Un enfant chinois écrasé par un fonctionnaire du planning familial zélé?

Sur le site (via le Salon Beige) de tf1.fr du 5 février 2013:

 

 

 

Le fonctionnaire du planning familial était venu demander aux parents de s'acquitter de la lourde amende imposée à ceux qui ont plus d'un enfant. L'histoire se déroule en Chine où, depuis plus de trois décennies, la politique draconienne de l'enfant unique régit la vie des couples. A l'arrivée du fonctionnaire, ce couple vivant dans la province orientale du Zhejiang a protesté. Quand le responsable a voulu partir, un des enfants de la famille est mort écrasé par sa voiture. Il avait 13 mois. Les circonstances de son décès restent floues et une enquête a été ouverte. 

"Le responsable des services du planning familial du district de Mayu était en train d'encourager la famille à régler les frais liés à la bouche supplémentaire à nourrir, mais la famille a commencé à montrer des signes d'agitation", a expliqué mardi à l'AFP un responsable local se présentant sous l'identité de M. Zhou. Le fonctionnaire a alors tenté de conduire dans sa voiture la famille récalcitrante jusqu'au bureau du planning familial local, a poursuivi M. Zhou. "Mais, au moment où il faisait démarrer son véhicule, il a découvert l'enfant écrasé sous les roues".
 
Une limitation des naissances remise en cause
 
Accident ou homicide volontaire ? Cette affaire a en tout cas été jugée assez dramatique pour que le Quotidien du peuple l'évoque mardi sur son site internet. Les familles chinoises qui dépassent les stricts quotas d'enfants permis par les autorités sont obligées de régler une amende d'un montant souvent difficile à supporter pour les foyers modestes.
 
Même si elle a été légèrement assouplie pour certaines tranches de la population, la politique de l'enfant unique est responsable de très nombreux drames en Chine, parmi lesquels des stérilisations de masse, des avortements tardifs et des abandons de petites filles.(...)

Source sur TF1 News : Dramatique fait divers lié au contrôle des naissances en Chine

Pour avoir le droit de travailler en Chine il faut parfois n'avoir qu'un seul enfant...

Sur le site de adoption en Chine du 19 décembre 2012:

 

(Un gouvernement barbare contre les mères)

Dans le District de Panyu Guangzhou, l'administration locale de santé (Food and Drug administration) et l'administration ministère a demandé au propriétaire d'un restaurant universitaire à l'Université SunYat-Sen  de présenter au doyen de l'université son certificat familial (preuve officielle de contrôle des naissances) en vue d'obtenir une extension de sa licence et de rester en entreprise, a rapporté le Southern Metropolis Daily mardi.

«Ce sont deux choses complètement différentes! Le directeur de l'université demande le certificat familiale, c'est son affaire privée. Qu'est-ce que cela a à voir avec notre restaurant? Cela n'a aucun sens ", a déclaré le vendeur de nourriture.

Panyu Food and Drug Administration a publié un guide juridique le 30 août, qui a précisé que le certificat familial de son représentant légal est requis dans la procédure de demande et d'extension d'une licence ou d'un permis hygiène alimentaire du commerce pharmaceutique.

Les représentants du gouvernement a expliqué plus tard que la politique est de «veiller à ce que tout coule en douceur pour la population locale et le Bureau de la planification familiale», le ministère survole les questions liées à la politique de l'enfant unique. (...)

«Notre société oblige les femmes à subir des opérations DIU [stérilet] , elle oblige des accouchements provoqués, et elle oblige les avortements tardifs. Est-ce que la politique de l'enfant unique vise à persécuter les mères de notre nation? "A-t-il demandé.
Un autre, frustré quant à la négligence de la Chine face aux droits de l'homme, a déclaré: «Je ne sais même pas s'il est sécuritaire pour moi de commenter davantage."

Beaucoup d'autres soulignent que les pratiques de stérilation forcée sont monnaie courante dans plusieurs villes chinoises. "C'est le cas essentiellement partout dans la province du Shandong, ainsi que de nombreuses autres provinces à travers le pays!

Le sort d'un femme dissidente à la politique de l'enfant unique en Chine

Sur le site du journal L'Express du 9 novembre 2012:

 

(Mao Hengfeng, un jour de liberté...)

 

 

 

Wu Xuewei vient de recevoir la notification. Son épouse, la pétitionnaire Mao Hengfeng, est condamnée à un an et demi de "rééducation par le travail" par une procédure extra-judiciaire évoquant davantage Kafka qu'un Etat moderne.

Cela n'a rien de surprenant ni de nouveau pour la famille. Dès 1988, Mao Hengfeng a refusé l'avortement que le planning familial lui ordonnait de subir, pour être tombée de nouveau enceinte après avoir donné naissance à des jumeaux, au pays de l'enfant unique. Elle a perdu son emploi.

Depuis, elle n'a eu de cesse de combattre le système, s'attaquant tour à tour à l'administration qui ne verse pas la pension due à sa mère ou aux autorités judiciaires de Shanghai lorsque celles-ci s'en prennent à ses condisciples pétitionnaires. Elle a déjà été envoyée illégalement à l'asile psychiatrique et condamnée à deux reprises aux travaux forcés par le passé. Lorsqu'elle refuse le labeur, elle est placée à l'isolement. Son mari évoque la torture: lorsqu'elle refuse de s'alimenter et qu'on la nourrit en lui plaçant sans ménagement des tuyaux dans le nez, ou lorsque ses geôliers jettent de la viande pour attirer les rats derrière les barreaux de sa cellule.

Wu Xuewei est sans nouvelle directe d'elle depuis des mois, si ce n'est par des notifications judiciaires.

Il serait temps que la Chine change de calendrier pour rejoindre le monde moderne...

"Batman" remet le prix des droits de l'homme au dissident Chen Guangcheng pour son combat contre les avortements forcés

Sur le site de Pure People du 26 octobre 2012:

 

 

 

L'acteur britannique Christian Bale n'a pas pu masquer son émotion, lorsqu'il a fièrement remis au dissident et activiste chinois Chen Guangcheng le prix des Droits de l'Homme à New York le 24 octobre. Le célèbre Batman de la saga réalisée par Christopher Nolan était très heureux de remettre une récompense à cet homme qu'il voulait rencontrer l'an dernier, mais il en a été empêché par les autorités chinoises. 
 

Christian Bale n'a pas pu retenir ses larmes lorsqu'il a rendu hommage à Chen Guangcheng, activiste aveugle qui s'est échappé de Chine pour se réfugier aux Etats-Unis, à New York. Ils se sont longuement serrés dans les bras sous les applaudissements d'une salle émue. Christian Bale s'est néanmoins permis une touche d'humour en déclarant : "Steve McQueen et La Grande Evasion ne sont rien à côté de Chen."

Avocat, Chen Guangcheng a été puni par le gouvernement chinois après s'est documenté et avoir dénoncé les injustices dans son pays, comme des avortements forcés (...)

Une biographie sur Chen Guangcheng

Une nouvelle parue sur le site de Radio-Canada du 17 juillet 2012:

 

 

Le dissident chinois Chen Guangcheng publiera une biographie l'an prochain. Henry Holt and Co, une marque de l'éditeur Times Books, a annoncé mardi que l'ouvrage du dissident devrait se retrouver sur les tablettes à l'automne 2013.

Le titre du livre à paraître n'a pas encore été choisi.

Chen Guangcheng a défrayé les manchettes à l'échelle internationale en avril dernier en s'échappant de son domicile. Il était assigné à résidence depuis 2010, après avoir contrarié les autorités locales en dénonçant la politique de l'enfant unique en Chine et recensé des cas de stérilisation et d'avortement forcés. (...)

Un dédommagement ridicule pour l'avortement forcé de Feng Jianmei

Profitant de la pauvreté des victimes, le gouvernement chinois le donne une somme dérisoire au regard du crime commis. Sur le site suisse de 20 Minutes Online du 11 juillet 2012:

Les autorités chinoises ont versé 70'000 yuans (environ 10'760 fr.) à une femme forcée d'avorter à sept mois de grossesse, a déclaré à l'AFP son avocat, ajoutant que cette somme ne compenserait pas les souffrances endurées par la jeune femme. (...)

Feng et son mari Deng Jiyuan ont accepté la somme qui ne saurait toutefois compenser «la souffrance spirituelle» du couple, selon leur avocat, Me Zhang Kai. «Leur enfant (...) a pratiquement été tué. Payer si peu n'est pas suffisant», a-t-il ajouté. «La signature de l'accord signifie qu'aucune des deux parties ne pourra soulever de nouveau cette affaire», a déclaré de son côté à l'agence Chine nouvelle un responsable gouvernemental, sans donner son nom.

Les avortements forcés sont très fréquents en Chine, pays le plus peuplé de la planète avec 1,34 milliard d'habitants qui a mis en place une politique drastique de limitation des naissances à la fin des années 1970. En règle générale, les Chinois dans les villes ne peuvent avoir qu'un enfant et ceux des campagnes deux lorsque le premier est une fille.

Un meurtre réparé par un peu plus de 10 000$ d'amendes? Le gouvernement chinois prouve que l'enfant n'avait aucune valeur à ses yeux et que les communautés locales pourront continuer les avortements forcés, du moment qu'ils ne sont pas publicisés...

L'époux de Feng Jianmei veut obtenir réparation pour l'avortement forcé de sa femme

Sur le site de Canoe.ca du 10 juillet 2012:

 

(Deng Jiyuan au centre sur la photo)

 

 

Le mari de Feng Jianmei, Deng Jiyuan, était porté disparu depuis plusieurs jours, mais Bob Fu, fondateur de l'association ChinaAid, exilé aux Etats-Unis, a indiqué lundi lors d'une audition devant le Congrès américain que M. Deng avait réussi à se rendre à Pékin

(...)

Selon le militant, M. Deng a subi des représailles à la suite de l'indignation suscitée par son histoire et le gouvernement a «envoyé des gens pour installer une banderole devant sa maison disant "Battez les traites, jetez-les hors"» de la ville.

«La tragédie de Feng Jianmei se répète des centaines, des milliers de fois chaque jour en Chine», s'est indigné M. Fu devant la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants.

(...)

Les avortements forcés sont très fréquents en Chine, pays le plus peuplé de la planète. En général, les Chinois des villes peuvent n'avoir qu'un enfant et ceux des campagnes deux lorsque le premier est une fille.

WASHINGTON - L'époux d'une Chinoise forcée par les autorités à avorter à sept mois de grossesse s'est rendu à Pékin où avec ses avocats il va essayer d'obtenir des dommages et intérêts, a indiqué lundi à Washington un militant des droits de l'homme.

Les autorités chinoises, qui empêchent la plupart des familles d'avoir plus d'un enfant, avaient contraint le mois dernier Feng Jianmei, alors enceinte de sept mois, à subir un avortement dans une province du nord du pays, faute de n'avoir pas payé l'amende pour non-respect de la politique de l'enfant unique. (...)

Proposition au parlement européen sur l'avortement forcé et la politique de l'enfant unique

Sur le site du Parlement Européen du 4 juillet 2012, on peut trouver cette proposition bien imparfaite, mais c'est le début de la remise en question de la politique de l'enfant unique en Chine:

(Le parlement européen)

 

A. considérant que Feng Jianmei, une jeune femme enceinte de sept mois, a été enlevée et a subi un avortement forcé le 2 juin 2012 dans le district de Zhenping (province de Shaanxi), ce qui a suscité une vague d'indignation et de condamnation en Chine et dans le monde entier;

B. considérant que la loi chinoise interdit les avortements après le sixième mois de grossesse; que la municipalité d'Ankang a mené une enquête qui a conclu que les employés du district de Zhenping avaient eu recours à des "méthodes primitives" et "persuadé" Mme Feng d'avorter; que le rapport d'enquête précisait que cette décision constituait une violation de ses droits; que la municipalité d'Ankang a annoncé que les responsables locaux du planning familial impliqués dans cette affaire seraient sanctionnés, et certains licenciés;

C. considérant que, selon l'enquête, des fonctionnaires locaux avaient demandé à la famille de Mme Feng une "caution" de 40 000 RMB correspondant, selon son mari, à l'amende à acquitter en cas de deuxième enfant; que les autorités locales ne pouvaient évoquer aucun motif légal pour réclamer une telle caution; que Mme Feng a été contrainte de signer un formulaire attestant qu'elle interrompait sa grossesse de son plein gré parce qu'elle se refusait à payer l'amende et qu'elle a été hospitalisée sous bonne garde;

D. considérant que la politique chinoise de l'enfant unique se traduit par une multiplication des avortements illégaux sélectifs en fonction du sexe du fœtus, créant un déséquilibre entre le nombre d'hommes et de femmes;

1. souligne avec insistance que, selon le plan d'action de la Conférence internationale sur la population et le développement, l'objectif des programmes de planification familiale doit être de permettre aux couples et aux individus de prendre des décisions libres, responsables et éclairées sur la procréation et de mettre à leur disposition une gamme complète de méthodes sûres, efficaces et acceptables pour une planification familiale librement choisie, et sans aucune forme de contrainte;

2. réaffirme le droit fondamental de chaque femme d'accéder à des soins de santé génésique, notamment au planning familial et à l'accouchement assisté;

3. présente ses condoléances à la famille des victimes, condamne fermement le harcèlement dont elle fait l'objet et exige que les pouvoirs publics la protègent;

4. dénonce avec vigueur la décision prise de forcer Mme Feng à avorter et condamne de manière générale la pratique des stérilisations et des avortements forcés, en particulier dans le contexte de la politique de l'enfant unique;

5. se félicite de la décision de la municipalité d'Ankang de proposer un dédommagement à la famille Mme Feng et de sanctionner sévèrement les fonctionnaires locaux impliquées dans cette affaire;

6. constate que le cas de Mme Feng a connu une large diffusion grâce à l'internet et souligne l'importance de la liberté d'expression, notamment en ligne; se félicite de l'émergence d'une sphère publique de débat, en partie grâce au microblogage;

7. estime essentiel le débat en cours parmi les intellectuels et les universitaires sur la question de savoir s'il convient de poursuivre la politique de l'enfant unique en Chine;

8. invite la Commission et le Service européen pour l'action extérieure à inscrire l'avortement forcé à l'ordre du jour du prochain dialogue bilatéral sur les droits de l'homme avec la Chine;

9. charge son Président de transmettre la présente résolution à la vice-présidente de la Commission/haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, aux gouvernements et aux parlements des États membres et à la délégation de l'Union européenne auprès des Nations unies, ainsi qu'au gouvernement et au parlement de la République populaire de Chine.

Il ne peut convenir de poursuivre la pratique de l'enfant unique. Elle est essentiellement une pratique barbare venue d'un autre âge. Il est impératif que le parlement européen (ainsi que l'ONU) demande et exige la cessation de cette politique inhumaine.

Interview de Régis Anouilh rédacteur en chef d'Églises d'Asie, sur les avortements forcés en Chine

Un article paru sur le site de Familles Chrétiennes du 29 juin 2012:

 

(Deng Xiaoping)

(...)Feng Jianmei, une jeune femme de 27 ans, gît aux côtés de son enfant avorté de 7 mois. Elle avait refusé de payer l’amende de 40000 yuans – 4 ans de salaire — infligée par le planning familial pour avoir enfreint la règle de l’enfant unique. Selon le récit de son mari, un commando de cinq hommes, après l’avoir attachée, lui a injecté de force un poison pour tuer le fœtus, puis l’a obligée à signer un document certifiant qu’elle avortait de son plein gré. Trois jours plus tard elle accouchait d’un enfant mort-né. Interview de Régis Anouil, rédacteur en chef d’Églises d’Asie.
                                                                                   
Cette affaire vous étonne-t-elle ?
 
Non, cette affaire n’est pas étonnante. Ce qui est nouveau, c’est la publicité donnée à cette histoire par Internet. Des images ont été diffusées. Le poids de la réalité, lui, est là depuis des années.
 
Un chiffre circule : en 2005, 7 000 femmes auraient été stérilisées ou avortées de force dans le district de Shandong…
 
Les statistiques sont totalement invérifiables. La Chine est un pays immense, de 1,4 milliard d’habitants. La politique antinataliste, décidée au niveau central, est appliquée au niveau local par le planning familial. Au niveau de chaque province, de chaque district, de chaque village, il y a une unité du planning familial. Si au niveau local, des naissances hors quota surviennent, les fonctionnaires du planning familial encourent des sanctions. Si les quotas sont atteints, ils seront promus – c’est le mode de fonctionnement de l’administration en Chine. Ils utilisent donc toutes les méthodes, y compris des avortements forcés, pour obtenir les « bons » résultats. En faisant pression sur les familles, en donnant des amendes, ils perçoivent l’argent qui les fait vivre. C’est ainsi qu’est financé le Planning familial.
 
Quand cette politique de l’enfant unique a-t-elle été mise en place ?
 
Il y a trente ans. (Du temps de Mao il n’en est pas question : un enfant c’est deux bras et deux jambes, c’est un outil de travail, de puissance). Lorsque Deng Xiaoping met en place la politique d’ouverture économique, il estime que l’un des obstacles au développement de la Chine, c’est sa croissance démographique excessive. Les Chinois ont alors recours à des experts internationaux, y compris des cabinets américains, qui leur disent en substance : il y a deux façons de limiter la démographie : mettre en place un système de protection sociale, avec des retraites, ce qui incite à avoir moins d’enfants car on sait que ses vieux jours seront assurés ; ou alors réduire les naissances de façon coercitive. Ils ont choisi la deuxième solution. Le coût humain est considérable, bien entendu. On n’en parle jamais en Chine car l’expression n’est pas libre. C’est pour cette raison que la photo de la jeune femme sort aujourd’hui.(...)

"Battez les traîtres à la nation", ceux qui veulent avoir plus d'un enfant en Chine, et le disent publiquement...

Le mari de Feng Jiangmei est toujours disparu. Les autorités locales auraient subi des représailles pour l'avortement forcé, mais dans la rue des manifestants protestent contre la mauvaise image de la Chine que ces mauvais patriotes, ce couple voulant plus d'un enfant, a donnée. Vous pouvez écouter le reportage Catherine Mercier de Radio-Canada du 27 juin 2012 en cliquant ici.

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