La corde et le cocktail

Depuis la malheureuse déclaration du sénateur Pierre-Hugues Boisvenu, un incroyable tremblement de terre frappe le Québec.

Pendant que dans les autres provinces canadiennes cette secousse sismique indique deux à cinq points sur l'échelle Richter, ici dans notre société très distincte ça indique au moins neuf.

On crie haut et fort partout et avec raison que le suicide est quelque chose d'épouvantable et d'inacceptable, que l'on doit tout faire pour empêcher cela, que la VIE doit être protégée et qu'il faut aider toutes les personnes en détresse qui songeraient à se suicider.

D'un autre côté tous ces grands ténors qui condamnent M. Boisvenu devraient faire leur examen de conscience. Ce sont majoritairement ces mêmes personnes qui réclament ad nauseam depuis quelques années au Québec le droit au suicide assisté pour ceux et celles qui veulent en finir avec la vie. "Mon corps m'appartient", affirme-t-on un peu partout. On prend pour exemples la Belgique et la Suisse, deux pays où cette pratique est socialement acceptée. On réclame la liberté de mourir à sa convenance au jour et à l'heure qu'on aura soi-même décidé.

Les sondages populaires exigent actuellement la "peine capitale" contre le méchant sénateur, tout en réclamant une loi qui permettrait aux gens de se suicider avec l'assistance de spécialistes de la "belle mort".

Dans le journal La Presse du 3 février 2012, l'éditorialiste Mario Roy cite le responsable du mouvement "Mourir libre et digne" Yvon Bureau qui affirme : "Pour plusieurs personnes, le suicide est la seule option. Mais bientôt au Québec nous aurons l'autre option, celle d'avoir l'aide médicale active, balisée et contrôlée pour bien mourir", c'est-à-dire pour se suicider.

Alors, quelle différence y a-t-il entre la corde du sénateur Boisvenu qu'il veut donner aux prisonniers écoeurés de la vie et le cocktail de M. Bureau donnés aux personnes écoeurées de la vie ? Dans les deux cas, nous avons affaire à un suicide assisté et les deux sont tout à fait inacceptables.

L'incohérence de la majorité des Québécois est complètement biaisée et tordue dans ce débat.

Un citoyen vient même de déposer une plainte officielle à la Sûreté du Québec contre M. Boisvenu. Quand le cocktail de la mort sera disponible au Québec, qui aura le courage de poser le même geste contre ceux et celles qui aideront les gens à se suicider ?

Personnellement, je suis CONTRE la corde de M. Boisvenu et CONTRE le miraculeux cocktail de M. Bureau.

Obliger les autres à nous "suicider" ou le suicide propre et sans souffrance

Le journaliste Mario Roy, dans le journal La Presse du 3 février 2012, répète les arguments stupides des partisans de l'euthanasie pour les personnes âgées :
 
 
 
 Or, les statistiques indiquent que, dans le contexte d'une légère diminution du nombre de suicides, les hommes âgés de plus de 50 ans demeurent à risque de façon particulière. Chez les plus vieux, lorsqu'apparaît la maladie, la peur d'une mort indigne, douloureuse et dégradante constituerait un important incitatif au suicide. « Pour plusieurs, le suicide est la seule option. Une autre option s'en vient, heureusement. C'est l'aide médicale active à mourir, balisée et contrôlée », dit Yvon Bureau, un des piliers du collectif Mourir digne et libre.
 
Quelle intelligence! Pour contrer la peur de mourir dans des conditions déplorables, on assure les patients qu'on les tuera dès qu'ils affirmeront être trop souffrant, dans des conditions hygiéniques et sanitaires de première qualité! Il fallait y penser! Et le journaliste Mario Roy appelle cela du « respect » et de la « compassion »
 
— " Ne t'en fais pas grand-père, si on voit que tu souffres, on n'hésitera pas, tu pourras demander au médecin de t'éliminer par injection létale comme on l'a fait pour notre chien qui commençait à être trop vieux. Tu n'as pas à t'inquiéter de finir tes jours dans des conditions déplorables »
 
C'est de la compassion, cela?
 
— Ne t'en fais pas grand-père, moi et tes autres petits enfants, on a réservé ta place en unité de soins palliatifs où l'on pourra contrôler et éliminer la souffrance physique que tu pourras éprouver. Sans faire d'acharnement thérapeutique, on t'accompagnera le temps qu'il faudra, tout le temps dont tu auras besoin pour partir. On sera avec toi, car on veut prendre tout le temps que la vie nous laissera pour être avec toi, sachant que tu t'en vas bientôt. Juste être avec toi, te parler encore un peu si tu en es capable, sinon être là pour le passage de la mort vers la vie, pour te tenir la main. On sera toujours là. On t'aime.
 
Est-ce que ce n'est pas plutôt ce genre de discours que l'on appelle de la compassion, plus que du respect, un amour véritable de nos proches?

La peine capitale, de bonnes raisons de s'en passer...

Le journaliste Yves Boisvert du journal La Presse nous apporte de sérieux arguments contre la peine de mort: elle ne coûte pas moins cher que la prison, les erreurs judiciaires sont très nombreuses et les pauvres et les communautés noires aux États-Unis sont plus à risque de voir leur peine être une condamnation à mort:

Les nombreux recours et toute la quincaillerie de la peine de mort rendent le système très coûteux (on l'évalue à 114 millions annuellement en Californie). Au moment où les tribunaux de Californie se font demander de retrancher 200 millions de dollars de leur budget, ça devient un enjeu.

L'ancien procureur général de l'Ohio, Jim Petro, qui est un de ceux qui ont fait la promotion de la peine de mort dans cet État dans les années 70, concède que ses deux arguments principaux sont invalidés par des décennies de pratique: ça ne coûte pas moins cher et ça ne dissuade pas les criminels.

(...)

En 1976, les États avaient adopté des réformes pour rendre l'application de la peine plus rigoureuse et la Cour suprême a autorisé le retour au travail des bourreaux. Dans les 35 ans écoulés depuis, 1279 personnes ont été exécutées.

Mais plus les années passent et plus on découvre des erreurs judiciaires. Seulement avec les tests d'ADN, 17 personnes condamnées à mort ont été innocentées depuis 1989 (et 272 autres prisonniers condamnés pour des crimes graves). En tout, par divers moyens, 140 personnes déclarées coupables de crimes horribles ont été innocentées.

C'est ce qui a mené à des moratoires et des abolitions dans certains États.

C'est aussi ce qui explique un appui plus bas que jamais dans les sondages: 61% des Américains se disent en faveur et 35% contre. Mais quand on leur demande s'ils préfèrent l'emprisonnement à vie sans libération conditionnelle ou la peine de mort, alors l'appui à la peine de mort chute à 48% (50% disent préférer la prison à vie).

Et de nouvelles études montrent que ce qui rendait la peine de mort inacceptable en 1972 se produit encore : les crimes les plus graves ne sont pas forcément ceux qui entraînent la peine de mort; les accusés, presque toujours pauvres, sont souvent mal défendus; les décisions sont discriminatoires. D'où l'évolution des sondages et des condamnations.

Si la peine de mort coût plus cher et qu'elle ne dissuade pas les criminels d'agir, y-a-t-il vraiment une raison de ne pas privilégier la prison à vie au Canada?

Résistez jusqu'au martyr!

Un évêque américain interpelle ses fidèles à être prêt à l'emprisonnement s'il le faut plutôt que de financer des services d'avortements. Que dirait-il s'il voyait qu'au Québec, les contribuables paient pour les 30 000 avortements annuels sur le territoire? Mme Jeanne Smits, sur le site Riposte Catholique, nous offre cette traduction:

Au clergé, aux religieux, aux fidèles laïcs du diocèse de Lincoln.

Bien-aimés dans le Christ,

Les évêques catholiques des Etats-Unis, conduits par le cardinal désigné Timothy Dolan, président de la Conférence des évêques catholiques des Etats-Unis, s’unissent pour attirer l’attention de tous les catholiques de notre pays sur une grave offensive contre notre foi, contre nos consciences, et contre notre chère liberté de religion. Je suis heureux d’unir ma voix et mes efforts à ceux de ces Successeurs des Apôtres et de protester  de la manière la plus vive contre une obligation – pas même une loi dûment adoptée – décrétée par l’Administration Obama qui impose à tous les catholiques des Etats-Unis de violer leurs consciences et d’apporter leur soutien à l’avortement, à des produits pharmaceutiques abortifs, à la contraception et  à la stérilisation.

Comme vous le savez, l’achat d’une assurance-santé par chaque citoyen des Etats-Unis est désormais obligatoire en vertu de la loi fédérale. Cette même loi donne autorité au Secrétaire de Cabinet pour la Santé et les Services humains sur l’assurance-santé dans son ensemble. Le Sécretaire actuel, Kathleen Sébélius, apostate catholique amère, requiert que toute assurance, y compris privée, couvre obligatoirement la couverture de péchés graves et mauvais. Cela signifie que toutes nos écoles catholiques, nos hôpitaux, nos agences de services sociaux, et assimilés vont être forcés à participer au mal. L’Eglise catholique a supplié le président Obama d’annuler ce décret, mais toutes les supplications ont été accueillies avec mépris et sont tombées sur des oreilles de sourds. Ce décret s’accompagne de nouvelles offensives du gouvernement fédéral contre les services catholiques de secours social  (Catholic Relief Services) et contre le travail des évêques dans les services d’aide aux immigrés et aux réfugiés. 

La secrétaire Sebelius, en un acte de dérision, a déclaré que ceux qui pourraient bénéficier de l’objection de conscience (quasiment personne) ont un an pour se mettre en conformité, mais qu’au cours de cette année ils devront « adresser » les gens à une assurance qui couvre ces actes mauvais. Nous ne pouvons pas et nous ne voulons pas respecter ce décret injuste. Comme les martyrs de jadis, nous devons être prêts à accepter des souffrances qui pourront comprendre de lourdes amendes et l’emprisonnement. Notre liberté religieuse américaine est gravement menacée.

Tous les catholiques sont invités à prier et à faire pénitence pour que cette question trouve une solution. Tous doivent prendre contact avec leurs représentants élus pour protester contre ce scandale et pour insister sur l’adoption d’une loi « Respect de la conscience » qui passe actuellement devant le Congrès.

Avec ma bénédiction pour chacun d’entre vous et pour ceux qui vous sont chers, je suis

Sincèrement vôtre dans le Christ Jésus,

Le très révérend Fabian W. Bruskewitz

L'équivalent du cours d'éthique et culture religieuse est aboli en Espagne!

Le site pour une école libre au Québec nous apporte cette excellente nouvelle: le gouvernement espagnol abandonne l'idée d'un programme d'éducation à la citoyenneté.

 

Jaime Urcelay, président des Professionnels pour l'éthique qui ont aidé les parents dans leur contestation, a exprimé sa satifaction à cette annonce: "C'est une joie qui couronne de nombreuses années d'efforts et de lutte pour la liberté scolaire et contre un endoctrinement imposé par le gouvernement de l'époque." En attendant de connaître le détail du nouveau programme, Jaime Urcelay a dit: "Nous nous féliciterons de ce nouveau programme s'il ne tente pas d'influer sur les valeurs des étudiants et de façonner leur conscience et leur pensée à l'insu de leurs parents."

 Au Québec, un cours semblable usurpe le droit fondamental du parent à déterminer l'éducation morale et religieuse de son enfant: Éthique et culture religieuse. Les parents québécois se sont vu refuser (systématiquement et en groupe) 2000 demandes d'exemption. Leur recours juridique s'est rendu en Cour suprême du Canada en mai 2011 et le jugement est encore en délibéré. 

C'est une grande victoire pour les parents espagnols et une source d'encouragements pour les parents québécois. Le cours ECR est un abus du gouvernement voulant injecter une mentalité relativiste incompatible avec une intelligence logique et bien ordonnée et minant les bases mêmes de la pensée logique. De plus, ce cours tente de supplanter l'éducation morale et religieuse donnée par les parents par une "tolérance" qui ne tolère pas l'objection, l'objection au cours ECR obligatoire et sans exemption par exemple!
 
Le relativisme s'exprime en classe par des exercices pratiques sur des sujets controversés. L'enfant devra, par exemple, montrer qu'il "tolère" une multiplicité d'opinions comme valides sur l'avortement et qu'il n'a pas à tente de convaincre qui que ce soit de la nocivité de cet acte. C'est une façon hypocrite de dire quoi penser à l'enfant tout en prétendant former son "esprit critique".
 
L'Association des Parents Catholiques du Québec a donné ce Communiqué de Presse sur ces événements:
 
Montréal, le 2 février 2012. Des parents québécois applaudissent la victoire des parents espagnols qui ont réussi à faire abolir un programme scolaire imposé par le gouvernement socialiste de Rodriguez Zapatero.

Le ministre de l'Éducation de l'Espagne, José Ignacio Wert, a effectivement annoncé le 31 janvier 2012 l'abandon du controversé programme d'Éducation à la citoyenneté (EpC). Ce dernier sera remplacé par un cours axé sur des connaissances sur la constitution et le fonctionnement politique et sera « libre de questions controversées susceptibles de tomber dans l'endoctrinement idéologique ». 

La Coalition pour la Liberté en Éducation (CLÉ) et l'Association des parents catholiques du Québec (APCQ) se réjouissent de la victoire des 55 000 parents espagnols qui ont fait des demandes d'exemption du cours EpC, des 3 000 parents qui sont allés devant les tribunaux espagnols , des 305 parents qui, le 19 mars 2010, ont présenté un recours contre l'État espagnol au Tribunal européen des droits de l'homme à Strasbourg. 

Jaime Urcelay, président des Professionnels pour l'éthique qui ont aidé les parents dans leur contestation, a exprimé sa satisfaction à cette annonce: « C'est une joie qui couronne de nombreuses années d'efforts et de lutte pour la liberté scolaire et contre un endoctrinement imposé par le gouvernement de l'époque." En attendant de connaître le détail du nouveau programme, Jaime Urcelay a dit : « Nous nous féliciterons de ce nouveau programme s'il ne tente pas d'influer sur les valeurs des étudiants et de façonner leur conscience et leur pensée à l'insu de leurs parents. »

Au Québec, un cours semblable usurpe le droit fondamental du parent à déterminer l'éducation morale et religieuse de son enfant : Éthique et culture religieuse. Les parents québécois se sont vu refuser 2 000 demandes d'exemption. Leur recours juridique s'est rendu en Cour suprême du Canada en mai 2011 et le jugement est encore en délibéré. 

Ce précédent espagnol, où une nation a reconnu l'imposition injuste d'un cours qui prenait en main la formation morale des enfants à l'encontre des désirs explicites des parents, devrait démontrer, selon Jean Morse-Chevrier, présidente de l'APCQ, la justesse des attentes des parents québécois.

Sylvain Lamontagne, président de CLÉ, demande au Ministère de l'Éducation du Québec de respecter la liberté des parents en matière d’éducation morale, philosophique et religieuse, et de prendre exemple sur la décision du nouveau gouvernement espagnol et d'abolir l’obligation d’assister au cours d'éthique et culture religieuse. Il invite également les partis d’opposition épris de liberté à se prononcer pour le libre choix des parents et la possibilité d’exemption dans ce dossier.

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