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Marie Plourde, Louise Latraverse, Paule Baillargeon, Claudia Larochelle : quatre femmes qui ont subi un avortement

Sur le site du Journal de Montréal du 20 mars 2013, un article de Sophie Durocher:

 

(Marie Plourde)

 

Qu’est-ce que Marie Plourde, Paule Baillargeon, Louise Latraverse et Claudia Larochelle ont en commun ?
 
Ces quatre femmes se sont déjà fait avorter. Un jour. Il y a longtemps. Mais elles ne l’ont pas oublié.
 
Elles ont accepté de poser pour une photo de groupe et de témoigner de leur expérience dans un reportage coup de poing, mis en ligne hier soir, sur le site du magazine Châtelaine.
(...)
 
Pour Marie Plourde, avorter fut une décision difficile à prendre. Et elle a souffert de l’indifférence du personnel médical : «Il n’y a pas eu de paroles réconfortantes. Seulement un acte chirurgical distant. Quand ç’a été terminé, le médecin est sorti et a dit à l’infirmière que ç’avait été pénible, que j’avais pleuré tout le long. Il m’a trouvée fatigante, c’était une évidence.»
 
Pour Paule Baillargeon, «on n’oublie jamais qu’on s’est fait avorter. La présence de cet enfant hypothétique demeure. On se demande quel âge il aurait, à quoi il ressemblerait, si c’était une fille ou un garçon.»
 
Louise Latraverse, elle, se souvient avec émotion du Dr Morgentaler : «Il y avait une bonté indescriptible dans les yeux de cet homme-là. On sentait qu’il luttait pour une cause. Il ne pratiquait pas ce genre d’intervention pour l’argent. Il voulait vraiment que les femmes soient libres de faire ce qu’elles veulent de leur vie et de leur corps. Et c’est pour cette raison que j’ai milité en sa faveur lorsqu’il a été arrêté, peu de temps après.»
 
GOLDWATER ET SENÉCAL PAS D’ACCORD
 
Mais ce dossier n’est pas fait que de témoignages de femmes ayant subi l’interruption de grossesse. On y trouve aussi l’opinion de Guy A. Lepage, ma position sur le sujet, et deux opinions diamétralement opposées : celles de l’avocate Anne-France Goldwater et de l’écrivain Patrick Senécal, La bouillante Anne France Goldwater affirme : «L’avortement doit demeurer le choix de la femme. L’État n’a rien à dire là-dessus, les hommes non plus.»
 
Alors que Patrick Senécal a une tout autre opinion. «Moi, quand j’entends des histoires de femmes qui en sont à leur troisième ou à leur quatrième IVG, je trouve ça irresponsable.» Il affirme qu’il est pour l’avortement, mais il précise : «Comme société, il faut poser nos limites et se poser les bonnes questions, comme : jusqu’à quand peut-on avoir recours à un avortement? À partir de quand un fœtus peut-il être considéré comme un être humain?»
 

Si Patrick Sénécal avait une formation scientifique, il poserait plutôt la question « À partir de quand un être humain au stade de foetus peut-il être considéré comme une personne? » Et la réponse va de soi. À part pour les nostalgiques d'une classe supérieure définissant qui peut être accepté comme « personne » et qui ne reçoit pas ce label, tout être humain, dès lors qu'un ovule fécondé devient une nouvelle entité de 46 chromosomes, est une personne, unique au monde.

 

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