Le témoignage de Norma McCorvey, connue sous le nom de Jane Roe, sur les cliniques d'avortements

Dans le combat que nous menons, il est parfois difficile de ne pas oublier les situations concrètes terribles que constitue tout avortement. Nous présentons cet extrait d’une ancienne « pro-choix » qui a vécu une conversion, un changement complet la menant vers un combat de tous les instants contre l’industrie de l’avortement.
 
Norma McCorvey, la Jane Roe du jugement Roe contre Wade qui a permis la décriminalisation de l’avortement aux États-Unis a publié son témoignage il y a quelques années aux États-Unis. Ce témoignage très poignant fut traduit en français récemment sous le titre : « L’affaire Jane Roe, histoire d’une manipulation »
 
La manipulation, c’est celle des mouvements pro-choix qui l’ont utilisé sans avoir aucun respect pour la personne derrière le pseudonyme de Jane Roe, Norma McCorvey. Tout comme en France, la ministre Simone Veil mentit sur le nombre d’avortements illégaux, les multipliant par 10, l’avocate de Jane Roe réécrivit son histoire pour faire croire qu’elle était enceinte à la suite d'un viol collectif. La vérité était qu’elle était enceinte de son petit ami. Cette avocate, Sarah Weddington, avouera par la suite :
 
 
« Je n’ai rien à faire de Norma McCorvey. Je ne m’intéresse qu’à Jane Roe. Norma McCorvey n’était qu’un nom pour un recours collectif en justice. » (p.275)
 
Le témoignage de Norma McCorvey est d’autant plus fort qu’elle a elle-même travaillé dans une clinique d’avortement avant de réaliser, miraculeusement, l’atrocité de l’avortement.
 
Elle raconte : « La salle des pièces détachées », où étaient gardés les bébés avortés, était particulièrement sinistre. Personne n’aimait avoir à y faire quelque chose, et encore moins à la nettoyer. De plus, comme il était interdit aux patientes d’y entrer, nous la laissions plus ou moins tomber en ruine. Si un bébé ne rentrait pas dans le seau, c’était tant pis pour lui; on le laissait traîner là. D’autres bébés étaient entassés comme du bois mort après que tous leurs membres aient été rassemblés et comptés (après les avortements, les médecins doivent compter les membres principaux — bras, jambes, tronc et tête – pour s’assurer de n’avoir rien oublié dans le ventre de la mère).
 
Cette pièce sentait horriblement mauvais. On avait beau utiliser les détergents aux odeurs les plus fortes, elles étaient à nouveau noyées en quelques heures par la puissante odeur des déchets médicaux et de pourriture – cela explique pourquoi les rats aimaient tant nous visiter chaque nuit. » (p.26-27) « Le congélateur était plein de bocaux, il y en avait des dizaines, et chacun d’entre eux était rempli de tout petits membres. Ronda a eu le souffle coupé en voyant les minuscules pieds et mains, gelés dans leur bain de sang, collés contre la paroi des bocaux. » (p.131)
 
« À cause de l’impact politique de l’avortement et l’incomparable succès du lobby pro-choix, il se trouve que les cliniques vétérinaires ont des règlements plus stricts que celles où se pratiquent les avortements. » (p.27)
 
« Vous imaginez bien que les femmes qui travaillaient avec moi à la clinique n’étaient pas anormales ou sans sentiments. Nous étions juste entraînées dans une entreprise sanglante et déshumanisante, chacune pour ses propres raisons. Que ce soit pour justifier une ancienne affaire juridique (comme c’était mon cas), ou pour justifier un avortement subi auparavant (comme c’était le cas de beaucoup), ou pour n’importe quelle autre raison, nous essayions juste de faire face – et si nous n’avions pas pu rire des situations, je crois que nous aurions perdu la tête. Ce n’est pas facile d’essayer d’embrouiller une conscience qui ne veut pas rester endormie. 
 
En général, les femmes commençaient à pleurer aussitôt que la machine s’arrêtait. Notre explication standard était : “Ma chérie, tu viens juste d’avoir quinze milligrammes de Valium liquide, c’est normal d’être aussi émotive. Ne t’en fais pas. Ça va passer.” Nous n’avons jamais pu admettre qu’elles pouvaient pleurer parce qu’elles réalisaient ce qu’elle venait de faire à leur bébé.
 
Ensuite, la jeune femme était amenée en salle de réveil. Nous lui donnions une couverture et tirions les rideaux afin de lui donner un peu d’intimité, puis nous vérifiions les paramètres vitaux : pouls et pression sanguine. Une fois encore, c’était habituellement à moi que revenait cette tâche.
 
J’en ris maintenant, mais parfois je me sentais vraiment exploitée par le docteur. Comme c’est moi qui prenais les rendez-vous pour les avortements, je savais combien il touchait par intervention, mais il augmentait ses bénéfices en employant du personnel non qualifié, comme c’était mon cas, pour six dollars de l’heure.
 
Alors qu’est-ce qui me faisait rester là-bas? Je m’attachais tellement aux patientes que j’en oubliais l’avorteur. En quelque sorte, je sentais que je devais être là pour les protéger et rendre toute la procédure plus humaine. Votre cœur fond pour ces jeunes filles qui étreignent leurs oursons ou autres peluches.
 
Les autres employées et moi-même nous adressions à ces filles en utilisant seulement leur prénom pour développer une intimité. Nous étions leur seul soutien pendant trois heures épouvantables.
 
Nous les écoutions pleurer, les écoutions prier, les écoutions lancer des jurons, les écoutions supplier leur enfant de leur pardonner.
 
Après qu’elles ont passé une heure ou deux en salle de réveil, nous les aidions à se laver, s’habiller, et nous essayions de leur faire boire des jus de fruits et manger des biscuits. J’ai toujours insisté sur l’importance de la visite des deux semaines parce qu’un trop grand nombre d’entre elles ne revenait pas. Beaucoup étaient tout simplement incapables de revenir sur les lieux.
 
Nous leur tendions leur prescription, les assurions qu’elles avaient fait “le bon choix” et que “bien sûr ce n’était pas vraiment un bébé; c’était juste un retard des règles”, et parfois nous devions composer le numéro de téléphone pour elles si leurs mains tremblaient trop.
 
Les femmes qui étaient attendues par un homme à l’extérieur essayaient en général de se nettoyer le visage et d’afficher un faible sourire avant de sortir. Avec leur mère, elles avaient tendance à se montrer plus honnêtes. J’ai entendu une jeune femme appeler sa maman et lui dire : “Maman, je viens de tuer mon bébé. Je suis si contente que tu ne m’aies jamais tuée!”
 
“Vous savez ce que j’ai vu”
 
Je ne suis pas du tout fière d’admettre que j’ai aussi assisté à des avortements de deuxième trimestre. Ceux-ci sont bien plus délicats et durs pour tout le monde – patiente, Docteur, et assistante. D’abord, la femme doit subir les laminaires. Les laminaires sont composées d’algues compressées en forme de bâtonnet (à peu près de la longueur d’un cure-dent) avec une ficelle à un bout. Le docteur place à l’intérieur de la femme les laminaires qui commencent à enfler, ouvrant le col de l’utérus et écrasant lentement le bébé à l’intérieur. En fonction de l’avancement de la grossesse, plusieurs laminaires peuvent être nécessaires. Les avortements de la dernière période sont effectués de manière similaire à ceux du premier trimestre. Le docteur utilise un scalpel pour découper le bébé. La plupart des femmes sont sous anesthésie générale, ce qui fait que le docteur peut y aller de manière énergique si nécessaire car il n’a pas à se soucier des réactions de la patiente.
 
Je me souviendrai aussi toujours d’un avortement en particulier qui s’est déroulé dans la période du deuxième trimestre. Il s’agissait d’une jeune femme très séduisante, à la peau blanche, aux yeux bleus et aux cheveux légèrement roux; je dirais qu’elle avait environ dix-huit ans. Elle était si douce et si agréable, pas du tout exigeante. Elle était étudiante en première année à l’université locale.
 
“J’ai entendu dire que j’allais manquer les cours pendant les deux prochaines semaines m’a-t-elle dit. Je ne sais pas comment je vais faire pour rattraper ça.”
 
J’ai ri de manière rassurante. “Oh, non, ma chérie; tu peux retourner prendre tes cours demain. C’est simplement que tu ne peux avoir aucune relation sexuelle pendant deux semaines, et que tu vas devoir prendre des douches au lieu de prendre des bains pendant cette période. À par ça, ça va aller.” Elle a souri avec beaucoup de charme et a dit : “D’accord, comment commence-t-on?”
 
C’était étrange parce qu’elle semblait trop naïve pour se trouver dans cette situation. Au début, quand elle est arrivée, elle a dit qu’elle n’était pas sûre d’être enceinte alors qu’elle entamait son deuxième trimestre.
 
Après avoir discuté des prix, elle a décidé d’économiser les 250 dollars supplémentaires que l’on fait payer pour une anesthésie générale. Elle était donc éveillée au début de l’avortement. Malheureusement, elle a regardé durant l’opération et elle a vu la main du bébé au moment où le docteur la faisait sortir.
 
Je l’ai entendu haleter, j’ai vu ce qu’elle voyait, et j’ai rapidement couvert ses yeux, mais c’était trop tard. Elle s’était déjà évanouie.
 
Lorsqu’elle a repris connaissance, le docteur avait terminé. La jeune femme a levé vers moi un regard horrifié et m’a questionnée à propos de ce qu’elle avait vu.
 
— Je ne sais pas de quoi tu parles, ai-je menti.
— Mais j’ai vu une partie de mon bébé! Je sais ce que j’ai vu!
-Ma chérie, j’ai été là tout le temps et je n’ai rien vu. Tu as dû imaginer ça.
Si vous pensez que c’était difficile de garder mon sang-froid dans de telles situations, vous avez raison. Croyez-moi, beaucoup de bière sont nécessaires pour vous faire oublier ce que vous avez fait.
 
Deux semaines plus tard, quand cette jeune femme est revenue pour le suivi, elle m’a regardée d’un air accusateur. La première chose qu’elle a dite a été : “Vous savez très bien ce que j’ai vu. Vous le savez.” Sa douceur avait disparu; sa voit avait maintenant une tonalité dure.
 
J’ai évité son regard de peur que cela ne me fasse avouer. » (p.94-98)
 
Norma McCorvey, alias Jane Roe et Sandra Cano, alias Mary Doe, elle aussi ayant été exploitée par les lobbys « pro-choix », ont fait appliqué une plaque au National Memorial for Unborn Children :
 
 
 
NÉE NORMA MCCORVEY, JE SUIS DEVENUE CONNUE SOUS LE NOM DE JANE ROE LE 22 JANVIER 1973 QUAND LA COUR SUPRÊME A RENDU SON ARRÊT DANS L’AFFAIRE ROE CONTRE WADE, QUI A CRÉÉ UN DROIT DES FEMMES À L’AVORTEMENT.
 
NÉE SANDRA CANO, JE SUIS DEVENUE CONNUE SOUS LE NOM DE MARY DOE LE 22 JANVIER 1973 QUAND LA COUR SUPRÊME A RENDU SON ARRÊT DANS L’AFFAIRE JUMELLE DE ROE CONTRE WADE, DOE CONTRE BOLTON, PERMETTANT AUX FEMMES D’AVORTER POUR N’IMPORTE QUEL MOTIF.
 
Nous sommes maintenant pardonnées et rachetées, nouvelles créatures dans le Christ et enfants de Dieu.
Aujourd’hui, nous désavouons publiquement notre rôle dans la tragédie de l’avortement. Nous demandons humblement pardon aux millions de femmes et d’enfants à naître qui ont subi la violence de l’avortement.
Dans ce lieu de guérison, le National Memorial for the Unborn, nous sommes là pour honorer la valeur de tout enfant à naître en tant que créé à l’image de Dieu.
23 mars 1997
Norma McCorvey Sandra Cano
 
MCCORVEY, Norma. L’affaire Jane Roe, histoire d’une manipulation, Éditions de l’Homme Nouveau, Paris, 2011, 366 pages.

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