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Jacques Frenette (1940-2017) : le cerbère de l'Oratoire


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Jacques Frenette (à droite) en conversation à l'extérieur de l'Oratoire St-Joseph

Par Luc Gagnon

Monsieur Jacques Frenette a émis son dernier souffle le 2 avril dernier à Montréal. On ne reverra plus sur cette terre ce sympathique résident permanent des cafés de Côte-des-Neiges, son cher quartier de Montréal qu'il arpentait depuis une bonne trentaine d'années. Combien d'heures n'avons-nous pas discuté à refaire le monde et l'Église au milieu des volutes créées par la fumée de ses cigarettes, à la belle époque de la liberté où on pouvait fumer dans les cafés et où les conversations n'étaient pas interrompues par les stupides téléphones portables. M. Frenette pouvait discourir durant des heures jusqu'à très tard dans la nuit pourvu qu'il fût alimenté de café et de tabac, c'est d'ailleurs tout ce qu'il consommait dans ses journées, à part un muffin «du jour», en surplus, quand on lui en offrait un.

Il était généreux de sa parole et de son temps. C'est pourquoi on l'a surnommé « le philosophe de l'Oratoire » ou « le président de la république libre de Côte-des-Neiges ». Il était un improbable mélange de Diogène, Voltaire et Benoît-Joseph Labre. Un de ses quartiers généraux fit la cafétéria de l'Oratoire Saint-Joseph, d'où il fustigeait éloquemment la pleutrerie et le pharisaïsme des Pères de Sainte-Croix et de l'Église hiérarchique, qui avaient démissionné à bien des égards face à la modernité triomphante.

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Après avoir connu une période de désaffection religieuse dans la vingtaine et la trentaine comme de nombreux boomers, M. Frenette était revenu à la foi de son enfance avec ardeur dans les années 1980, particulièrement à la suite de la visite du pape Jean-Paul II au Canada en 1984 et à son discours aux prêtres du Québec à l'Oratoire Saint-Joseph, qui aurait dû être selon M. Frenette une boussole en vue de relancer l'évangélisation au Canada français. M. Frenette ne rêvait pas d'un retour illusoire à la société canadienne-française catholique des années 1950, qu'il avait connue et d'ailleurs rejetée avec son esprit hypercritique, mais il considérait que l'Église du Québec avait abandonné même l'essentiel comme la réalité du péché dans le monde, la nécessité de la confession, particulièrement sous forme individuelle et auriculaire, la transcendance divine, la défense de la vie humaine.

Il s'est grandement impliqué dans le mouvement Campagne Québec-Vie dès sa fondation en 1989 auprès de M. Gilles Grondin, diplomate retraité du gouvernement canadien. Il lui a apporté un fort appui intellectuel et organisationnel pour réveiller ce peuple canadien-français endormi par l'avortement et l'idéologie libéralo-féministe qui le menaient à une mort lente, mais sûre, à une sorte d'euthanasie nationale. C'était là le grand domaine d'intérêt et d'expertise de M. Frenette : soulever des débats de société, en mêlant la religion, la morale et la politique, mélange explosif qu'aimait bien agiter l'artificier de Côte-des-Neiges. C'est lui qui avait orchestré la question posée par M. Grondin à M. Jacques Parizeau, chef du Parti québécois, lors de la campagne électorale de 1989 à l'Université de Montréal au sujet de la contradiction fondamentale du PQ qui, d'une part, préconise la séparation du Québec et qui, d'autre part, favorise l'avortement des Canadiens français, unique base électorale qui pourrait appuyer l'indépendance du Québec; M. Parizeau avait alors paraphrasé le célèbre axiome du républicain laïciste Jacques Chirac : «Il ne faut pas que la religion des uns devienne la loi des autres». Ce qui avait bien éclairé la position péquiste et pariziste dans ce grand débat de civilisation et qui montre l'étroitesse de la réflexion morale de Jacques Parizeau, bon Monsieur Jourdain de la politique québécoise malgré toutes ses prétentions et ses effets de manches.

M. Frenette a soutenu plusieurs fois dans d'autres moments décisifs le mouvement pro-vie. Il a ainsi dirigé les négociations hors cour du différend juridique entre CQV et l'Oratoire Saint-Joseph après que les dirigeants de l'Oratoire eurent rompu au dernier moment un contrat de location pour la tenue du congrès pro-vie canadien en 2005, ce qui avait créé un immense débat médiatique puisque l'Oratoire avait semblé fléchir sous les menaces du mouvement homosexuel et pro-avortement en abandonnant les militants pro-vie. Maniant l'humour et la diplomatie, appelant à l'occasion le recteur de l'Oratoire «le pape de saint Joseph», il avait réussi à régler le problème à la satisfaction des deux parties en éloignant des discussions les avocats querelleurs.

Bien qu'il menât une vie très marginale-- il ne possédait même pas de numéro d'assurance sociale ni de numéro d'assurance-santé malgré une santé chancelante-- M. Frenette est toujours resté réaliste dans son analyse de la situation politique et religieuse. Il n'est jamais tombé dans l'extrémisme et il a toujours maintenu la ligne de combat civilisationnel de Jean-Paul II in medio Ecclesiae et civitatis contre le relativisme moral, l'athéisme et les totalitarismes de gauche et de droite.

Après un passage durant sa jeunesse du côté des felquistes et des péquistes, il a rapidement compris l'inanité de ces mouvements provincialistes et ethnicistes d'adolescents. Quand on a voulu lui interdire de lire la Gazette de Montréal dans une permanence du PQ, sa conscience d'homme libre s'est réveillée, lui qui maîtrisait parfaitement la dialectique française et anglaise, compétence qui lui venait en partie de sa mère irlandaise. Il lisait quotidiennement une énorme quantité de journaux, surtout en anglais, comme le Times de Londres, le Boston Globe ou le Washington Post, qu'il recueillait dans les poubelles des riches anglophones de Summit Circle ou dans les cafés de Westmount. Il était un puits d'informations en matière politique et sportive. Il pouvait donner une opinion éclairée, juste et stratégique, hors de la doxa et de la partisanerie par sa position radicalement extérieure d'un pur outsider. Il connaissait pourtant bien les points faibles et sensibles de la société canadienne-française dans laquelle il était immergé : son grand objectif était de nous faire réfléchir sur le sens de notre vie et de notre destin, aux plans individuel et collectif. Mi-figue, mi-raisin, à la Groucho Marx, il disait souvent qu'il attendait le jour où l'Oratoire Saint-Joseph deviendrait un magnifique casino ou une grande mosquée.

Le cerbère de l'Oratoire a cessé de mordre et de prophétiser. Nous tous qui avons été réchauffés par ses paroles si libres, si pleines de folle sagesse, par son discours envoûtant et étourdissant, à la fois provocateur et respectueux, qui pouvait retentir à toute heure du jour et de la nuit (sous le préambule «j'ai quelque chose à vous dire»), à temps et à contretemps, pour nous redonner confiance dans cette vie et dans l'autre vie, à laquelle son âme aspirait depuis longtemps, nous penserons toujours à ce cher clochard céleste en regardant la nuit vers le dôme de la Montagne sainte où bat désormais son coeur à côté de celui du frère André dans une incessante prière pour notre patrie.

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