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Le philosophe Peter Singer aurait préféré un avortement...

Sur le site de libre.be du 3 juillet 2013, cet article du père Stéphane Seminckx, docteur en médecine et en théologie :

(Peter Singer, promoteur des «personnes» non humaines, défenseur de l'avortement des humains «non personnel»...)

 

 

Dans l’article "La question de Beatriz" (LLB du 18-6-13), Peter Singer pose la question : "est-il toujours mal d’ôter la vie à une personne innocente ?" L’Eglise catholique répond oui, Singer prétend que non. Qu’en est-il ?
Peter Singer évoque le cas récent d’une jeune femme salvadorienne, souffrant de lupus érythémateux, enceinte d’un fœtus anencéphale, et dont la vie aurait été menacée par cette grossesse. Une particularité du cas est le fait que l’anencéphalie provoque souvent la mort du fœtus avant la naissance; s’il vient à naître, l’enfant meurt rapidement.
 
Pour Peter Singer, il est évident que, dans ce cas, on peut et on doit pratiquer l’avortement pour sauver la mère. Il signale que les tribunaux salvadoriens et la Cour Suprême en ont jugé autrement, s’appuyant sur l’interdit absolu de l’avortement. Finalement Beatriz a été autorisée à subir une césarienne avant terme, qui a été présentée, non comme un avortement, mais comme une "naissance provoquée". Le nouveau-né est mort cinq heures plus tard. Pour Singer, tout cela est profondément absurde.
 
Ce qu’il ne dit pas, c’est que l’on avait conseillé l’avortement à Beatriz, déjà malade, lors de sa première grossesse, que celle-ci a refusé, et que tout s’est bien passé. Ce qu’il ne dit pas, c’est que la Cour constitutionnelle a interdit l’avortement mais a recommandé de tenter de sauver la vie tant de la mère que de l’enfant. Ce qu’il ne dit pas non plus, c’est qu’un collège d’experts a signalé au Tribunal que la pathologie de la mère n’était pas grave au point de craindre sa mort imminente. Ce qu’il omet de signaler aussi, c’est que la solution adoptée, à savoir la naissance provoquée par césarienne, à la 27ème semaine de grossesse, était conforme à la sentence de la Cour Constitutionnelle.
 
Dans l’affaire "Beatriz", Singer croit avoir découvert une faille dans l’absolu moral, exprimé par le cinquième commandement : "Tu ne tueras pas". En fait, le professeur de bioéthique ne voit pas la différence entre "avortement" et "accouchement induit avant terme ayant entraîné involontairement la mort du fœtus". La distinction semble, certes, subtile mais en tout cas, pour la dignité de la personne humaine, elle est d’une portée immense.
 
L’un des fondements de la dignité humaine est le sens moral, c’est-à-dire la capacité de discerner dans un agir concret sa raison de bien ou de mal. Le théologien C. Caffarra décrit ce sens moral à partir de l’exemple de Thomas More : ce que ce dernier a perçu, "quand il a senti qu’il ne pouvait pas signer [l’acte de suprématie], a été la beauté intime, la vérité, la splendeur, non de son être ou ne pas être Chancelier du Royaume, de son être époux ou père, de son être citoyen anglais, mais simplement de son être-personne". On nous rétorquera que, dans le cas de Beatriz, l’avortement et l’accouchement induit avant terme ont mené au même résultat : la mort du fœtus.
 
Certes, le résultat est le même. Cependant, la moralité d’un acte ne se mesure pas en première instance à son résultat, mais à ce qu’on appelle son "objet". L’objet, en morale fondamentale, est l’acte lui-même, en tant qu’il est perçu par son auteur sous l’angle de ce qu’il "veut faire" à travers cet acte.
 
C’est pourquoi il y a une différence essentielle entre le fait de tuer le fœtus anencéphale et le fait d’anticiper sa naissance, pour le bien de sa mère, tout en assumant qu’il n’est pas viable (cette non-viabilité du fœtus est un simple constat et non la conséquence du vouloir du médecin).
 
(...)

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