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Le vocabulaire sur l'euthanasie et le suicide assisté

Dans le journal La Presse du 20 juin 2012, parmi les commentaires, celui très intéressant de Louis Dugal, secrétaire du Comité d'éthique du Réseau des soins palliatifs du Québec:

 

Attention à tous, deux débats sont en train de se chevaucher ici. Même s’ils sont entremêlés dans les faits, il conviendrait, je crois, de les discuter séparément.
Il y a d’abord la terminologie. Clarifions le terme d’euthanasie, par exemple. L’euthanasie est l’acte de causer la mort par compassion, de tuer une personne pour lui épargner des souffrances – un meurtre avec une intention humanitaire, si on veut. Le terme «aide médicale à mourir» dit cette réalité, mais en atténuant son essence, ce qui fait sa particularité : le meurtre, le fait de donner la mort.
Je ne traiterai pas d’autres termes ici dans ce blogue.
Une chose est sûre, il est important ici de ne pas utiliser d’euphémismes, non pas pour condamner ou excuser, mais pour s’entendre sur ce dont on parle. L’euthanasie EST violente, même si elle est inspirée par la compassion. Le suicide EST violent, même s’il est peut-être un droit incontesté de la personne.
Parler d’«aide médicale à mourir» s’appuie sur une foule d’imprécisions. J’en relèverai deux.
La première est que tout le personnel soignant qui s’occupe d’une personne en fin de vie, qu’elle le soigne ou qu’elle le tue, l’aide à mourir. Aider quelqu’un à mourir, c’est l’aider à faire face à cette épreuve qu’est la mort, jusqu’à ce qu’elle arrive – naturellement ou «activement».
La seconde est reliée à ce phénomène: où commence la mort? On commence à mourir dès qu’on est en vie! Dans ce cas, la mort, est-ce le moment final de la vie où le système nerveux s’éteint, ou le long processus de déterioration des fonctions vitales? Dans le premier cas, l’aide médicale à mourir signifie l’euthanasie; dans le second signifie l’accompagnement des personnes dans leur processus de vieillissement, qui peut commencer autant à 40, qu’à 50, qu’à 60 ou 80 ou 90 ans selon les personnes – selon l’aide et le soin dont elles ont besoin pour faire face à l’épreuve de la fin de la vie. On peut être en santé et avoir besoin d’aide médicale à mourir, c’est-à-dire à faire face à au phénomène de la mort – sans nécessairement avoir besoin d’euthanasie.
Vous voyez j’espère qu’en parlant d’«aide médicale à mourir», on dit plus qu’un euphémisme : on ouvre la voie à des interprétations juridiques, psychologiques, morales, et autres qui ne règlent absolument rien au débat auquel on doit faire face. Je ne suggère pas son issue, mais dis seulement qu’il ne peut plus y avoir de débat si les mots peuvent dire une chose et son contraire.

Le second problème est celui des lois. Je serai plus court ici. On parle beaucoup de droits individuels dans l’épreuve de la mort. Il est vrai que la mort est, biologiquement tout le moins, un phénomène strictement individuel. Mais, par la nature de l’homme, elle est également un phénomène social. Oui, on meurt seul ; mais on ne meurt jamais seul NON PLUS. Il y a toujours des personnes dans notre entourage (quand on a la chance d’en avoir un), dans une équipe médicale ou même dans la société au sens large (par le biais des lois et de la jurisprudence) qui sont impliqués dans le phénomène de la mort – aussi individuel qu’il puisse rester. Il ne faut pas occulter le fait que notre mort aura des répercussions importantes sur nos «survivants» ; famille, médecins, infirmières, colocataires d’hôpitaux ou futurs mourants vivront les conséquences de notre mort. Se donner individuellement le droit à l’euthanasie et au suicide assisté, c’est donner à certains l’obligation de donner la mort (personnel soignant) ou même la possibilité d’y penser (famille). Ce sont aussi les effets destructeurs de telles possibilités auxquelles il faut penser quand on fait le choix de la terminologie pour parler de la mort et de ce qui l’entoure.
Les mots ne sont pas innocents – ne leur faisons pas porter en plus la responsabilité de la mort des plus vulnérables.
 

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