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L’euthanasie des enfants est désirée au Québec, porte d’entrée des euthanasies sans consentement, comme c’est le cas en Belgique

euthanasie_des_enfants.gifNous avions rédigé un article sur le fait que la Commission des droits de la personne du Québec recommande l’euthanasie des enfants. Rappelons cette citation :

Voici un extrait du mémoire de la Commission des droits de la personne, à la page 22 :

Les balises qui rendent inaccessible l’aide médicale à mourir aux personnes mineures risquent de porter atteinte à leurs libertés et droits fondamentaux en l’occurrence le droit à la vie, le droit à l’intégrité, le droit à la sûreté, le droit à la liberté de sa personne, la liberté de conscience, le droit à la sauvegarde de sa dignité et le droit au respect de sa vie privée. La Commission doute que ces atteintes puissent être sauvegardées en vertu de l’article 9.1 de la Charte. Des règles plus en phase avec les règles actuelles de consentement aux soins pour les personnes mineures, mais qui tiennent compte du caractère spécifique et irréversible de l’aide médicale à mourir, seraient mieux à même de satisfaire au critère de l’atteinte minimale. La Commission invite donc le législateur à ouvrir la possibilité de recourir à l’aide médicale à mourir aux personnes mineures, moyennant le développement de mécanismes de consentement appropriés.

Refuser une injection létale à un enfant est une atteinte à son droit à la vie selon la Commission... Sans commentaire...

Mais ce que ne dit pas la Commission, c’est que l’ouverture de l’euthanasie aux enfants n’est pas une simple extension du droit à une catégorie supplémentaire de personnes, en attendant que tous y aient accès. Ce qui se joue ici est beaucoup plus grave.

Les Belges qui ont légalisé l’euthanasie des enfants ont réfléchi à cette question et leur expérience nous ouvre des perspectives cauchemardesques. Un petit livre de Drieu Godefridi , juriste et docteur en philosophie, apporte un éclairage très troublant sur ce qu’il appelle, « l’horreur législative ». En voici quelques extraits :

« (…) l’euthanasie du mineur est désormais légale, en Belgique, aux conditions suivantes : 1) Le mineur est doté de la capacité de discernement, attestée par un psychologue; 2) Le mineur demande son euthanasie; 3) Le mineur se trouve  dans une situation médicale sans issue entraînant le décès à brève échéance ; 4) Le mineur fait état d'une souffrance physique constante et insupportable qui ne peut être apaisée et qui résulte d’une affection accidentelle ou pathologique grave et incurable; 5) Il faut l’accord de ses représentants légaux et de deux médecins. »

L’auteur note : 1 — Que

« Si le psychologue refuse d’attester la capacité de discernement du mineur, la loi n’interdit pas au médecin de consulter un autre psychologue, au besoin un troisième. » (p.23)

2-De même pour les médecins

« À supposer que l’autre médecin ne s’accorde pas avec la demande de son collègue, celui-ci sera-t-il empêché d’en consulter un troisième? De plus, il est à noter que la qualité d’indépendance ne fait pas l’objet d’un contrôle spécifique (…) » (p. 21-22).

3-Sur la souffrance :

« la question se pose de savoir si la souffrance d’un enfant n’est apaisable que par l’euthanasie. À ce sujet, voici le texte que publiaient une quarantaine de médecins pédiatres durant le débat parlementaire : “Dans l’état actuel de la médecine, les moyens pour apaiser la souffrance sont largement disponibles dans notre pays, bien plus que dans la plupart des autres pays. Il est évident aujourd’hui qu’aucun patient, et donc aucun enfant, ne devrait souffrir. Il doit aussi être renoncé à toute forme d’acharnement thérapeutique médical, moyennant une opportune et progressive désescalade thérapeutique, de façon à ne pas prolonger inutilement la vie dans des circonstances pénibles. Par ailleurs, nous sommes aujourd’hui en mesure de contrôler parfaitement la douleur physique, l’étouffement ou l’angoisse à l’approche de la mort. Les équipes de soins palliatifs pour enfants reconnues sont parfaitement aptes à soulager la douleur, tant en hôpital qu’à domicile.” (p.29-30)

Ce que réaffirme également les pédiatres américains, qualifiant la possibilité d’une souffrance de l’enfant dans les unités de soins pédiatriques modernes de “tragédie inexcusable” et que tous les enfants doivent avoir accès à des soins palliatifs appropriés. (A.M. Siegel, D.A. Sisti, A.L. Caplan, “Pediatic Euthanasia in Belgium. Disturbing Developments », JAMA, 17 avril 2014 (p. 79)

4— Sur la demande par écrit de l’enfant, de l’euthanasie, avec ironie :

“On devine le soin de bénédictin qu’apporterait l’enfant qui, le cas échéant, ne sait pas écrire, ni même lire, à sélectionner, pour le représenter, une personne majeure qui n’a aucun intérêt matériel à son décès, tout cela alors qu’il est lui-même, et par hypothèse, en passe de succomber.” (p. 24)

5-Sur la capacité de discernement de l’enfant et sur sa maturité :

“Depuis la plus haute antiquité juridique, il est reconnu que les enfants sont précisément dénués de la capacité de discernement (cfr. Infra) Au point de vue matériel comme juridique, enfants et adultes ne se trouvent donc en aucune façon dans des situations comparables.” (p.32-33)

“Qu’un enfant confronté à la plus cruelle des maladies – celle qui l’emportera, lui, enfant – soit amené à approcher des réalités qui resteront longtemps étrangères à la plupart des enfants de son âge, n’est pas contestable. Mais comment concevoir que la maladie possède, par elle-même des vertus éclairantes? Comment soutenir que la souffrance ferait croître, dans le sein de l’enfant, cette maturité que le Larousse en ligne définit comme ‘sûreté dans le domaine du jugement, de la réflexion’? Si la souffrance obscurcit le jugement de l’adulte, comment concevoir qu’elle éclaire celui de l’enfant?” (p.34

Il reprend également cette citation ironique :

“Pour des bêtises comme les élections, l’âge peut être un critère; pas pour des choses importantes comme la vie et la mort.” (Sénateur Rik Torfs) » (p.42)

“Pourtant d’une logique imparable, dès lors qu’est concédée sa capacité de discernement, l’idée d’euthanasier un enfant contre l’avis de ses parents ne fut pas retenue. Gageons que ce n’est que partie remise, les esprits n’étant pas encore disposés à cette nouvelle ‘extension’ de la législation belge sur l’euthanasie.” (p. 48)

Si dans les faits, l’enfant n’a pas le jugement ni la maturité pour offrir un réel consentement, qui le lui insufflera?

Le sénateur Brochi, l’un des principaux artisans de la loi permettant l’euthanasie des enfants en Belgique, s’est échappé sur ce sujet…

“Si je vois que le cerveau du nouveau-né n’est qu’une tumeur infiltrante et qu’il n’y en a partout, je suis désolé, je suis pour l’euthanasie, je suis très clair à ce niveau-là.” (p. 47)

On le voit, les partisans de l’euthanasie en sont déjà à discuter sur qui l’on pourra euthanasier, sans que l’idée d’un consentement nécessaire ne vienne à l’esprit. Pour l’enfant, on a dû faire semblant de tenir compte de son consentement et de sa capacité de discernement. On a mis dans la loi belge, l’obligation de lui parler de son consentement. Des séances de placotages avec psychologues, médecins et familles. Aucune vérification sur les intérêts et l’indépendance de chacun des interlocuteurs par rapport à la vie ou la mort de l’enfant

“(…) la loi ne stipule en aucune façon les critères objectifs qui devront être mis en œuvre pour apprécier la capacité de discernement de l’enfant.” (p.51)

“(…) ces définitions et critères seront librement redéfinissables dans chaque cas;” (p. 52)

Comme au Québec, on prône la confiance aveugle dans le jugement des médecins et psychologues. L’auteur réplique :

“Curieux raisonnement. Il ne s’agit évidemment pas de jeter une quelconque forme de discrédit sur la corporation des médecins belges. Seulement d’interroger l’angélisme de cette approche. Un reportage de la télévision belge de service public montrait, en 2012, qu’il existe, à Bruxelles, des médecins qui délivrent des certificats médicaux-minute, certifiant tout et n’importe quoi, pour la somme de cinq euros. Ce qui semble attester l’idée que tous les médecins belges ne seraient pas – le conditionnel s’impose – des anges; que les médecins sont des êtres humains, avec leur lot de menteurs, de corrompus, de coquins et de fripons.” (p.53-54)

6-Il peut donc arriver que l’intérêt des médecins, pour des raisons économiques, et l’intérêt des parents, ne soient pas les mêmes que ceux de l’enfant…

“N’est-ce pas de la naïveté d’exclure que certains médecins puissent se livrer à des combinaisons accommodantes avec des parents épuisés au triple plan nerveux, physique et financier par la maladie de leur enfant? (…) Le professeur Chris Van Geet, spécialisé en biologie moléculaire et vasculaire (KULeuven), soulignait lors de son audition au Sénat que, notamment dans le cas d’enfants malades chroniques, la demande d’euthanasie vient parfois de parents désireux de poursuivre leur propre existence : Sénat de Belgique, Commissions réunies de la justice et des affaires sociales, session 2012-2013, ‘Auditions euthanasie, pp. 13 et 27; corroboré par la sénatrice Cécile Thibaut : ‘ce sont souvent les parents qui sont demandeurs’, ibidem, p.26 et le professeur Herman Nys, chef du Interfacultair Centrum voor Biomedische Ethiek en Recht, KULeuven, ibidem, p.44. (…)

Même en fin de vie, même avec un entourage épuisé, un enfant a le droit de vivre. Qui, désormais, le lui dira?’ (p. 63)

Après l’euthanasie des enfants…

Avec l’euthanasie des enfants, sous couvert de la fiction d’une capacité de discernement sans limite d’âge, le législateur belge s’engage dans la voie d’une euthanasie qui se détache du consentement de son récipiendaire. D’aucuns exigent déjà qu’on franchisse le dernier pas. La loi du 28 février n’était pas plutôt votée qu’un médecin chef de service en vue réclamait la consécration légale de l’‘euthanasie non-demandée’, dans le cas de patients qui ne sont plus suffisamment conscients pour faire une demande explicite, même en l’absence d’inconfort, lorsque ces malades sont ‘sans perspective de récupération qui ait un sens.’ (p.68-69)

Avec la légalisation de l'euthanasie, la boite de Pandore est ouverte...

(Toutes les citations sont tirées de : GODEFRIDI, Drieu. L'euthanasie des enfants ou l'horreur législative, éd. Texquis, Bruxelles, 2014, 83 p.)

 

 

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