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L’Utah déclare la pornographie une « crise de santé publique » alors que le gouverneur signe une résolution

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Par Ben Johnson de LifeSiteNews - traduit par Campagne Québec-Vie

L’Utah est le premier État des États-Unis à déclarer que la pornographie engendre une « crise de santé publique ».

Le gouverneur Gary Herbert a signé une résolution non contraignante, la S.C.R. 9, dans laquelle on reconnaît que la pornographie peut altérer le développement cérébral, augmenter la fréquence des comportements sexuels dangereux et créer une dépendance sexuelle.

« Ce que nous faisons, c’est sonner l’alarme, a dit Herbert à une conférence de presse tout juste avant que l’on signe le projet de loi, à 10 h, heure locale. Il y a de vrais risques pour la santé associés à la consommation de la pornographie ».

Le sénateur d’État Todd Weiler, qui présente la résolution, s’est joint à de nombreux experts qui disent aborder la pornographie non dans son aspect moral, mais plutôt en le voyant comme un danger pour la santé publique.

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« De nombreuses études font maintenant le lien entre l’usage de la pornographie et de graves conséquences pour la santé mentale et les rapports humains, ainsi que des attentes et pensées néfastes quant aux relations sexuelles et à l’intimité », dit le Dr Brian Willoughby, professeur de vie familiale à l’Université Brigham Young.

Ses propres recherches ont relié le fait d’être exposé dès le jeune âge à la pornographie et « une probabilité augmentée de comportements qui sont à la fois compulsifs et qui entraînent une dépendance ».

Une étude démontre que les filles qui regardent la pornographie avaient cinq fois plus de risques de s’adonner à des activités sexuelles en groupe que celles qui ne la regardent pas.

On prouve dans des scanographies cérébrales que regarder de la pornographie stimule le système de circuits relié à la récompense, de la même manière que le font l’alcool et les drogues toxicomanogènes, en libérant de la dopamine. Cela peut à son tour faire rétrécir le cortex préfrontal, engendrant l’« hypofrontalité », trouble qui en est le résultat et qui augmente la difficulté à maîtriser les impulsions.

On a aussi associé la consommation compulsive de la pornographie avec la dysfonction érectile.

Mais le spectateur n’est pas seul à souffrir.

Jennifer Brown, médecin et membre de la Coalition de l’Utah contre la pornographie (anglais : Utah Coalition Against Pornography), a dit que la pornographie « est à l’origine de nombreux crimes odieux, tels l’abus et l’agression sexuels et la traite des personnes ».

De même, en décembre dernier, une étude a démontré que ceux qui regardent régulièrement la pornographie sont plus à risque de violer, de harceler sexuellement ou d’intimider physiquement ou verbalement une autre personne afin d’« obtenir des faveurs sexuels ».

Dans une autre étude on a découvert que les consommateurs de la pornographie se préoccupent moins du trafic sexuel que les non-consommateurs.

Dawn Hawkins, du Centre national d’étude sur l’exploitation sexuelle (NCOSE, de son sigle en anglais), mentionne que la pornographie fait partie d’un ensemble « intégral » de toutes les formes de violence sexuelle.

Mary Anne Layden, psychologue et directrice du Programme sur les traumatismes sexuels et la psychopathologie (anglais : Sexual Trauma and Psychopathology Program) de l’Université de Pennsylvanie, révèle à Life Site News qu’il n’y a aucune « ligne de démarcation claire » qui sépare l’abus des enfants, le trafic sexuel et la pornographie ; tous s’influencent mutuellement.

« L’âge moyen auquel on devient prostitué juvénile aux États-Unis est de douze ans, dit-elle. Nous l’appelons enfant prostitué jusqu’au lendemain de son dix-huitième anniversaire, après quoi c’est simplement un adulte qui consent aux rapports sexuels ». La pornographie est l’étape suivante, offrant un revenu plus élevé pour le même service, qui souvent trouve sa racine dans le revécu de traumatismes reçus à l’enfance.

Pour souligner ce lien, le gouverneur Herbert a signé un deuxième projet de loi, qui demanderait aux techniciens en informatique d’informer de toute pornographie juvénile qu’ils trouvent au cours de leur travail. Le non-respect de cette ordonnance constitue maintenant un délit « de classe B ».

« L’Utah est maintenant à la pointe de la réponse à la crise de santé publique qu’est la pornographie, affirme Hawkins. Les méfaits de la pornographie deviennent de plus en plus évidents grâce aux importants résultants en recherche scientifique et sociale – recherche qui démontre que des résolutions comme celle de l’Utah sont essentielles à la santé sexuelle des futures générations. »

En déclenchant un tel débat, l’Utah suit l’exemple du Royaume-Uni, où la découverte que la consommation de la pornographie chez des milliers d’enfants les a convertis en prédateurs sexuels juvéniles, a engendré de nombreuses discussions publiques sur les ravages de cette pratique.

Le groupe de discussion a suggéré d'obliger les usagers d’Internet de s’engager à visionner de la pornographie, plutôt que de s’engager à l’éviter, comme solution de fortune pour empêcher que les mineurs aient accès aux images de pornographie hardcore. À un moment, le sénateur Weiler a même demandé de l’assistance à l’industrie pornographique.

Le sénateur Orrin Hatch a applaudi le gouverneur d’avoir fait avancer le débat, en gazouillant ainsi : 

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(traduction : Félicitations au @GouvHerbert, au @gopTODD et à d’innombrables autres pour avoir fourni de bonnes directives à cette question pressante.)

Bien que l’industrie pornographique soit profondément enracinée – presque un tiers de la totalité du trafic Internet y est lié – les intervenants avaient bon espoir que « ce projet de loi ne soit que le début ».

Aucun financement n’est affecté à la résolution, et elle ne demande aucune action particulière, mais le sénateur Weiler espère qu’elle mènera à des études plus poussées sur les effets de la pornographie autant sur les mineurs que sur les adultes.

« Je crois que la pornographie, dans la perception publique, finira par y occuper la même place que l’industrie du tabac », dit Hawkins. « Aujourd’hui la pornographie est populaire et très répandue, comme l’était le tabac dans les années 1950, mais plus les torts deviennent apparents, plus les représentants élus et le grand public exigeront que l’on mette en œuvre une approche multidisciplinaire de santé publique à échelle nationale pour s’en occuper. »

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