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Nous mourons dans un état d'extrême fatigue et de fragilité. Comment alors supporter la pression non verbale pour l'euthanasie?

Sur le site du journal Le Droit du 9 septembre 2013, cette réflexion d'un médecin de famille à la retraite :

(Comment pourra-t-elle se défendre si elle subit la pression de son entourage?)

 

 

(...) 
Plus forte demande
 
Ce qui est présenté à la population comme une sortie douce de la souffrance cache une autre douceur, soit un dérapage vers une accessibilité de plus en plus ouverte à l'euthanasie. L'expérience de la Belgique démontre que cette pente douce existe déjà dans ce pays en dépit de ce qu'affirment les protagonistes de l'euthanasie. Naïvement, nous pensons pouvoir décider librement de nos choix de fin de vie. Nous ne mourons pas seuls, mais dans une société qui influence nos choix, et surtout dans un moment d'extrême fatigue et de fragilité.
 
Lorsque l'euthanasie sera pratiquée de façon régulière, à moyen terme, il s'établira dans notre société une vision différente du "mourir". Lors de notre fin de vie, d'une façon insidieuse, nous verrons la santé différemment. Le mourant sera conscient de l'existence d'une option alternative et rapide au soulagement de la souffrance et du fardeau qu'il impose à ses proches et au système de santé. Les diverses instances de la santé trouveront une justification pour exercer de la pression visant à en finir avec une longue et exigeante fin de vie. Le mourant sera réceptif à son entourage et il entendra les sous-entendus, il verra les non-verbaux et comprendra l'invitation à réfléchir sur la possibilité de l'euthanasie.
 
Dans un tel contexte de souffrance et de fragilité, peut-on parler d'un choix libre? Le choix du mourant sera motivé surtout par la pression subtile et certaine de l'entourage et il y aura de plus en plus de demandes d'euthanasie.
 
Et la dignité?
 
Les protagonistes de l'euthanasie se sont armés d'arguments qui ne tiennent pas la route, ils invoquent la perte de dignité ressentie invoquée par le mourant comme une raison justifiant l'euthanasie. Il s'agit d'un faux argument, car la dignité est intrinsèque à l'être humain et au-delà de la dignité subjective. C'est notre liberté qui fonde notre dignité et jusqu'au dernier souffle nous avons la possibilité de renverser notre perte de dignité ressentie. La société ne doit pas rester indifférente à cette perte de dignité ressentie, elle a un rôle important à jouer, et elle est invitée à réagir à la souffrance de la fin de vie. La réponse se trouve tant dans la liberté du mourant que dans le concours de ses proches, de ses soignants, et de la société.
 
Dans mon expérience de soins de fin de vie, j'ai été témoin de renversements inespérés chez un mourant qui se reflétait dans le regard, dans l'attitude et le comportement. Une personne déprimée, désespérée, clouée au lit avec des incontinences et des plaies malodorantes pouvait retrouver une confiance dans la vie grâce à une constance des soins, donnés avec compassion, générosité et amour par un personnel dévoué. L'amour s'exprimait par les soins corporels rendus avec attention et délicatesse, avec un bon suivi de la médication tant par le nursing et le médecin et surtout par une attitude d'ouverture dans le respect du silence faisant place à l'écoute.
 
Un leurre
 
Pour répondre à une situation complexe et déchirante de fin de vie, l'euthanasie propose une solution simple et efficace, mais c'est un leurre. La fin de vie nous questionne au plus profond de nous-mêmes et la réponse à l'angoisse et la souffrance doit impliquer toute la société dans un mouvement d'ouverture et générosité envers les mourants.
 
Notre rapport malsain avec la souffrance et la mort est en cause. Nous devons avoir le courage de nous questionner et de corriger ce rapport afin de passer à un projet sociétal autrement plus constructif que l'euthanasie. Le respect de l'interdiction de tuer en vigueur depuis des siècles dans différentes civilisations fait partie de notre riche héritage et nous devons le léguer à notre succession et faire autrement serait une trahison et un appauvrissement de la société.
 
Dr Guy O'Reilly, médecin de famille de 1968 à 2007
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