une fin en soi, et le développement durable est le moyen qui serve cette fin. Chaque programme qui va contre la vie va contre le développement. Toute politique qui entend promouvoir l’interruption volontaire de grossesse ou l’utilisation de substances abortives sous couvert de contraceptifs court au désastre. Ce sont des politiques qui menacent le droit à la vie à l’endroit même où celle-ci est le plus en sécurité, soit le ventre de la mère, menaçant la santé de la femme qui a érigé en elle un sanctuaire et une demeure pour son enfant.

Il est évident que ce genre de politique n’est pas au service de la santé, ni des enfants, ni de leurs mères non des familles, mais se transforme en violence contre les femmes, les enfants et la famille.

Le Saint-Siège a dit clairement quel était son point de vue, mettant en discussion l’expression, vague et ambigües, de « santé reproductive » contenue dans le document. Pour le Saint-Siège, le terme « santé sexuelle et reproductive » devrait s’appliquer à un concept holistique de la santé qui considère la personne dans sa totalité (esprit et corps), encourage à la maturation personnelle dans la sexualité et dans l’amour réciproque et au processus décisionnel qui caractérise la relation conjugale selon les normes de l’ordre moral naturel.(...)

Les organisations religieuses exercent un rôle fondamental de solidarité avec les personnes plus vulnérables, pour donner la voix aux sans voix. Ne pas pouvoir promouvoir l’humanité comme centre du développement durable, serait un échec pour les institutions religieuses, car cela serait ne pas reconnaître la vraie nature de la personne dont la dimension spirituelle est innée, chez l’individu comme dans la société.

Il est important de comprendre que les pays pauvres et en voie de développement sont arrivés à la conférence avec beaucoup d’attentes. Ils ont demandé aide, solidarité et compétence, au niveau social, économique et financier, à leurs frères et sœurs des pays développés. Beaucoup ont été déçus par le document final. Les gouvernements doivent tenir leurs promesses, autrement un avenir prospère et meilleur restera un rêve pour les personnes les plus vulnérables du monde. (...)

Le monde a beaucoup changé depuis la première conférence de Rio, mais malgré les progrès, trop d’enfants sons encore sans nourriture, trop de familles victimes de catastrophes artificielles et environnementales, trop de personnes déprimées, déçues et résignées.

L’heure est venue pour les gouvernements de reconnaître que le développement durable part de la personne humaine et de la famille. Ceci est la manière de construire « l’avenir dont nous avons besoin ». C’est le chemin à prendre pour un vrai progrès. C’est le chemin vers un monde plus juste et équitable pour tous.

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