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‘Nous avons été bénis de les rencontrer’: Les parents de triplés prématurés trouvent un sens dans l'impensable

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Par Pete Baklinski de LifeSiteNews - traduit par Campagne Québec-Vie

ROCKWOOD – Le docteur pratiquant l’ultrason eut un regard étrange. Le couple de nouveaux mariés se prépara pour ce qui sûrement allait être de terribles nouvelles.

“Maintenant, ne criez pas,” dit-t-il d’un ton mesuré…“Un, Deux, Trois…Triplés!”

Jason et Marie Taylor, tous deux dans la trentaine, s’étaient mariés quelque quatre mois avant, en mai  2012. Ils avaient hâte de commencer une famille depuis le début de leur amour, mais ils avaient décidé de poursuivre leur relation « selon la façon de Dieu », gardant le sexe jusqu’à ce que chacun ait promis à l’autre: ‘Je le veux’.

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C’était une boutade courante dans la famille étendue que si Marie devait  ‘‘rattraper’’ le nombre d’enfants de ses sœurs mariées, elle et Jason devraient avoir des jumeaux et des triplés.

Un mois après le mariage, le couple découvrit que Marie était enceinte. Maintenant à 11 semaines, ils étaient excités de voir leur petit - ou leurs trois petits comme il s’est avéré – grâce à la magie médicale de l’ultrason.

Jason et Marie étaient extatiques à la nouvelle de triplés. Jason fit un ‘high-five’ à Marie, qui était étendue sur le lit d’observation.

“Nous étions vraiment, vraiment excités,” avoua Jason à  LifeSiteNews lors d’une interview chez eux, la semaine dernière.

La première pensée du couple fut: “Bonté, qu’allons-nous faire avec autant de bébés…nous n’avons qu’un nombre limité de bras!”

L’ultrason révéla qu’il y avait deux filles et un garçon.  Les fiers parents les nommèrent Bernadette, Christine, et  Adam.

Lors d’une visite subséquente, des docteurs parlèrent aux parents d’une “réduction sélective,” mais le couple ne voulut rien entendre de cela. Même si  Marie était une infirmière, elle savait qu’on lui poserait la question et elle fut frappée du manque de délicatesse de cette offre qu’on élimine un de ses enfants.

“Ce fut troublant pour nous, qui avions vraiment désiré nos enfants.” dit Jason.

Le  couple commença à se préparer eux-mêmes, ainsi que leur maison pour les nouveaux arrivés en février 2013.  Trois couchettes furent achetées et tendrement placées dans la chambre à l’étage.

Le ventre de Marie grossit, grossit et grossit encore plus.

Chaque soir avant de s’endormir près de sa femme, Jason se penchait vers elle et parlait aux enfants à naître. « Hey Adam, Hey Bernadette, Hey Christina, j’anticipe de vous rencontrer. Je vous aime les amis! » Avant de partir au travail, il leur disait: « Prenez soin de votre maman! »

L’impensable

Mais le corps de Marie commençait à avoir de la difficulté à s’adapter aux demandes des trois vies florissantes en elle. Elle vécut des maux de tête sévères, ainsi que des palpitations cardiaques et des douleurs à la poitrine si elle en faisait trop. Elle fut accablée de sévère reflux gastrique. Une journée, alors qu’elle s’affairait à rédiger des notes de remerciements pour le mariage, elle s’évanouit soudainement. Lorsqu’elle revint à elle-même, elle finit par appeler Jason pour de l’aide.

Malgré les difficultés de santé de Marie, un ultrason du 13 novembre révéla que Marie et les bébés allaient assez bien. A 22 semaines, Marie mesurait plus comme une femme enceinte à 35 semaines.

Mais le jour après cet ultrason, Marie commença à ressentir de petites douleurs aigües au travers de son abdomen qui devinrent de plus en plus régulières. En soirée, le couple décida de se rendre à l’hôpital pour voir ce qui se passait.

En arrivant à l’hôpital, le couple fut incrédule quand les docteurs dirent à Marie qu’elle était dilatée à quatre centimètres et que le travail était commencé.  Le jeune couple s’accrocha à l’espoir que les docteurs pourraient faire quelque chose pour empêcher le travail de se développer davantage tout en assurant la sécurité des bébés.

Mais le travail progressa encore. Les docteurs annoncèrent que les bébés étaient en route.

A 22 semaines, les minuscules  triplés n’avaient que peu de chance de survie. Non seulement leur développement en gestation était ralenti du fait que c’était des triplés, mais leurs petits poumons n’étaient pas suffisamment développés pour qu’ils respirent. Comme infirmière, Marie savait que les efforts de ventilation de poumons sous-développés pouvaient les faire exploser, causant une mort immédiate. Les docteurs dirent aux parents qu’à la naissance, les bébés n’auraient pas le bénéfice d’une intervention médicale.

Alors que Jason se tenait debout aux côtés de sa femme, témoin de l’impensable cauchemar qui se déroulait devant ses yeux, il pensa soudainement qu’il avait accordé toute son attention à Marie. Il réalisa que ses enfants à naître étaient probablement aussi effrayés par ce qui arrivait que lui et Marie. Le jeune père se pencha et ému, réconforta ses enfants avec les mots d’amour qu’ìl leur avait dit si souvent. « Hey, je vous aime les amis...j’ai hâte de vous rencontrer. »

Les parents se préparèrent à accueillir leurs enfants et à passer le plus de temps possible avec eux.

Les triplés sont nés aux petites heures du 15 novembre, chacun pesant entre 360 et 450 grammes, moins d’une livre chacun.

« Ils arrivèrent plein de vie et bougeant à plein, » a dit Jason. « Je gardais espoir qu’ils pourraient devenir les seuls triplés nés à 22 semaines de tous les temps, mais ils faiblirent rapidement. »

Malgré la profonde tristesse d’avoir à laisser partir leurs enfants, les parents étaient émerveillés par le fait que leurs petits enfants étaient parfaitement formés, avec de parfaits petits nez, des petits orteils, des doigts délicats, des ongles, et surtout, des visages magnifiquement attirants.

« Nous les portions. Nous avons eu le temps de les étudier, et nous avons vraiment senti que nous les avons connus un peu, » dit Jason.

Bientôt, la famille élargie est arrivée à l’hôpital en appui à Jason et Marie, pour les aider à dire adieu aux trois enfants. Une infirmière prit les empreintes des pieds. Les enfants furent munis de petits chapeaux et emmitouflés de vêtements colorés.

Pour  Marie, c’était un impossible mélange d’émotions: “Nous ne faisions que tenir les bébés. Nous pleurions. Nous les regardions. Nous les étudiions. Nous leur parlions. Nous les avons baptisés. Et...nous les avons aimés.”

Bernadette, Adam, et Christine ont été aimés, respectés et chéris pour chaque moment de leur vie de quatre heures.

Recherche de sens

Immédiatement après la mort des enfants, Jason et Marie se demandèrent quoi faire avec les restes. Ils se demandaient si l’hôpital les laisserait prendre les corps. 

Le père de Marie vint à leur secours: “Bien sûr,  nous devons leur offrir des funérailles appropriées”, a-t-il dit. “Ils ont vécu une vie, comme tout le monde. Ils sont nés, ils ont été baptisés, ils ont vécu, et ils sont morts.”

Le frère de Marie fabriqua un cercueil de bois avec trois croix sur le dessus. Les enfants qui avaient grandi, vécu et qui étaient morts ensemble seraient maintenant placés ensemble dans leur lieu de repos final.

Jeff Gunnarson, de Campaign Life Coalition, assista aux funérailles. Il a dit à LifeSiteNews qu’au cimetière, il fut “profondément ému” d’entendre le témoignage de Jason au sujet de la vie de ses enfants, ajoutant qu’il n’y avait pas un œil sec dans l’assistance.

“Jason expliqua aux gens rassemblés que la vie de ses enfants était précieuse,” a-t-il dit. “Il mentionna les ongles délicats de ses filles et la belle courbe du petit menton de son fils. Il a dit qu’à ce si jeune âge, chacun des enfants démontrait déjà des traits distinctifs de leur personnalité. Il fit réaliser que chacun avait sa propre vie irremplaçable.”

“Croyez-moi: quiconque dans cette foule ayant un brin d’indifférence quant à la valeur de la vie d’un bébé de 22 semaines aurait quitté les lieux en reconsidérant une position pro-choix. Jason faisait réaliser comment merveilleusement faits sont ces petits humains, enfants de Dieu. Il a été capable de voir dans ce sérieux et triste moment de l’enterrement de ses enfants bien aimés un rayon pro-vie d’espoir, qui apporta des larmes à nos yeux et nous rendit reconnaissants d’être témoins d’un amour aussi grand.”

Un témoignage à la vie

Comme tous les parents qui ont eu à enterrer leurs enfants, Jason et Marie se retrouvent avec la question « pourquoi? ». Lors des jours sombres, ils se retrouvent à implorer Dieu pieusement, lui demandant pourquoi il a permis cette douleur, ce deuil, cette souffrance, cette perte.

Le pire moment de Marie fut de se réveiller au milieu de la nuit directement après la perte. Comme les évènements du récent cauchemar s’abattaient sur elle, elle réalisa soudainement qu’elle n’était plus enceinte. « J’ai vraiment senti le désespoir quand je me suis demandé comment quelque chose de bon pourrait sortir de tout cela, » a-t-elle dit.

Les parents se trouvèrent dans leur foi, recherchant des réponses à ces questions difficiles.

« Nous ne savons pas pourquoi nous n’avons pas pu les garder, » a dit Marie, “mais quelle qu’en soit la raison, Dieu a permis qu’ils nous soient enlevés. Nous avons la foi qu’ils sont maintenant au ciel, tournés vers le bas, et essayant de nous tirer au ciel, tous les deux, vers eux pour les accompagner. Nous croyons que nous avons trois petits anges en haut qui intercèdent pour nous, pour que nous soyons là nous aussi un de ces jours.”

Au lieu de se concentrer sur leur perte, les parents ont décidé de se concentrer sur leurs bienfaits. « S’il y a une chose, ces bébés sont  un témoignage à la vie. C’est ce qu’ils doivent être. C’est ce que nous devons en faire, » a dit Marie.

Malgré leur peine et leur perte, les parents ne souhaiteraient jamais regretter la vie de leurs enfants. Ils savent que leur peine et leur perte n’ont pas le dernier mot.

Les triplés ont déjà fait une différence dans la vie de tous ceux qui les ont connus. Les voisins sont venus ensemble apporter leur support à Jason et Marie. Les membres de la famille ont dépassé leurs différences mineures et ont trouvé un terreau commun. La foi en Dieu et les liens familiaux ont été renforcés. Les cœurs froids ont été réchauffés.

« Étrangement, les cœurs sont changés juste à voir leur vie, » a dit Jason.

« L’espoir et la prière” de Jason et Marie sont que le partage de cette expérience puisse “encourager » les autres qui font face à des choix difficiles.

Ils ont produit un émouvant témoignage vidéo en mémoire de leurs triplés. Les parents ont écrit et enregistré une chanson entraînante et bien sentie qui accompagne leur histoire, racontée en textes et photos. La vidéo sur You Tube a déjà été visionnée près de 3500 fois.

« On espère que nos bébés feront une différence, même si ce n’était que de redonner force et volonté d’affirmer aux gens qui militent dans le mouvement pro-vie, » a dit Jason.

M. Gunnarson a appelé le témoignage des Taylors « courageux et renversant, » en disant qu’ils ont montré à tous qu’amener des bébés de 22 semaines dans le monde, même s’ils ne peuvent vivre plus de quelques heures, est la chose naturelle, saine et aimante à faire.

« Ils les ont nommés, ils les ont baptisés, et ce qui importe le plus, ils les ont aimés, » a-t-il dit.

Pour  Jason et  Marie, leurs enfants demeureront toujours un précieux souvenir. Toute personne qui écoute leur histoire les entendront dire: « Nous avons été bénis de les rencontrer ».

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