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Pourquoi nous ne faisons plus la distinction entre l’animal et nous

(Photo : charlotte 365 sur deviantart.com, licence creative commons)

De plus en plus de nos contemporains tombent dans une nouvelle adoration des animaux. Ceux-ci seraient les égaux des humains, nous ne serions que des animaux, comme les autres... Voici quelques pistes sur l'origine de cette confusion, tirée du livre d'entretien entre le philosophe Jean-Marie Meyer et le journaliste Patrice de Plunkett :

"Dans ce phénomène de confusion entre l’animal et l’homme, les médias ne sont qu’une chambre d’échos. Le culte de l’émotion, en revanche, joue un rôle central. Le climat de notre société est dominé par le marketing, qui nous répète que « nous  sommes nos émotions » - il n’est plus question d’idées ni d’idéaux. (…)

Or tous les reportages qui demandent des droits « humains » pour les animaux, prennent l’émotionnel comme point de départ. Ils nous disent que les grands singes sont « troublants », et que les chercheurs ont avec les animaux « une relation chargée émotionnellement »… (Vinciane Despret, psychologue à l’université de Liège) Ce n’est pas le registre de la science, c’est celui de la psychologie commerciale.

(…)

Le consommateur est invité à ne pas suivre sa raison, mais ses réactions affectives. Ce  qui bouge dans l’homme sous la pression publicitaire et  médiatique, ce sont exclusivement des émotions. Et l’émotionnel consiste à réagir à des stimulations extérieures

Or ce schéma rudimentaire : stimulation-réaction, c’est celui qui gouverne le  comportement animal! Voilà donc une question de plus : en réduisant l’être humain à des«  émotions », notre société de consommation ne fait-elle pas de lui un animal (de médias) ? (p.24-25)

Le marketing fabrique un  monde où l’homme n’ a  plus à partager que des « émotions ». Il doit les partager, lui dit-on, non seulement avec les autres humains, mais avec l’animal. Comme si l’animal ressentait les mêmes choses que l’homme ! Le cinéma joue là-dessus. (…)

Mais les années 1980-1990 marquent une rupture « culturelle », et même philosophique, à l’intérieur du règne de Disney.

À partir de cette époque, qui est celle du Roi Lion, les nouveaux films d’animaux ne feront plus appel à la même façon de voir. Disney (qui régente l’imaginaire « animalesque » dans le  monde entier) change de regard : le cinéma et le dessin animé ne vont plus se servir des animaux comme d’allégories pour parler des choses humaines à la manière des anciens fabulistes. Ils vont se mettre à vénérer la nature, que l’on croit désormais « meilleure » que l’humanité.

C’est réellement une rupture. Quelque chose d’essentiel est chassé de nos esprits : on ne veut plus que l’homme soit important, unique, exceptionnel. On ne veut plus qu’il soit le centre de ses propres préoccupations.,

Et ça, c’est sans précédent! Du vieil Ésope jusqu’à Lafontaine, les fabulistes avaient dit au contraire : « Je me sers d’animaux pour instruire les hommes. » (…)

La nature, dans ses fables, est un réservoir d’allégories. Ce n’est pas une source de vérités. Parce que le domaine du vrai et du faux ne concerne que l’homme…

Et dans Le Roi Lion ?

Là, on change d’univers mental. On se met à admirer les animaux pour eux-mêmes ! Le film reste une fable, un apologue ; mais le héros n’est plus l’animal en tant qu’allégorie de l’homme : maintenant, c’est l’animal en tant qu’animal ! Non seulement on s’attendrit sur la bête, mais celle elle qui devient le modèle à suivre – en tant que bête…

Désormais, l’admirable est l’animal. Ce n’est plus l’homme. Nous sommes ainsi dans le contraire de La Fontaine : c’est-à-dire dans l’idéologie du New Age.

Selon celle-ci, la vérité n’est pas dans l’homme mais dans la nature : Gaïa, la Terre, la Grande Déesse Mère. Et qui est le « prêtre » de cette déesse ? L’animal ! Voilà une espèce de religion, un culte inédit, un retournement total par rapport à la civilisation. Peut-être même une rupture avec  la civililsation. (p. 24-27) "

Ce texte est tiré de : MEYER, Jean-Marie, PLUNKETT, Patrice de. Nous sommes des animaux, mais on n’est pas des bêtes, éd. Presses de la Renaissance, Paris, 2007, 237 pages.

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