Une pétition pour abolir le cours d'Éthique et Culture Religieuse à l'école.

Sur le site de l'Assemblée Nationale, une pétition pour que l'on cesse d'attaquer l'intelligence de nos enfants par un cours relativiste et par le fait même, illogique. Un cours qui vise à «protéger» nos enfants de leurs racines chrétiennes pour en faire, entre autres folies, des adeptes de la sauce Gaïa...

 

Le chroniqueur Jacques Brassard dénonce la religion «écolo-chamaniste» enseignée dans nos écoles primaires et secondaires

Sur le site du Journal de Montréal du 5 avril 2013:

 

(L'ancien ministre Jacques Brassard)

 

 

 

Georges Leroux est l’un des concepteurs du cours Éthique et culture religieuse, cette ratatouille multireligieuse dont on gave nos enfants et petits-enfants du début du primaire jusqu’à la fin du secondaire.
 
Selon M. Leroux, «l’État doit viser à déstabiliser les systèmes absolutistes de croyance.» Un autre de ses collègues, Fernand Ouellet, a affirmé de son côté qu’il faut «ébranler la suffisance identitaire» des jeunes en leur inculquant la tolérance et le vivre-ensemble. Quel beau programme!
 
Une telle approche plonge notre progéniture dans le relativisme, doctrine selon laquelle toutes les opinions se valent de même que toutes les religions et les croyances.
 
Concrètement, cela signifie que les racines et l’héritage judéo-chrétiens du peuple québécois doivent être amoindris et même extirpés de l’école, car ils font partie de la «suffisance identitaire» qu’il convient de disloquer et des «systèmes absolutistes de croyance» qu’on se doit de déstabiliser.
 
On pourrait croire que le but visé consiste à mettre sur le même pied toutes les religions et à les considérer toutes comme également légitimes. Pas du tout! On observe au contraire que le relativisme ne s’applique pas à une nouvelle religion qui prédomine désormais dans pratiquement tous les domaines de formation.
 
Écolo-chamanisme
 
Cette nouvelle religion, c’est un mélange de spiritualité autochtone et d’écologisme. On peut dire que c’est une forme de régression vers le chamanisme primitif (religion, selon le Petit Robert, caractérisée par le culte de la nature, la croyance aux esprits et des pratiques divinatoires et thérapeutiques). Je propose d’appeler cette nouvelle religion L’ÉCOLO-CHAMANISME.
 
Il suffit d’aller voir dans les manuels du cours Éthique et culture religieuse pour y trouver le «petit catéchisme» de cette nouvelle religion. Par exemple, on propose comme prière aux jeunes du primaire celle de Pilip, enfant micmac : «Merci à toi, notre Mère la Terre. Merci pour tout ce que tu nous donnes. Merci à l’Esprit des plantes et à l’Esprit des animaux qui assurent notre survie.» De l’écolo-chamanisme pur jus! Notez que le «Notre Père» ne fait pas partie des prières suggérées. Trop judéo-chrétien! Et à la suite de la prière de Pilip, on demande de répondre à la question : «Que pourrais-tu faire pour prendre soin de la Terre?».
 
Belle occasion d’énumérer les blessures que l’être humain inflige à Mère Nature. Car cette nouvelle religion est antihumaniste par essence (l’humanité est une espèce malfaisante).
(...)
 
Nous avons sorti l’Église catholique de l’école. Mais l’école n’est pas neutre et laïque pour autant. Elle est devenue écolo-chamanique.
 
Et avec la maternelle à quatre ans, on ne fait qu’ajouter une année au processus d’endoctrinement.(...)

 

Le Collège Loyola veut aller en Cours Suprême pour défendre son droit d'enseigner le cours ECR dans une perspective catholique

Sur le site du Journal de Montréal du 5 février 2013:

 

(La cour supérieure du Québec avait eu un autre jugement sur l'imposition du  cours ECR, obligatoire pour les écoles privées et publiques.)

 

L’école secondaire catholique anglophone Loyola, qui souhaite être exemptée de l’obligation d’enseigner le cours Éthique et culture religieuses (ÉCR), demande d’être entendue par la Cour suprême du Canada.
 
Le 4 décembre dernier, dans un jugement unanime, la Cour d’appel du Québec avait cassé une décision de la Cour supérieure rendue en 2010 qui permettait à l’école Loyola de substituer son propre programme d’enseignement au cours ÉCR.
 
S’estimant «déçue» par l’arrêt de la Cour d’appel, la direction de l’établissement montréalais a fait savoir lundi qu’elle avait décidé, «après mûre réflexion», de solliciter l’autorisation d’en appeler devant le plus haut tribunal du pays.
 
Le juge Jacques Fournier de la Cour d’appel avait infirmé cette décision parce qu’il estimait que l’atteinte à la croyance religieuse de Loyola, s’il y en a une, est «négligeable, car il ne s’agit que d’un cours parmi plusieurs. Il n’est pas demandé à l’enseignant de réfuter les préceptes de la religion catholique, mais de s’abstenir d’exprimer son opinion ou ses convictions».
 
Le juge avait ajouté qu’il «n’y a rien dans la décision de la ministre qui constitue un obstacle à l’enseignement de la foi et de la doctrine catholique à l’occasion d’un tel cours».
 
Cette décision du juge Fournier avait infirmé un jugement de 2010 de la Cour supérieur qui estimait que la décision de la ministre portait atteinte à la liberté de religion de l’école Loyola et de ses membres.
 

(...)

Rappel du viol de la conscience des enfants par le Cours d'Éthique et Culture Religieuse

Des nationalistes ont décriés ce cours institué par le Parti Libéral, mais ils se sont fait rappeler à l'ordre par les instances du Parti Québécois, un parti supposé défendre l'identité québécoise et sa patrie! Voici un court et excellent texte de Patrick Andriès sur le cours ECR, paru sur le site Le Québécois Libre du 15 septembre 2008: 

(...)La manière dont l’étude de l’ensemble de ces traditions religieuses est abordée dans sept manuels agréés publiés par Modulo et ERPI apparaît contestable pour au moins cinq raisons: la prématurité, la confusion, la non-représentativité, la partialité et la superficialité.

Dès six ans, les enfants se voient imposer l’étude de plusieurs religions alors qu’ils comprennent à peine la leur, s’ils en ont une. Mieux vaudrait apprendre d’abord une langue spirituelle ou philosophique avant de vouloir devenir polyglotte. Il paraît plus sage que les enfants soient d’abord formés dans leur tradition religieuse ou philosophique, avant d’en étudier d’autres. Or ce cours semble précisément vouloir éviter cela: il faut une table rase, jeune et malléable aux pédagogues.

Le manuel pour les élèves de 8 ans publié par Modulo avoue que le cours pourrait les perturber. C’est ainsi que les jeunes héros de ce manuel admettent que leurs « idées se bousculent » après avoir entendu différents récits contradictoires de la création. Qui croire? La réponse du « sage » qui clôt le manuel est d’une mièvrerie et imprécision affligeantes. Il est légitime de se demander si cette confusion n’est pas le but de la précocité dénoncée ci-dessus. Rappelons les paroles d’un des pères du cours d’ECR et réviseur scientifique des manuels Modulo, Fernand Ouellet, pour qui « Il faut aussi apprendre à ébranler la “suffisance identitaire” » et qui cite ces mots comme explication: « Il [s’agit] donc moins de “construire une identité” que, à l’inverse, d’ébranler une identité trop massive et d’y introduire la divergence et la dissonance; il n’est pas de préparer à la coexistence et à la tolérance ».

La tradition religieuse de près de 90% des Québécois est bien mal représentée. C’est ainsi que dans les manuels du premier cycle du primaire de Modulo, seuls 52,3% des pages à contenu religieux peuvent être considérées comme parlant du christianisme alors que 20% des pages ont pour thème la spiritualité autochtone dont les adeptes, selon le recensement de 2001, représentaient moins de 0,1% de la population québécoise! On déplorera également l’absence quasi systématique de l’orthodoxie grecque ou copte dans les manuels agréés alors que l’hindouisme, le sikhisme, le judaïsme, l’islam, le bouddhisme et la spiritualité autochtone, chacun d’un poids égal ou fortement inférieur à l’orthodoxie dans la population québécoise, sont bien décrits!

La partialité n’est pas absente des manuels étudiés. Prenons le cas, parmi d’autres, du manuel Modulo de 2e primaire. Alors que les « récits religieux » consacrés aux autres religions, que ce soit le rêve de la reine Maya ou la révélation à Mahomet, y sont toujours à l’indicatif ou à l’impératif (« Dieu révéla à Muhammad le message divin »), la résurrection de Jésus y est relatée au conditionnel: « Ils l’auraient plutôt rencontré bien vivant »! Ailleurs [ERPI] au secondaire, le rôle de la femme dans la spiritualité autochtone est traité avec lyrisme: « La femme représente la Terre-Mère et incarne la fécondité. Elle veille à la croissance et à la socialisation des enfants. Toutes les activités des femmes feront d’elles des Gardiennes de la vie. » Pas d’envolée pour les chrétiens. ERPI se concentre sur la non-ordination des femmes chez les catholiques, sujet dont on ne dira pas un mot quand il s’agira des femmes en Islam, mais où l’on affirme que leur sort s’est amélioré avec la venue de Mahomet! En quoi le sort des femmes chrétiennes et juives en Arabie et au Proche-Orient s’est-il amélioré avec la venue de l’Islam? Le manuel n’en dit mot.

 

 

 

« Le manuel pour les élèves de 8 ans publié par Modulo avoue que le cours pourrait les perturber. C’est ainsi que les jeunes héros de ce manuel admettent que leurs "idées se bousculent" après avoir entendu différents récits contradictoires de la création. Qui croire? »

 

Les manuels sont abondamment illustrés et le peu de textes qu’on y trouve est consacré pour une bonne partie à l’éthique. L’apprentissage des religions au primaire est donc très rudimentaire. L’élève n’aura qu’une vague idée de ce que sont ces différentes religions. Il ne connaîtra rien des différences entre les courants protestants, ni même ce qui pourrait séparer l’orthodoxie du catholicisme. Ajoutons à cela, la volonté affirmée de démontrer que les religions se ressemblent (elles ont toutes des récits de la création, des rites de mariage, encouragent le partage, etc.) Le manuel Modulo pour la 2e primaire demande aux jeunes de faire ressortir les similitudes, mais pas les différences dans « les récits de l’Annonciation, de la reine Maya et de la révélation à Muhammad [entendre Mahomet en français] ». Or, ce qui est intéressant, c’est ce qui distingue les religions et qui parfois se cache sous un même nom. Pour citer Rémi Brague, définir Napoléon en disant: « il a deux jambes et une tête, donc il est comme moi », n’avance à rien.

Relevons encore, pour la partie culture religieuse, l’impression lancinante de lire des documents Nouvel-Âge tant par la mise sur un pied d’égalité des différentes religions, la valorisation de la spiritualité autochtone, de l’écologie, de la Terre-Mère et enfin la quête du bonheur ici-bas comme but ultime – et non le salut comme c’est le cas pour les chrétiens.

Souvent absents de ce cours: les parents. La figure du sage y est plutôt interprétée par un M. Paulo dont la ressemblance avec Paulo Coelho, auteur à succès de romans syncrétistes, est frappante. Les enseignants sont relégués au rôle d’animateur qui doit s’assurer que les jeunes n’enfreignent pas les règles du dialogue lors de leurs découvertes sur les religions ou la morale. Les enfants semblent devoir construire une éthique de vie par eux-mêmes sans avoir été instruits dans une tradition morale particulière.

Les manuels abondent en questions proposées à la discussion des enfants. La teneur de ces discussions dépendra en grande partie de l’enseignant. Prenons cette question: « Fais l'inventaire de tous les modèles familiaux que tu connais. Que remarques-tu? » On conçoit aisément que la discussion puisse aborder, avec certains enseignants, les couples homosexuels, sujet où les religions et les familles ont des positions très variées et tranchées. Qu’exigera-t-on de l’enfant dans une telle discussion? Pour les élèves qui penseraient que les familles monoparentales sont moins souhaitables que les familles avec un papa et une maman, une page idoine du manuel fustige ce comportement en le caricaturant négativement. Cette même page se termine par la question suivante: « De quoi a-t-on besoin pour former une famille? Discutes-en avec tes camarades. » L’enfant vivra une pression sociale si ses valeurs familiales ne vont pas dans le sens du programme ou du groupe.

La transmission d’une tradition et la formation de l’enfant à une morale exigeante, adaptée à son âge, ne semblent pas être l’objet de ces manuels. Au contraire, on cherche à l’habituer, au plus tôt, à un ensemble de traditions présentées comme équivalentes, sans trop en approfondir les doctrines ni les différences, afin semble-t-il qu’il choisisse ce qui lui plaît de ce buffet religieux superficiel. Quels avantages à cette atomisation spirituelle des Québécois? En quoi cela respecte-t-il les voeux des parents québécois pour leurs enfants?

 

L'ancien ministre Jacques Brassard du Parti Québécois a reconnu son erreur. Pauline Marois fera-t-elle de même?

C'est le Parti Québécois qui a fait modifier la constitution pour que les québécois perdent leur droit d'avoir une école éduquant leurs enfants selon leurs convictions religieuses. L'ancien ministre Jacques Brassard a reconnu son erreur dans ce texte paru en 2008. Pauline Marois ne reviendra, elle, jamais sur l'attaque frontale aux droits des parents qu'elle a commis. Elle a certainement "une histoire à finir" comme le disait la laïciste intégriste Louise Mailloux, avec le christianisme... Sur le site de Pour une école libre du 17 décembre 2008:

Lorsque j'étais, dans une vie antérieure, ministre des Affaires intergouvernementales, j'ai contribué, avec Pauline Marois et Stéphane Dion, à faire adopter par les deux Parlements un amendement constitutionnel qui avait pour effet de déconfessionnaliser les commissions scolaires. Le but recherché était d'en faire des structures linguistiques.

Lors des débats parlementaires, cependant, tout le monde insistait pour dire que la création de commissions scolaires linguistiques n'abolissait pas le droit à l'enseignement religieux garanti par la Charte des droits et libertés. Jusque-là, pas de problème !

Valeur

Quand le ministère de l'Éducation a concocté et imposé à tous les jeunes du primaire et du secondaire un cours d'éthique et de culture religieuse, quelle ne fut pas ma surprise d'apprendre que l'Assemblée nationale avait modifié à l'unanimité et à toute vapeur, en juin 2005 sans vote nominal la Charte des droits. Résultat : abolition, à toutes fins utiles, de la liberté de choix des parents en matière d'enseignement religieux et moral.(...)s
 

Cela vaut la peine de lire le texte avant sa modification... « Les parents ont le droit d'exiger que, dans les établissements publics, leurs enfants reçoivent un enseignement religieux ou moral conforme à leurs convictions, dans le cadre de programmes prévus par la loi. » C'est en vertu de cette disposition que les écoles publiques du Québec offraient le choix aux parents entre l'enseignement religieux et l'enseignement moral. Dans 80 % des cas, c'était l'enseignement religieux qui était choisi.

Changement majeur

Désormais, le nouvel article, tel que modifié, ne fait que reconnaître aux parents le « droit d'assurer l'éducation religieuse et morale de leurs enfants ». Il n'est plus question, toutefois, que ça se passe dans les « établissements publics ». Il s'agit d'un changement majeur puisqu'il abolit la liberté de choix (entre enseignement religieux ou moral) des parents. Tout cela s'est fait pratiquement en cachette et à toute vapeur. Une telle désinvolture en matière de droits et libertés est pour le moins offensante et méprisante à l'égard des parents du Québec.
 

Le nouveau cours d'éthique et de culture religieuse est je le dis sans ménagement, une horreur. C'est une macédoine indescriptible qui oblige des enfants de six ans à « fréquenter » au moins six religions. Jésus, Allah, Bouddha, Vishnou, Ganesh, Jéhovah et le Grand manitou, C'est toute une ribambelle de dieux qui vont se bousculer dans le cerveau des tout-petits.

L’effet recherché de ce cafouillis divin, c’est de relativiser (cela s’appelle le relativisme éthique) l’héritage judéo-chrétien des Québécois. Vous croyez que je divague ? Voici ce qu’écrit le géniteur du cours, Fernand Ouellet : « Il ne suffit pas, nous avoue-t-il, d’éduquer à la reconnaissance et au respect de l’autre. Il faut aussi apprendre à ébranler la « suffisance identitaire » et à s’intéresser à l’autre par delà les divergences et les conflits de valeurs ». Plus loin, il ajoute qu’il faut « ébranler une identité trop massive et y introduire la divergence et la dissonance ». Pas mal, hein ? Comprenez que l’héritage, les traditions, le patrimoine et l’éthique judéo-chrétienne forment un noyau trop dur, trop résistant, trop coriace. Ainsi, il est essentiel de le casser, de le fractionner, afin de permettre à nos enfants et petits-enfants d’être propulsé dans le nirvana du multiculturalisme et de la surabondance divine.(...)
 

Si l’on pouvait tenir un référendum (comme dans la plupart des États américains) sur cette question, une forte majorité obligerait sûrement les idéologues multiculturels à rétablir la liberté de choix des parents comme un droit fondamental.

À quand un référendum sur le cours d'Éthique et Culture Religieuse, Mme Pauline Marois? Et sur ce droit reconnu internationalement, sauf au Québec, des parents : « Les parents ont le droit d'exiger que, dans les établissements publics, leurs enfants reçoivent un enseignement religieux ou moral conforme à leurs convictions, dans le cadre de programmes prévus par la loi. »? 

Sondage Léger-Marketing: 54% des québécois refusent l'obligation pour les enfants de suivre le cours ECR

Selon un sondage Légér-Marketing, seulement 4 québécois sur 10 exigent que le cours ECR soit obligatoire. Qu'il y ait 40 % de la population qui ne respecte pas la liberté de conscience au Québec nous fait réfléchir à l'importance de combattre pour les droits et libertés des citoyens, si nous ne voulons pas que bientôt une majorité de citoyens réclame un état clairement totalitaire. Le site coalition- cle.org nous apporte ces résultats:

Un récent sondage Léger-Marketing pour la Coalition pour la liberté en éducation (CLÉ) confirme que 55 % des Québécois se montrent très ouverts à la mise en place des chèques éducation, le gouvernement octroyant une somme fixe pour la scolarité de chaque enfant et laissant alors les parents choisir l’école publique ou privée qu’ils privilégient. La CLÉ salue cette possibilité de libre choix offerte à tous les parents, qu’ils soient nantis ou moins fortunés.

Plus de trois ans après l’imposition unilatérale du cours, seuls quatre Québécois sur dix sont pour le maintien du cours d'éthique et de culture religieuse (ECR) comme matière obligatoire. Un quart des Québécois pense que le cours ECR devrait être optionnel, alors que 29 % des Québécois pensent qu’il devrait être remplacé par des cours de mathématiques ou de français. Cette volonté est sans doute en rapport avec les derniers résultats de l’étude du Conseil des ministres de l’Éducation du Canada (PPCE-2010) qui indiquaient que les élèves du Québec ont connu de forts reculs en lecture (passant de la 1re place à la 7e) et en sciences (de la 2e à l’avant-dernière place).

Selon le président de la CLÉ, M. Sylvain Lamontagne, « au regard de ces résultats, il est évident que le cours ECR ne fait pas consensus et qu’une majorité des Québécois souhaitent avoir plus liberté. Pourquoi un gouvernement qui se targue d’imposer ce cours unique par respect de la diversité, ne montre-t-il pas plus de respect envers les parents ? »

En effet, un peu plus de la moitié de la population québécoise (54 %) pense que les écoles devraient avoir une plus grande liberté dans le choix des programmes qu'elles enseignent et dans la façon de les enseigner. Pour Patrick Andries, secrétaire de la CLÉ, « au Québec, les parents sont en phase avec les résultats d’organismes internationaux comme l’OCDE qui identifient la liberté de pédagogie et de programmes scolaires comme un composant nécessaire à une éducation de qualité ». Il ne s’agit pas seulement de rendre plus autonomes les écoles ou de mieux encadrer les enseignants car, comme le déclare l’OCDE, « [d]ans les pays où les établissements d’enseignement jouissent d’une grande autonomie dans le choix des programmes et des modes d’évaluation, les élèves ont tendance à obtenir de meilleurs résultats. »[1] Pour la CLÉ, un supplément de liberté dans ces domaines permettra de mieux répondre aux besoins du Québec de demain tout en respectant mieux les droits des parents.

Ce sondage a été réalisé par Léger Marketing auprès de 1001 personnes de plus de 18 ans, dans toutes les régions du Québec, du 27 au 29 février 2012. L’échantillon pondéré choisi a une marge d’erreur de ± 3,1 % dans 19 cas sur 20.
 

[1] http://www.oecd.org/dataoecd/54/0/48989573.pdf , « Autonomie et responsabilisation des établissements d’enseignement : quel impact sur la performance des élèves ? », OCDE, octobre 2011.
 

La cour "suprême" et le cours d’éthique et de culture religieuse

La Cour Suprême : oui au droit de porter un poignard à l’école, non au droit de ne pas suivre un cours.

Ainsi donc, la présence d’une arme blanche dans une cour de récréation serait moins dangereuse pour la société que l’absence de quelques élèves dans une salle de classe. Comment ça se fait ?

On dirait que les tribunaux, appuyés sur les chartes des droits, défendent la liberté d’expression pour motif religieux (autre exemple : le voile des femmes), mais se méfient de la liberté d’abstention pour motif religieux (être exempté du cours ECR, par exemple). Et, plus largement au niveau du climat social et politique dans un contexte de charte des droits, c’est comme si on aimait mieux la reconnaissance des différences, mais on a de la misère avec l’acceptation de la dissidence. Les droits des gais, par exemple, s’expriment désormais sur un registre festif tout au long de l’année, avec des célébrations saisonnières qui s’inscrivent parfaitement dans les valeurs de consommation marchande, qui sont celles de tout le monde. Il n’y a plus grand-chose de contestataire là-dedans par rapport à l’ordre établi, en tous cas économique (qui est tout, comme chacun sait). Mais on les "reconnaît". La dissidence de quelques centaines de parents dont on sent que leurs convictions désavouent quelques unes des valeurs de la société actuelle, ça, par contre, l’État estime de son devoir de la supprimer concrètement, alors même qu’ils ne perturbent vraiment pas grand-chose ! Ce sont peut-être des hurluberlus aux yeux du plus grand nombre, pourtant ils ne vont pas haranguer les passants dans la rue ni se déguiser en costumes extravagants pour attirer l’attention ! Bizarre, non ?

Cette mise en valeur de la liberté d’expression et cette méfiance envers la liberté d’abstention, la célébration des "différences" et cette aversion pour des formes de dissidence authentique, à quoi cela revient-il, si ce n’est à dessiner les contours d’une société qui ne se veut pas pas si accuillante envers toutes les options de vie ? Pourtant, c’est en vantant l’ouverture des Québécois qu’on a pu convaincre les croyants (les évêques québécois par exemple) d’accepter le cours ECR. En fait, c’est comme si le Québec avait de la misère avec la désobéissance civile (*). Celle-ci est depuis Thoreau comme une soupape de sûreté qui permet à la société, en Amérique du Nord, d’accepter et de gérer en son sein la présence d’éléments qui refusent de rallier la vie commune, au lieu de les pourchasser ou de mettre de l’énergie à tâcher de les circonscrire, comme on a traditionnellement fait dans les sociétés européennes (avec des résultats dont elles n’ont pas toujours eu lieu d’être fières)... Et pourtant, non. Sans doute, les Québécois dits de souche ont du mal à accepter les dissidents (les Témoins de Jéhovah sous Duplessis, tous les croyants convaincus aujourd’hui), mais l’État québécois, lui, sait très bien qu’il doit être souple avec certains acteurs.

Je l’ai compris un jour en lisant une intervention de Jean-Pierre Proulx au sujet de la question des écoles juives orthodoxes, par rapport au cours ECR (justement). Reconnaissant que c’était déjà tout un programme de vouloir les amener à se conformer aux grandes lignes du régime pédagogique, quel concept invoqua-t-il comme piste de solution en vue de ne pas faire trébucher ce projet sur l’écueil ECR ? Eh oui, la vieille notion américaine de désobéissance civile. Soyez en certains : si la seule école privée religieuse à avoir officiellement demandé une dérogation au cours ECR est le collège catholique Loyola, ce n’est pas parce que les écoles juives (les illégales, mais aussi les légales) suivent le programme du ministère, c’est parce qu’elles ne se soucient pas de demander la permission de faire ce qu’elles font de toute façon, et parce que le gouvernement ne le leur imposera jamais. Si vous en doutez, allez voir les sites internet des écoles montréalaises Akiva, Maimonide, Bialik, et United Talmud Torah (toutes recconnues officiellement et parfaitement en règle), et demandez-vous si la conception de l’éducation qui en ressort peut cadrer avec une présentation "laique" du cours ECR. Demandez-vous si une telle présentation peut avoir cours à l’école privée musulmane Sogut du mouvement Gülen, qui n’est pas une secte, loin de là, mais une association de fidèles bien intégrés et très bien organisés, et aussi très fervents.

Conclusion : oui, la désobéissance civile doit bien exister au Québec. Mais contrairement aux Américains, il semblerait que nous n’ayons pas envie de l’admettre. En tous cas, en matière religieuse, ce n’est pas une option "socialement acceptable" pour les chrétiens, on dirait.

(*) S’agissant d’un programme scolaire, il serait peut-être plus approprié de parler du droit à l’objection de conscience. Celle-ci permettait jusqu’en 2008 de ne pas suivre les cours d’enseignement religieux confessionnel à l’école. Le rapport Proulx, qui est à l’origine du cours ECR, s’appuyait sur une expertise juridique affirmant qu’un tel cours passerait le test des conventions internationales sur les droits de la personne, en ce qui a trait au respect de la liberté de religion. Mais le rapport Proulx omet soigneusement de retenir une partie de cet avis formulé par Me Jose Woehrling, qui précise que pour être assuré de passer ce test, un tel cours devrait permettre l’objection de conscience, comme dans le cas d’un cours de religion. C’est pourquoi, maintenant que les recours des parents contestataires sont épuisés en droit interne, il pourrait leur rester la possibilité (à eux ou à d’autres parents) de porter cette affaire devant le Comité des droits de l’homme de l’ONU. Celui-ci s’est déjà prononcé sur des plaintes de Québécois critiquant la loi 101 (en 1993). L’ONU a aussi enquêté sur les pratiques des Centres jeunesse en 2005

Jugement de la Cour Suprême sur le cours ECR: pas convaincue des conséquences sur l'enfant

La Cour suprême a manifesté, non pas que le cours était respectueux en soi de la liberté religieuse des parents, mais que l'on n'avait pu prouver le contraire.

Présentant le cours comme transmettant des connaissances, les juges n'ont pas tenu compte de l'expertise du théologien Guy Durand, présentant les aberrations de la philosophie du cours.

Le combat est donc à reprendre pour faire prendre conscience aux juges de l'absence de connaissances apportés par ce cours, pour plutôt porter l'accent sur un esprit de "tolérance", c.-à.d. l'esprit de "tolérance" d'un professeur qui expliquera aux enfants ce que lui tolère ou pas et que les enfants doivent imiter.

C'est à un déni de justice que nous venons d'assister. Nous reproduisons le commentaire de Michel Lebel, ancien professeur des droits et libertés de la personne, paru sur le site du Devoir du 17 février 2012:

UNE DÉCISION-TENDANCE!
 
Tout dépend comment on voit les choses, quelle sensibilité religieuse on a. Si on dépasse le formalisme juridique et autres, si on a vraiment conscience de l'importance de la religion et du choix d'une religion donnée par les parents pour leurs enfants, on peut facilement arriver à une conclusion différente de celle des autorités judiciaires canadiennes.
Je suis ainsi à peu près sûr que la Cour suprême des États-Unis serait arrivée à une décision opposée à celle de la Cour suprême du Canada. Ce qui me fait dire que le Canada, surtout le Québec, est une société très sécularisée, où la religion de fait a peu de place dans l'espace public. Le juges canadiens ne font ici que réfléter cette tendance dominante. Tendance que je ne partage pas, mais que je constate.

Michel Lebel
Ancien professeur des droits et libertés de la personne

Le Relativisme Moral: la censure de la chanson d'Édith Piaf et le cours ECR

Demain, à 9h45, la Cour suprême du Canada prononcera son jugement concernant le cas de la famille Lavallée-Jutras contre la Commission scolaire des Chênes et al. La famille Lavallée-Jutras affirme que le cours d’Éthique et culture religieuse au Québec (le programme ECR) transgresse la liberté de religion et le droit d’éduquer leurs enfants selon leurs croyances et valeurs. Selon deux sondages scientifiques des années 2008 et 2009, plus de 75% des Québécois « sont d’accord pour que les parents aient le choix entre l’enseignement religieux confessionnel et le cours d’éthique et de culture religieuse »

La plaidoierie de la famille Lavellée-Jutras a été rejettée deux fois avant qu'elle ne soit présentée devant la Cour suprême en mai 2011. Ils ont dû mener une longue bataille pour en arriver où ils sont! Ceci n’est pas la première fois que le Ministère de l’Éducation refuse d’écouter les parents d’enfants d'âge scolaire. Il y a eu déjà des milliers de demande de familles qui souhaitent être exemptées de participer à ce cours d’éthique relativiste.

L’avocat de la famille Lavallée-Jutras, M. Côté, a expliqué que le code civil du Québec donne le droit et la responsabilité aux parents d'éduquer leurs enfants. Plusieurs parents demandent seulement que leurs enfants aient la permission de ne pas participer au cours ECR en raison du fait que le contenu enseigné n’est pas en accord avec leurs croyances ou leur valeurs fondamentales. Nous avons un droit de liberté religieuse au Canada. Est-ce que le cours obligatoire ECR nous permet d’exercer ce droit? Il est évident que la réponse est non…voyons voire ce qui vient de se passer récemment dans une école primaire à Sorel-Tracy.

Un professeur de musique de l'école Saint-Gabriel-Lalemant a pris cette décision parce que le mot «Dieu» figure dans les paroles de la chanson L'Hymne à l'amour. L'enseignant, qui préparait un spectacle de fin d'année, a ainsi supprimé la dernière phrase de la chanson, celle où les élèves auraient dû chanter «Dieu réunit ceux qui s'aiment». Plusieurs parents ont critiqué cette modification à l'une des chansons les plus connues de la Francophonie.

 Ceci est un exemple de l’attaque à la liberté de religion. La dernière phrase (et possiblement la phrase la plus importante!) de la chanson d’Édith Piaf a été coupée, comme si elle ne vallait rien. Examinons cette phrase : «Dieu réunit ceux qui s'aiment.» Au nom de la laïcité, les professeurs et membres du Ministère de l’Éducation souhaitent gommer toutes marques de religions au Québec.

Le professeur en question «ne voulait pas aborder de thème religieux dans ce cours-là.»  Que c'est-il passé dans notre pays? Heureusement, il y a eu plusieurs réactions négatives à cet évènement. Comme l’a dit un commentateur sur le site Yahoo! Québec, « Censurer une chanson d'Édith Piaf c'est comme censurer une œuvre ou un tableau de Da Vinci ou Michael Ange! On ne touche pas les œuvres d'art, c'est sacré!! » Eh bien oui, c’est ridicule!

Il est temps de se poser la question : existe-t-il une campagne antireligieuse au Québec? Comment sommes-nous passés de la tolérance de la religion à l’intolérance complète? Je pense qu’il est clair qu’il y a un gros problème dans nos écoles. Le programme ECR n’encourage pas l'apprentissage de la religion aux enfants - plutôt il prétend qu’il n’existe pas vraiment de vérité. Le relativisme moral est enseigné comme substitut pour l’existence de Dieu. Sainte Thérèse D'Avila aurait dit « Tout passe, Dieu ne change pas »…il semblerait que le Québec a compris le contraire !

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