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Articles / pages spécialement pertinents:

Suicide sur demande en Suisse? Une autre bonne raison de manifester à la Marche Printanière

Sur le site de Zenit.org  du 17 mai 2013:

 

 

 

Dans un arrêt Alda Gross c Suisse  (n° 67810/10) du 14 mai 2013, la deuxième Section de la Cour européenne des droits de l’homme a complété l’édification d’un droit individuel au suicide-assisté (c'est-à-dire à l’euthanasie consentie) au titre du droit au respect de la vie privée garanti à l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme.

 
Dans un arrêt adopté par seulement quatre voix contre trois, la Section justifie son jugement par la considération générale selon laquelle, « dans l'ère de sophistication médicale croissante combinée à l’allongement de l’espérance de vie, beaucoup de personnes ont le souci de ne pas être forcées de s'attarder dans la vieillesse ou dans des états de décrépitude physique ou mentale qui contredisent des convictions bien ancrées sur l'identité personnelle » (§ 58) [1]. 
 
(...) 
 
Cette fois, dans l’affaire Alda Gross c Suisse, la Section a condamné, en substance, le fait que l’exercice effectif du droit au suicide assisté soit conditionné par des normes médicales, et que ces normes médicales excluent par principe le suicide assisté des personnes en bonne santé. En l’espèce, la demande de suicide ne concernait plus un « cas médical » de personne malade en fin de vie, mais une personne âgée bien-portante, mais lassée de vivre. Cette dame, ayant sollicité plusieurs médecins, s’est vue refuser la prescription médicale d’une dose mortelle de poison (pentobarbital sodique) au motif qu’étant en bonne santé, elle ne remplit pas les conditions fixées par le Code de Déontologie Médicale et les Directives éthiques de l’Académie de Médecine suisses.
 
Selon le droit suisse l’incitation et l’assistance au suicide ne sont répréhensibles que lorsqu’ils sont commis pour des « motifs égoïstes » [2]. Lorsque le suicide est envisagé pour des motifs non-égoïstes, la Cour suprême fédérale Suisse [3] a précisé, en application de la législation relative aux drogues et médicaments [4], que le poison ne peut être délivré que sur prescription médicale et que cette prescription est conditionnée au respect par le médecin des règles de la profession, en particulier des directives éthiques adoptées par l’Académie de Médecine. Ces directives sont notamment relatives à l’état de santé du patient – qui doit être malade en fin de vie - et à l’expression de sa volonté ; elles visent à le protéger des pressions et décisions hâtives. Comme ailleurs en Europe, la pratique médicale est régie par des normes de natures diverses. En l’espèce, le législateur n’ayant pas adopté de régime légal spécifique précisant les modalités de la pratique du suicide assisté (malgré sa tentative entre 2009 et 2001), ce sont les règles existantes du droit médical qui trouvent à s’appliquer ; or ces règles excluent la délivrance d’une telle substance à une personne bien-portante.
 
C’est sur ce point que la majorité de la Section a censuré le droit suisse : elle a estimé qu’il n’appartient pas aux normes déontologiques, mais à la loi, de fixer les conditions de prescription du poison. Ce jugement repose sur l’idée que le suicide ayant acquis la qualité de liberté et de doit individuel (§ 66), une nome déontologique ne peut faire obstacle à son exercice : il revient à la loi d’encadrer son exercice, même si celui-ci se réalise au moyen de l’art médical. Cette conclusion découle très logiquement de prémisses caractéristiques de l’individualisme libéral quant aux droits de l’homme et à la médecine, à savoir que leur finalité première serait de servir la volonté individuelle, même la volonté de mort, plus encore que de protéger et de soigner les personnes. Ce nouvel arrêt s’inscrit dans le coutant libéral de la jurisprudence de la Cour qui fait de l’autonomie individuelle la valeur majeure de la Convention, primant même le respect de la vie [5] et les règles nationales d’ordre public.
 
Concrètement, cet arrêt met en œuvre cette approche libérale en faisant sortir la décision d’accorder le poison du champ médical pour l’intégrer dans celui des libertés publiques. La Cour a déjà procédé de la sorte sur l’encadrement de l’avortement en Pologne [6] et en Irlande [7]. Si cet arrêt devient définitif, la Suisse devra adopter un cadre juridique légal fixant le détail des conditions d’exercice du droit au suicide assisté pour toute personne indépendamment de son état de santé. Ce cadre pourra tout aussi bien confirmer les normes déontologiques (déjà consacrées par la Cour suprême suisse) que les contredire.
 
(...) 
L’arrêt n’a pas jugé utile d’adresser ces points, ni de considérer la marge d’appréciation dont devrait bénéficier la Suisse dans l’encadrement du suicide assisté, tout comme il a omis de citer l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) qui a recommandé « l’interdiction absolue de mettre intentionnellement fin à la vie des malades incurables et des mourants » (Recommandation 1418 (1999) et déclaré que « L’euthanasie, au sens de tuer intentionnellement, par action ou par omission, une personne dépendante, dans l’intérêt allégué de celle-ci, doit toujours être interdite » (Résolution 1859, 2012).
 
Le gouvernement suisse dispose d’un délai de trois mois pour demander le renvoi de cette affaire devant la Grande Chambre. Espérons qu’il le fasse, et qu’il soit entendu.
 
Grégor Puppinck
 
Directeur du European Centre for Law and Justice.
 
NOTES
 
[1] § 58 : “the Court has considered that, in an era of growing medical sophistication combined with longer life expectancies, many people are concerned that they should not be forced to linger on in old age or in states of advanced physical or mental decrepitude which conflict with strongly held ideas of self and personal identity”.
 
[2] C. pénal suisse, art. 115.
 
[3] Arrêt du 3 Novembre, BGE 133 I 58
 
[4] Loi fédérale du 3 octobre 1951 sur les stupéfiants et les substances psychotropes  et Loi fédérale du 15 décembre 2000 sur les médicaments et les dispositifs médicaux.
 
[5] Voir Aymeric d’Alton, « La notion d’autonomie personnelle en droit européen des droits de l’homme approche de  philosophie du droit », Centre de philosophie du droit de l’Université Montesquieu Bordeaux IV, Revue de la
 
B.P.C., I/2009.
 
[6] Voir depuis Tysiac c. Pologne, n° 5410/03, 20 mars 2007.
 
[7] A. B. et C. c. Irlande, [GC], N° 25579/05, 16 décembre 2010.
 
[8] Affaire X et autres c. Autriche, [GC], N° 19010/07, 13 février 2013.

 

Susan Griffiths est morte, elle s'est suicidée aujourd'hui

Un suicide prévu, annoncé, aux yeux de tous. Une terrible blessure dans notre humanité. Sur le site de Radio-Canada du 25 avril 2013:

(Susan Griffiths)

 

 La Winnipégoise Susan Griffiths, qui avait décidé de se rendre en Suisse où le suicide assisté est légal, est morte un peu avant 7 h, heure centrale, jeudi matin.

 
Mme Griffiths, qui était âgée de 72 ans, souffrait d'atrophie multisystématisée, une maladie dégénérative incurable qui entraîne de vives douleurs et qui détruit le corps peu à peu.
 
Susan Griffiths avait quitté le Canada au début d'avril pour préparer sa mort, qui devait survenir environ deux semaines plus tard.
(...)
Dans les instants précédant sa mort, Mme Griffiths a marché, parlé et chanté avec sa famille dans les jardins d'une propriété que possède Dignitas à l'extérieur de Zurich.
 
Puis Susan Griffiths est retournée dans les locaux de l'établissement où elle a ingurgité la première des deux boissons qui allaient l'aider à mettre fin à ses jours. Une demi-heure plus tard, elle a avalé la seconde potion.
 
Selon des membres de sa famille, elle est décédée une vingtaine de minutes plus tard paisiblement, conformément à ce qu'elle avait souhaité.

 

Sur le site de Radio-Canada du 25 avril 2013, l'état actuel de la législation au Canada:

 Au Canada, l'euthanasie et le suicide assisté sont des actes criminels passibles de peines d'emprisonnement.

C'est le Parlement du Canada qui définit les infractions criminelles, mais il revient à chaque province d'appliquer le Code criminel. Ainsi, c'est le procureur général de chaque province qui détermine s'il y a lieu de porter des accusations.
 
Par ailleurs, en vertu du droit à l'autonomie reconnu par le Code civil du Québec, les personnes ont le droit de refuser ou d'arrêter des traitements, même si la mort en résulte. Une personne peut aussi, en vertu du Code civil, faire connaître à l'avance ses volontés sur les soins qu'elle recevra en fin de vie.

 

Célébrer la vie plutôt que le suicide... Réflexion sur le cas de Sue Griffiths qui veut se suicider aujourd'hui

Sur le blog de Alex Schadenberg (Coalition pour la prévention de l'euthanasie), cet article du 24 avril 2013:

(C'est aujourd'hui que Sue Griffiths veut se suicider, en Suisse)

 

Sue Griffiths de Winnipeg, MB est la dernière personne à faire connaître son désir d’avoir de l’aide pour se suicider et ses efforts sont célébrés par la presse.
 
La semaine dernière, son appel au Parlement pour rouvrir la question du suicide assisté a été largement rapporté pendant qu’elle se préparait à aller à Dignitas, une clinique en Suisse qui aide les gens à se tuer.
 
Mme Griffiths a une atrophie des systèmes multiples, une maladie neurologique dégénérative qui provoque des douleurs pour environ la moitié des personnes atteintes. Les photos la montrent debout, marchant et utilisant ses mains, alors elle n'est certainement pas une personne qui est «physiquement incapable de se suicider sans aide». Elle est décrite comme une personne qui est responsable de sa vie, mais elle veut apparemment avoir quelqu'un d'autre pour prendre la responsabilité de sa mort.
(...)
Nous avons une politique de prévention des suicides, à juste titre. Nous appliquons cette politique à des personnes dont le désespoir naît de difficultés sociales ainsi que psychologiques, aux adolescents victimes d'intimidation, aux personnes LGBT qui ont été persécutées, aux Autochtones aux prises avec la pauvreté et la perte du patrimoine culturel, ainsi qu’aux survivants de la violence domestique. Les personnes en situation de handicap, qui n'ont pas de services et de soutien pour vivre dans leurs maisons et être intégrées dans leurs communautés, font face à la même discrimination ainsi qu’aux facteurs de stress sociaux. Les politiques et les services de prévention du suicide doivent être appliqués de manière égale aux personnes handicapées et non handicapées, sans biais ni préjugé sur la qualité de vie avec une déficience. La société doit commencer à s'attaquer à la discrimination sous-jacente et la stigmatisation qui créent les conditions dans lesquelles la plupart des personnes ayant des incapacités vivent.
 
Nous devrions nous demander: pourquoi est-ce que personne n’essaie d’arrêter Susan Griffiths de se suicider? Faut-il permettre que les réalités quotidiennes de la vie en situation de handicap deviennent une raison suffisante pour obtenir de l'aide à mourir? Est-ce que l'orgie médiatique autour de son histoire ne signifie pas que nous croyons que les réalités quotidiennes de la vie avec un handicap sont une raison suffisante pour obtenir de l'aide à mourir? Est-ce que les médias devraient mordre à l'hameçon chaque fois qu'une personne avec une déficience étale son suicide sur la place publique.

 

La Winnipégoise exilée en Suisse se suicidera cette semaine. Où sont les organismes de combat contre le suicide en Suisse?

Sur le site de Radio-canada du 23 avril 2013:

 

(Malheur à celui qui scandalise un coeur d'enfant...)

 

 

 Susan Griffiths, 72 ans, qui souffre d'atrophie multisystématisée, devrait voir le bout du tunnel cette semaine, après qu'un médecin suisse a confirmé qu'elle était psychologiquement prête à mettre fin à ses jours.

 
La Winnipégoise atteinte d'une maladie dégénérative incurable a quitté le Canada, début avril, pour la Suisse où le suicide assisté est légalisé.
 
Susan Griffiths doit rencontrer son médecin deux fois en trois jours, afin qu'il s'assure que la décision de mettre fin à sa vie est bien la sienne.
 
« Même le médecin que nous avons rencontré aujourd'hui et d'autres membres du personnel médical ont dit la même chose. S'ils avaient la même maladie que moi, ils feraient exactement la même chose que moi. Intéressant », a déclaré Susan Griffiths au crépuscule de sa vie.
 
Sa deuxième visite est prévue mercredi. Cette rencontre est requise par la loi afin de s'assurer que le patient n'a pas changé d'avis, et qu'il puisse l'exprimer le cas échéant.
 
Après quoi, le médecin pourra prescrire la dose mortelle de médicament à Susan Griffiths, en vue du suicide assisté, jeudi.
 
La Winnipégoise qui eut jadis une vie active est confinée dans un fauteuil roulant dont elle sera bientôt libérée. « Porter des vêtements fait mal. Où que ce soit sur ma peau, cela me fait mal », se plaint-elle.
(...)
« De temps en temps, ma petite-fille Emma a de la peine. On est en train de rire à propos de quelque chose et ensuite, elle commence à pleurer », avoue Mme Griffiths.
 
Ses proches emplissent ses derniers instants de souvenirs, qui la confortent dans le fait qu'elle ait pris la bonne décision puisque sa maladie la prive peu à peu de liberté.
 
« Je voudrais juste que l'ancienne moi soit de retour, mais cela n'arrivera pas, donc je pourrais juste en finir le plus tôt possible. C'est dur de croire que le temps est venu ».

La seule qui semble avoir un peu de bon sens, c'est la petite fille Emma, qui, à chaque fois qu'elle revient à la réalité, se met à pleurer. Sa grand-mère va se suicider et les membres de sa famille sont assez sans coeur pour l'accepter...

La Cour d'appel de Colombie-Britannique se penche sur le suicide assisté

Des débats qui peuvent avoir des conséquences pour tout le Canada. Sur le site de Radio-Canada du 19 mars 2013:

(Russel Ogden, porte parole de la fondation Farewell, travaillant au suicide d'une population canadienne dépressive)

 

La lutte pour le droit au suicide assisté a repris lundi en Cour d'appel de la Colombie-Britannique. Le gouvernement fédéral conteste une décision d'un juge de première instance qui a annulé un article du Code criminel interdisant le suicide médical assisté, puis a confié au gouvernement la tâche de réécrire la loi.

La décision rendue l'an dernier par la juge Lynne Smith, qui suspendait néanmoins son jugement pendant un an pour laisser le temps à la Chambre des communes de rédiger une nouvelle loi, avait du même coup accordé une exemption à Gloria Taylor, la plaignante principale dans l'affaire.

Mme Taylor est décédée d'une infection l'an dernier.
(...)
La fondation Farewell, une association provinciale qui veut proposer des services liés au suicide assisté, prendra également part à l'audience et plaidera pour la cause. La fondation a cependant choisi de ne pas attendre un jugement et a déjà mis au point un protocole pour que ses membres puissent assister le suicide d'un autre membre.

Le porte-parole de la fondation, Russell Ogden, affirme que certains des membres ne veulent pas mourir seuls et veulent s'assurer que leurs décès soient signalés de manière appropriée aux coroners et à la police.
 

Il importe que l'interdiction du suicide assisté soit rapidement réinscrite dans la loi.

 

Les dérives de l'euthanasie ... bientôt au Québec ? (partie 1)

 

Une manifestation contre l'euthanasie et le suicide assisté organisée à Québec

(Manif contre l'euthanasie à Strasbourg)

J'ai reçu ce qui suit par courriel hier soir:

Québec, le 14 février 2013,

Chères Québécoises et Québécois,

Le gouvernement du Québec s’apprête à légiférer d’ici la fin de juin 2013 pour permettre l’euthanasie ( déguisée en aide médicale à mourir ) pour les citoyens du Québec âgés de plus de 18 ans, qui ont une maladie grave et irréversible, qui souffrent de douleur physique ou psychologique et qui ne peuvent pas être soulagés par la médecine moderne et qui en font la demande. Cette démarche légaliste est en contravention du code criminel canadien qui bannit toute forme d’homicide, d’euthanasie ou de suicide assisté. C’est inacceptable de considérer cet expédient plutôt que de développer des soins palliatifs universels tel que recommandé par la commission parlementaire « Mourir dans la dignité ».

Je vous invite donc à une manifestation publique qui aura lieu samedi le 9 mars prochain , devant le parlement de Québec, en face de la fontaine de Tourny, de 13 h à 16 h. Il est essentiel que nous fassions connaître notre opposition à ce projet de loi qui va sérieusement menacer à long terme l’intégrité physique des personnes les plus vulnérables de notre société. Parlez-en à votre entourage et invitez-les, écrivez à votre député pour lui faire part de votre opinion.

Vous pouvez apporter vos propres pancartes sur place; il y en aura un certain nombre sur le site pour ceux qui le désirent. Vous pouvez stationner votre voiture au stationnement du palais des congrès ou à celui du Carré D’Youville. Cette manifestation se fera dans le calme et la sérénité. Il nous faut proclamer la vérité dans l’amour : Éphésiens 4,15.

Pour ceux qui voudraient nous donner un coup de main lors de cette manifestation, votre aide sera la bienvenue. J’aimerais aussi connaître le nombre de personnes qui vont participer à la manifestation. Je joins mon courriel. Si vous avec des questions, n’hésitez pas à m’en faire part.

Au plaisir de se retrouver en grand nombre devant le parlement de Québec.

Marc Bergeron, organisateur principal, Québec
Courriel : marberge@sympatico.ca

L'euthanasie est à nos portes -- il faut agir !

Il est temps de sonner l’alarme !

L’euthanasie est à nos portes. Nous n’avons que quelques semaines (trois ou quatres mois tout au plus) pour faire reculer nos députés élus à l’Assemblée nationale pour qu’ils disent « non » à un projet de loi, bientôt déposé par le Parti Québécois, qui visera la dépénalisation de l’euthansie au Québec.

En légalisant l’euthanasie, on crée en quelque sorte un « droit » au suicide. Et lorsque le suicide devient un droit assuré et encadré par l’État, cela donne la permission à certains individus d’en tuer d’autres, selon certains critères (cela vous rappelle quelquechose ?) et l’obligation pour les contribuables de payer le tout ! Pour certaines personnes, cela fera apparemment leur affaire, car ils auront leur mort « propre » et « sans douleur ». Par contre, d’autres personnes (vieillards, personnes handicapées, personnes seules et démunies, personnes dépressives) se sentiront contraintes à demander la mort, à la suite de pressions morales (que ce soit à cause d’une famille impatiente, d’un manque de lits dans les hôpitaux, de chicanes de succession, d’un soutien déficient, etc.).

Il y a aussi le changement sociétal global et majeur qu’une telle politique apportera : dorénavant, le suicide devient une solution aux multiples problèmes de la vie. Comme ces jumeaux belges de 45 ans qui ont reçu la piqûre fatale sous le prétexte qu’ils étaient sourds et craignaient une prochaine cécité, d’autres faisant face à des défis physiques et psychologiques feront à leur tour la queue à la clinique d’euthanasie (voir, p. ex. : « Ma mère a été euthanasiée sans que le médecin ne me prévienne... » )

On tente de nous rassurer en disant que la nouvelle loi sera bien « balisée ». Pour qui nous prennent-ils ?! N’apprendrons-nous jamais de l’histoire ? Prenez parmi plusieurs cas possibles celui de la légalisation de l’avortement. Lorsque cet acte a été légalisé en 1969, il y avait des balises, des critères. Il fallait pour avorter l’aval d’un comité de trois médecins. Il fallait de « bonnes raisons médicales ». Certains, sans doute, prédisait qu’il y aurait tout au plus au Québec quelques centaines d’avortements par année. Dans les premières années, ce fut le cas. En 1971, il y avait autour de 1000 avortements au Québec. Mais le chiffre alla grandissant jusqu’en 1988, où, avec l’arrêt Morgentaler, toutes les belles balises se sont effondrées, pour ne laisser qu’un vide juridique. Nous sommes aujourd’hui rendus à 30 000 avortements par année au Québec, 100 000 au Canada. C’est l’avortement sur demande, pour n’importe quelle raison, jusqu’à la naissance. Voilà la progression en 40 ans. Je ne vois pas en quoi l’euthanasie sera différente : d’ici quelques années, ce qui s’est produit avec l’avortement se reproduira pour l’euthanasie.

Que faire ?

Selon moi, il y a cinq choses qui doivent être faites immédiatement pour arrêter ce projet de loi imminent.

1. Premièrement, l’essentiel : il faut se baisser la tête et prier ! Où que vous soyez, priez un moment pour que Dieu guérisse l’aveuglement spirituel de trop de nos concitoyens qui les mène à croire que le meurtre est un geste de compassion et le suicide un geste digne et salutaire. Demandons aussi pardon d’avoir pu contribuer de quelque façon à ce délabrement général du respect de la vie.

2. Deuxièment, signez le « Manifeste » du Collectif des médecins pour le refus médical de l’euthanasie.

3. Troisièment, et c’est très imporant : Contactez dès que possible votre député provincial. Votre élu doit connaître ce que vous pensez de ce mauvais projet de loi qui sera déposé sous peu : dites-lui « NON à l’euthanasie et au suicide assisté, OUI à une mort digne, sans acharnement thérapeutique, avec soins palliatifs s’il le faut. » Encore mieux : visitez-le ou la en personne ! Si vous ne connaissez pas votre député, appelez l’Assemblée nationale :

Région de Québec : 418 643-7239 Numéro sans frais : 1 866 DÉPUTÉS (1 866 337-8837) ou suivez ce lien.

4. Parlez-en avec votre famille, vos amis et vos connaissances. Grands-parents, parlez-en avec vos enfants et petits-enfants, curé et pasteurs, parlez en à vos ouailles, évêques, mobilisez vos diocèses et chacun de vous : préparez-vous à une mobilisation générale qui est sur le point de voir le jour. (J’espère vous donner d’autres détails dans un prochain message.)

5. Donnez nous les moyens de diffuser nos annonces contre l'euthanasie à la télévision, à la radio et dans les autres médias. Nous sommes présentement en train de traduire et d'adapter pour le Québec une annonce contre l'euthansie qui a été diffusée à la télévision en Ontario.

Avec votre appui, nous serons en mesure de faire la vérité sur les dangers de l'euthanasie pour le Québec. Merci de votre appui !

Et n'oubliez surtout pas de faire suivre ce message à toutes vos connaissances. Il est vraiment minuit moins 5 pour l'euthanasie au Québec. Il est temps de s'activer pour contrer cette menace.

Pour la vie !

Georges Buscemi , président

Pour en savoir plus sur l'euthanasie et le suicide assisté,
les risques et les dérives possibles >>

Suicide Action Montréal s'oppose à la légalisation de l'euthanasie au Québec et au suicide assisté

Sur le site de newswire.ca du 7 février 2013:

 

 

MONTRÉAL, le 7 févr. 2013 /CNW Telbec/ - Suicide Action Montréal (SAM) n'est pas favorable à l'assistance au suicide ou à l'euthanasie et favorise plutôt le développement des soins palliatifs dans le but de soulager la douleur des personnes dont la mort est inévitable.
 
Dans la foulée du rapport de la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité, le comité d'éthique de SAM s'est penché sur la question du suicide assisté et de l'euthanasie. Les travaux réalisés ont mené à la rédaction d'une prise de position officielle de l'organisation. Le document, Suicide Action Montréal - Suicide assisté et euthanasie : Position de Suicide Action Montréal rappelle les principes en cause, la conception de la prévention du suicide et la définition des termes utilisés. Il présente également le suicide assisté et l'euthanasie comme des avenues non souhaitables en mettant l'accent sur l'assistance et les soins palliatifs.
 

(...)

Dans ce rapport on peut lire :

Lorsque tout en soi crie la mort,
Suicide Action Montréal prône l’assistance à la vie.

Dans son Offre de services (2011), SAM précise sa conception de la prévention du suicide :
 

Les personnes qui s’enlèvent la vie sont en proie à une grande souffrance psychologique qui affecte leur capacité de jugement. Ces personnes ne sont plus en mesure de percevoir les ressources qui existent autour d’elles pour les aider et n’ont plus espoir que leur situation s’améliorera. Elles perçoivent alors le suicide comme un moyen d’arrêter de souffrir.

Toutefois, même lorsque la personne pense à mourir, il existe toujours chez elle une ambivalence, une partie qui veut vivre. En diminuant la souffrance des personnes suicidaires, en ranimant leur espoir et en les centrant sur leurs raisons de vivre, il est possible de prévenir le suicide. Des soins de qualité, offerts au moment opportun et en intensité suffi sante, peuvent éviter de nombreux décès par suicide.

Le suicide assisté
 

« Fait d’aider quelqu’un à se donner volontairement la mort en lui fournissant les moyens de se suicider ou de l’information sur la façon de procéder, ou les deux. » 1
 

Les connaissances actuelles démontrent qu’une personne qui demande à se suicider est une personne qui vit une détresse et qui présente toujours une ambivalence. SAM dit que cette personne a droit au secours. SAM est à l’écoute de la souffrance de la personne suicidaire et cherche à lui fournir une aide adéquate, tout en nourrissant la partie d’elle qui veut vivre.

Le comité conclut que SAM fait de l’assistance à la vie ; il va donc de soi que SAM ne peut pas être favorable à l’assistance au suicide.

L’euthanasie
« Acte qui consiste à provoquer intentionnellement la mort d’une personne à sa demande pour mettre fi n à ses souffrances. » 2
 

SAM croit qu’une personne qui demande l’euthanasie n’est pas fondamentalement différente d’une personne qui demande qu’on l’aide à se suicider. La personne qui demande l’euthanasie vit elle aussi une détresse importante et, surtout, elle est également dans l’ambivalence. SAM croit donc que cette personne a tout autant droit à de l’aide pour soulager sa douleur, physique et psychologique. SAM veut aussi nourrir la partie qui veut vivre chez cette personne.

(...)Dans son Rapport final, la Commission spéciale elle-même reconnaît l’existence de cette ambivalence chez les personnes qui demandent l’euthanasie :
« Les médecins européens nous ont expliqué que très peu de personnes malades qui envisagent cette option en font fi nalement la demande. »
 

Par ailleurs, ainsi qu’il est établi dans le Code d’éthique de SAM, le respect de la dignité de la personne est un principe important qui conduit à chercher à maintenir l’autonomie et l’autodétermination de l’individu. Selon le Code d’éthique de SAM, il faut « favoriser une augmentation de son autonomie ».
 

Selon le comité, l’euthanasie, en donnant à un tiers la possibilité d’influencer et d’intervenir dans une décision qui porte sur la vie même d’une personne ambivalente, va à l’encontre de ce principe de l’autonomie et de l’autodétermination qui est central à SAM.

Finalement, étant donné sa mission, SAM ne peut sûrement pas être en accord avec un geste dont l’intention est de donner la mort.
 

Conséquemment, le comité est d’avis que SAM ne peut pas être favorable à l’euthanasie.
(...)
 

• Sa mission étant de prévenir le suicide, Suicide Action Montréal prône l’assistance à la vie des personnes qui souffrent au point de songer à la mort. Le comité est donc
d’avis que SAM ne peut pas être favorable à l’assistance au suicide ou à l’euthanasie.
 

• Par contre, le comité est d’avis que les principes et les valeurs de SAM ne sont pas contredits lorsque la mort est inévitable, imminente, qu’il n’existe plus d’alternatives et que la sédation palliative continue, dont le but est de soulager les douleurs au risque d’abréger la vie, est acceptée.
 

• Finalement, le comité croit que dans le respect de son engagement, Suicide Action Montréal devrait se positionner résolument du côté de ceux qui cherchent à renforcer
et développer les soins palliatifs.

C'est l'un des nombreux rapports s'opposant à l'euthanasie, très fortement majoritaires, que la ministre Hivon et ses collègues de la commission Mourir dans la dignité ont choisi d'ignorer... Parce que la ministre Hivon et ses collègues sont mieux placés pour en juger que les experts et organismes de lutte au suicide... Ils ont une vue d'ensemble qui leur permet également d'insérer les données économiques de la question...

L'euthanasie: Suicider ses vieux, suicider ses jeunes, se suicider.

Le suicide des gravement souffrants

Le présent débat sur l'euthanasie fixe l'attention sur les malades gravement souffrant. Rares sont les gens qui peuvent envisager une telle souffrance avec sérénité. Surtout à une époque où le plaisir et le déplaisir sont devenus synonymes de bonheur et de malheur. On peut ainsi prévoir qu'avec l'usure du temps, des sensibilités autrement formées vont se rallier à la solution finale d'éliminer le souffrant pour éliminer sa souffrance.

L'euthanasie présentement proposée à notre conscience porte uniquement sur le suicide des malades gravement souffrant. Il n'est pas question de tuer quelqu'un à l'encontre de sa propre volonté: uniquement de reconnaître son "droit" de mettre fin à ses propres jours.

L'alternative à l'euthanasie est la reconnaissance de la valeur de la vie de cette personne et tout le dérangement que cela implique. Aussi, quand le malade aura décidé de déposer le fardeau qu'il porte et qu'il impose, le soulagement sera plausiblement aussi grand, sinon plus, pour les siens et pour les services sociaux que pour lui-même. Matériellement, on n'engouffrera plus une fortune de biens et de services à le maintenir en vie. Psychologiquement, on n'aura plus le fardeau de lui tenir compagnie et de lui offrir réconfort.

L'accroissement des suicidés

Dès lors qu'on aura reconnu le "droit" au suicide des malades, on peut prévoir un accroissement rapide de l'exercice de ce "droit". En effet, l'accent ne sera plus mis sur l'encouragement de la personne à endurer et à persévérer dans la souffrance. Il sera mis sur l'encouragement à s'éliminer lorsque la souffrance sera particulièrement atroce. On exercera moins d'effort pour tirer une personne du creux dépressif qu'elle peut éprouver. On proférera plutôt des encouragements pour qu'elle s'y enfonce définitivement. Et va pour les uns.

Quant aux autres? La dépréciation du courage dans la souffrance entraînera la dépréciation des personnes qui exercent un tel courage. Le mépris accroîtra la solitude dans laquelle des souffrants combattent et contribuera à provoquer une dépression finale qu'ils auraient autrement pu éviter.

Les imperméables? Influencés par le "bon sens" de ceux qui auront vidé les lieux, les moyennement proches et les agents sociaux qui entourent les grands souffrants tenaces exerceront une véritable pression "charitable" pour que ces derniers se hâtent de suivre cet exemple, i.e. de se suicider: "Voyons, mon bon monsieur, soyez raisonnable!"

L'accroissement des raisons du suicide

Maintenant, les raisons de suicide pour les gravement malades vont aussi se multiplier. Moins on encaisse, moins on peut encaisser. Avec la disparition des souffrances présumées insupportables, les souffrance présumées supportables le paraîtront moins. Car on sera alors parmi les plus souffrants. D'ailleurs, l'aisance avec laquelle d'autres ont cessé de souffrir sera tout autant fascinante, et possiblement plus, pour les souffrants moyens que pour leurs proches et les agents sociaux devant leur porter soins et assistance. Par exemple, le paralysé généralisé étant parti définitivement, le paralysé partiel pourra s'inviter et être invité à suivre ce chemin.

Dès lors que le "droit" au suicide thérapeutique sera reconnu, il faudra bien admettre que le mal de l'âme vaut bien, sinon plus, le mal du corps. A témoin ces gens qui portent dans la paix leur souffrance physique et ceux qui éprouvent une souffrance de vivre malgré leur santé physique. La solution finale doit alors être autorisée autant dans les cas de maladies psychologiques que dans les cas de maladies physiques. Et les maladies psychologiques sont sans limite.

L'universalisation du suicide

On ne saurait exercer de discrimination entre les gens en raison de leur âge ou de leur milieu de vie. Ainsi arrive-t-on à respecter et à faciliter le "droit" au suicide des moyennement vieux, des moyens, des moyennement jeunes et jusqu'à un certain point des jeunes. Quand une jeune fille de quatorze ans peut exercer la discrétion sur la vie qu'elle porte en son sein, sans droit d'intervention de ses parents, il n'y a pas plus de raison pour qu'elle n'ait pas le droit d'exercer la même discrétion sur sa propre vie qu'elle porte dans son corps, son coeur et son esprit. Le tout est de laisser le temps aux mentalités de s'y adapter.

Enfin, entre vous et moi, voyez-vous une raison sérieuse de ne pas profiter de l'aubaine du suicide dans un tel monde?

Voilà l'impitoyable logique d'une pitié qui éliminerait la personne souffrante pour éliminer sa souffrance.

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