Santé maternelle et avortement: les médias québécois doivent faire preuve de plus d'ouverture
Les médias québécois doivent faire preuve de plus d’ouverture afin de contribuer pleinement au dialogue social sur les enjeux les plus controversés. Les médias ne peuvent se contenter de parler de sujets comme l’avortement et l’euthanasie simplement pour mettre des membres du clergé ou certains partis politiques dans l’eau chaude. C’est aux lecteurs- lectrices, auditeurs- auditrices de demander aux médias de favoriser de véritables débats sociaux, basés sur le respect mutuel et la logique et non sur la marginalisation des positions de certaines personnes.
En juin dernier, un sondage national d’Ipsos-Reid (PDF-Anglais) rapportaient que 40% des Québécois supportaient l’initiative maternelle du gouvernement Harper. Le gouvernement avait annoncé plutôt cette année que, dans le cadre de son initiative sur la santé maternelle, il ne financerait pas les avortements outre-mer. Le sondage mené entre le 17 et 21 juin 2010 à la demande de Canada.com, montre de fortes particularités régionales. Les provinces de l’ouest semblent supporter davantage l’initiative de santé maternelle et infantile que le Québec et les provinces maritimes. Par contre, le taux d’approbation au Québec atteint 40%, alors que l’approbation québécoise pour les initiatives du gouvernement Harper est rarement aussi élevé.
Les répondants devaient se prononcer sur la question suivante : « Supportez-vous la position canadienne actuelle de ne pas financer les avortements dans les pays en voie de développement ou donneriez-vous votre support au Canada afin qu’il change sa position de financer les avortements dans les pays en voie de développement comme étant inclus dans le plan global de santé maternelle? ».
Quatre (4) choix de réponses étaient offerts aux répondants :
- Je supporte fortement l’actuelle position canadienne de ne pas financer les avortements dans les pays en voie de développement,
- Je supporte quelque peu l’actuelle position canadienne de ne pas financer les avortements dans les pays en voie de développement,
- Je supporterais quelque peu le Canada s’il changeait sa position afin de financer les avortements dans les pays en voie de développement,
- Je supporterais fortement le Canada s’il changeait sa position afin de financer les avortements dans les pays en voie de développement.
Bien qu'il se doit de noter que 30% des répondants Québecois sont fortement en faveur d’un changement de position de la part du gouvernement canadien, il semble toutefois que plusieurs Québécois préfèrent que l’aide internationale en matière de santé maternelle et infantile soit dirigée vers des priorités autres que l’avortement (Voir le tableau en PDF) Ce sondage à une marge d’erreur de +/- 3.1, 19 fois sur 20.
Les résultats éloquents de ce sondage n’ont pas été rapportés dans les médias québécois. Un seul article est paru sur le sujet dans un journal de l’Ontario.
Voici une opportunité manquée de demander au Québécois comment ils envisagent notre rôle sur la scène internationale. Nous sommes prêts à parier que la plupart des Québécois ne considèrent pas le financement de l’avortement comme essentiel, alors que des millions de femmes, d’hommes et d’enfants meurent chaque années des suites de maladies qui, grâce à la médecine moderne, peuvent être facilement traitées. À condition bien sûr que les gouvernements des pays industrialisés allouent les ressources au bon endroit. La décision du gouvernement Harper, loin d’être simplement idéologique comme certains le prétendent, est tout à fait justifiée d’après les résultats de nombreuses études qui ont constamment démontré que les femmes des pays en voir de développement n’ont pas besoin de l’avortement, mais bien de soins appropriés avant, pendant et après les grossesses. Dans son Maternal Mortality Global Factbook, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) mentionne que dans les pays industrialisés, la baisse dramatique des taux de mortalité maternel coïncide “… avec le développement des techniques obstétriques et l’amélioration de la qualité des soins de santé générale des femmes”(Maternal Mortality, A Global Fact Book, OMS, 1991 Compilé par Carla Abou Zahr and Erica Royston).
Le tableau ci-dessous présente des données d’un rapport de 2004 de l’OMS sur les causes de mortalité des femmes. Les statistiques montrent que la très grande majorité des décès des femmes ne sont pas liés à la santé reproductive ou maternelle. En outre, la plupart des décès maternels pourraient être évités si les femmes des pays en voie de développement avaient accès à des soins de santé de bases, des antibiotiques, du personnel qualifié, des banques de sang propre, des lieux de soins sanitaires, et de l’eau potable. L’avortement n’est pas la solution.
Les résultats du sondage Ipsos-Reid démontrent à notre avis que le débat sur le financement de l’avortement est loin d’être clos au Québec. Un bon nombre de Québécois sont, d’après les résultats du sondage, contre le financement de l’avortement à l’extérieur du pays. Ne vaut-il pas la peine de s’interroger sur les raisons qui poussent les Québécois à supporter avec plus d’ardeur qu’à l’habitude cette politique du gouvernement Harper?
Comme consommateurs avertis de produits médiatiques en tout genre, il vaut tout au moins de se demander pourquoi les médias québécois ont complètement ignoré ce sondage. Se peut-il que certaines personnes choisissent d’ignorer volontairement toute statistique pouvant laisser croire que les Québécois sont en fait moins en faveur de l’avortement qu’on le suppose? Ou du moins les statistiques qui pourraient pousser la population à s’interroger davantage au sujet du financement de l’avortement? Une chose est claire, même si les médias québécois choisissent d’ignorer cette réalité, 40% des québécois ont tout le gros bon sens de supporter notre gouvernement, alors que celui-ci tente d’avoir un impact réel et positif sur la vie des femmes et des familles des pays en voie de développement.
Procréation assistée: sortez vos mouchoirs...
Le 13 juillet 2010, nous avons vu à la télévision le ministre de la Santé du Québec, Yves Bolduc, annoncer en grande pompe la gratuité mur à mur pour tous les traitements de procréation assistée.
Notre ministre était accompagné d’une très populaire artiste de la télévision en larmes qui a remercié le bon docteur de lui avoir obéi à la lettre.
Le Québec en faillite n’a plus d’argent pour son système de santé au bord du gouffre, mais il en a pour payer entre 70 et 80 millions par année pour satisfaire quelques milliers de femmes qui désirent procréer à n’importe prix. À partir du 5 août 2010, le Québec, société follement distincte à plusieurs points de vue, sera le seul endroit au monde où la procréation assistée deviendra entièrement financée par l’état providence tant au privé qu’au public.
« Procréation politisée » et « Bar ouvert » dénonce le journal La Presse des 14 et 15 juillet 2010.
Ce programme ridicule répond surtout à des questions de popularité ; habilement piloté par une artiste qui en mène très large au Québec, le gouvernement a cédé au chantage en cette période où les sondages lui sont terriblement défavorables. Non, le privilège de procréer n’est pas un droit.
Toutes les femmes seront couvertes : mariées, en concubinage, monoparentales, hétérosexuelles, bisexuelles, célibataires, lesbiennes, jeunes, vieilles, métrosexuelles, etc. peu importe, le service gratuit sera offert à toutes sur simple demande ! Déjà dans nos hôpitaux, il manque de spécialistes pour suivre les grossesses normales. Qui s’occupera de ces femmes enceintes supplémentaires à très haut risque ?
Le gouvernement vient de faire un choix politique et démagogique en finançant ces femmes qui ne sont pas malades.
La Commission de l’étique de la science et de la technologie (CEST) avait émis de très sérieuses réserves sur ce programme en faisant des recommandations au gouvernement face aux personnes qui éprouvent des difficultés à procréer de façon naturelle, l’invitant à privilégier l’adoption comme solution de rechange. Malheureusement celui-ci, aveuglé par les larmes de certaines artistes très militantes, a fait la sourde oreille. Comme dans le dossier de l’avortement, il a décrété « le bar ouvert ».
Pendant que le gouvernement du Québec accepte que l’on jette à la poubelle 30 000 à 35 000 enfants tués annuellement dans le sein de leur mère, plutôt que de payer pour de sérieuses mesures qui favoriseraient l’adoption de ces bébés, nous assistons à une véritable tragédie nationale qui permettra à une minorité de réaliser leur « rêve ». Voilà le genre de choix de société que seul le Québec éminemment distinct pourra se payer avec sa plantureuse carte soleil.
Personnellement, j’attends toujours qu’une vedette du monde du spectacle vienne à la télévision verser quelques larmes sur nos dizaines de milliers d’avortements qui chaque année s’abattent sur notre pauvre Québec.
Pèlerinages pour la Vie
L’été, spécialement un été chaud et humide comme celui que nous vivons présentement, nous porte à la langueur et peut-être même à la paresse, et aussi – il ne faut pas le nier—à un repos nécessaire !
Mais c’est surtout un temps pour renouer avec la création : nous sortons des villes pour nous réfugier dans des chalets sur le bord d’un lac ou pour faire des randonnées à la campagne. Nous avons ainsi la chance de remercier Dieu de sa bonté, de reconnaître la beauté et l’harmonie de son œuvre partout autour de nous et aussi en nous, puisque c’est lui qui nous a donné le goût de le découvrir et de faire sa volonté. En communiant avec son œuvre, nous nous rapprochons du Créateur, de celui qui nous appelle au dépassement et au don de soi.
C’est pourquoi je voulais, tout en vous rappelant les diverses luttes dans lesquelles nous sommes engagés, vous annoncer qu’il y a parmi nous des jeunes gens qui, cet été, interpellés par l’appel intérieur de Dieu, communient à leur façon avec la nature, en traversant à pied le continent américain pour annoncer la proximité du Royaume en affirmant la dignité de l’enfant à naître. Il y a, en fait, cet été, aux moins deux pèlerinages pour-la-vie en cours :

Le premier, entrepris par un groupe constitué de six jeunes du Canada anglais nommé « Crossroads », a débuté à Vancouver le 22 mai. Il passera par la région de la métropole de Montréal du 5 au 9 août et se terminera à Ottawa le 13 août. La marche, les prières, la contemplation de la nature et, finalement, les présentations aux paroisses qui constitueront ce pèlerinage sauront peut-être renforcer les convictions des participants et persuader les croyants et les non-croyants rencontrés en route de la dignité inviolable de toute vie humaine, de sa conception à sa fin naturelle.
Le deuxième pèlerinage, lui, tout en étant encore plus ambitieux que le premier (un trajet de 5000 km est prévu !) a débuté avec discrétion et en toute simplicité le jeudi, 27 mai, à Québec. Anne-Marie Michel, une jeune journaliste catholique française, inaugura son périple pour le respect de la vie de la cathédrale de Québec vers le sanctuaire de Notre-Dame de la Guadalupe à Mexico avec une méditation, dans la cathédrale de Québec, sur la parole du Christ : « Que veux-tu que je fasse pour toi? » (Luc 18 : 42) (À nous de répondre : « Seigneur, que je voie ! »)
Je ne peux m’empêcher de penser que le départ d’Anne-Marie, qui fut presque confidentiel en dépit de tout le brouhaha que nous avons vécu durant la période suivant la sortie courageuse du cardinal Ouellet sur l’avortement, fut comparable à l’exode discret et silencieux de la Sainte Famille lors des persécutions hérodiennes. Les pouvoirs et les principautés – les médias, les « personnalités », les gouvernements, et même les organismes officiels pro-vie ! – passent généralement à côté de la vraie Histoire du monde, constituée de gestes et de gens souvent anonymes qui contribuent toutefois plus que quiconque à l’avancement du Royaume.
Sermon de l'abbé Guillaume Loddé (FSSP) sur l'avortement

Nous pouvions peut-être nous demander si le Cardinal Ouellet a vraiment eu un impact au Québec, si les semences qu’il a lancées avec confiance et courage auraient par quelque chance atterries dans de la bonne terre et non uniquement sur les épines étouffantes et l’asphalte desséchante du monde médiatico-politique. Vous trouverez ci-dessous la réponse; voici ce que l’exemple du Cardinal a sû provoquer dans le cœur de l’abbé Loddé de Québec : une homélie comme on en entend vraiment pas souvent—directe, charitable, et, je le crois sincèrement, prophétique:
Bien chers fidèles,
Le cardinal Ouellet, archevêque de Québec, se plaignait il y a quelques semaines du manque de soutien de ses prêtres lors de la grande tempête médiatique. Afin de répondre à cette attente, je voudrais aborder un sujet sensible. Sensible pour les médias, non pour les catholiques, du moins je l'espère, car la doctrine de l'Église n'a jamais varié sur ce sujet: l'avortement. Autant, nous pouvons dire que sur certains points, l'enseignement de l'Église a parfois été un peu atténué, très atténué, autant sur l'avortement les derniers papes, Paul VI, Jean-Paul II et maintenant Benoît XVI n'ont rien lâché!
La raison en est toute simple: que nous soyons catholiques ou non, la loi naturelle inscrite dans nos coeurs nous interdit formellement de tuer un innocent, qui plus est un enfant. Même caché dans le sein de sa mère, l'enfant reste un être bien distinct du corps de sa maman. D'ailleurs il se nourrit, il bouge, il grandit: il possède une véritable vie particulière. Nos grands intellectuels veulent nous faire croire que l'embryon n'est pas un être humain! À force de trop penser, ils en viennent à se couper de la réalité des choses. Même le paysan dans son champ sait pertinemment que ce qui se cache dans le ventre de son épouse ne donnera ni un veau ni une plante, mais bien un être humain. Nous aussi avant de faire 5 pieds, 6 pieds, nous avons été petits comme une tête d'épingle! Et si par malheur nos chères mamans avaient écouté les mensonges de la société moderne, nous ne serions pas ici pour écouter la Messe.
«L'avortement est un crime abominable»! je n'invente rien, je ne fait que citer... le concile Vatican II. Dans ce débat difficile, l'Église ne se désintéresse pas de ces malheureuses femmes. Mais l'Église a toujours défendu le plus faible et là en l'occurrence c'est l'enfant qu'on tue. L'Église fait certainement la guerre à la société moderne qui veut banaliser un tel acte. D'ailleurs tous ceux qui encouragent l'avortement, des députés qui votent pour, jusqu'aux parents qui insistent, aux médecins qui réalisent ... et même jusqu'aux prêtres qui malheureusement le conseillent parfois, tous sont touchés par la plus grave des peines spirituelles de l'Église: l'excommunication automatique! Le code de droit canonique qui gouverne l'Église le dit expressément!
Alors que fait l'Église pour ces malheureuses jeunes femmes poussées à faire un tel acte? La première chose qu'Elle fait est de les mettre en garde: tuer son enfant est grave! Pour une mère dont le corps et la nature sont faits pour donner la vie, le traumatisme post-avortement est très réel. La vérité vous rendra libre dit le saint Évangile, et en cette matière tout particulièrement. Ensuite, l'Église a mis en place des associations pour soutenir ces jeunes femmes, pour les aider matériellement, moralement, spirituellement afin d'accueillir leur enfant comme un beau cadeau du ciel... ensuite l'adoption par une autre famille est toujours une solution, moins pire que la première. Nous avons tous en mémoire l'image de saint Vincent de Paul qui recueillait les bébés sur le parvis de son église avant de les confier.
Voila donc la position de l'Église qui n'a jamais changé et qui ne changera jamais. Le principe «tu ne tueras pas» s'applique plus que jamais en cette matière. Même si la société devient de plus en plus barbare, les catholiques ne peuvent se taire devant un si grave sujet. Et le cardinal Ouellet ne fait finalement que son devoir, devoir qu'il a accepté en recevant l'habit rouge, rouge comme le martyre.
M. l'abbé Loddé maintient un blog comme représentant de la Fraternité Sacerdotale de Saint-Pierre du Québec.
Douleur chez l’enfant à naître
Depuis longtemps, maintenant, il est démontré et reconnu que le système nerveux de l’enfant à naître est suffisamment développé et connecté d’un bout à l’autre pour que l’enfant sente la douleur dès le milieu de la treizième semaine de gestation. Les neurologues étudient maintenant la capacité qu’aurait l’enfant à naître de ressentir la douleur autrement, avant ce stade, soit par voie hormonale. De nombreuses études, dans le passé, ont tenté de démontrer que l’enfant à naître ne ressentait pas la douleur ou ce, très tard dans la grossesse, et on a vu que ces études utilisaient des moyens de détection (appareils, substances) trop faibles ou inadéquats pour détecter quoi que ce soit. Le sujet de la douleur chez l’enfant à naître fait l’objet de beaucoup de désinformation pour ne pas déranger la puissante et richissime industrie de l’avortement qui mène le monde. Cette industrie achète le silence ou l’approbation des élus car elle a le pouvoir monétaire de tenir entre ses mains le sort de beaucoup de personnes, pas juste celui des enfants à naître qui sont à leur merci.
Isabelle Bégin-O'Connor est secrétaire-général de Respect de la vie - Mouvement d'éducation, un organisme voué à l’éducation et à la sensibilisation à la beauté et à la grandeur de la vie humaine.
On sent que le mouvement pro-vie a le vent dans les voiles...
Un article sur la Marche du Planned Parenthood québécois, la Fédération québécoise pour le planning des naissances.
Et quand on a peur, on chante. Avertissement: il y a des choses qui ne se désentendent pas...
Le Planned Parenthood québécois organise une marche
Le Planned Parenthood québécois, la Fédération du Québec pour le planning des naissances (FQPN), organise une marche avec cintres ce dimanche, 13 juin.
En passant, la FQPN est un organisme de "charité," c'est à dire que lorsqu'elle reçoît des dons, elle peut émettre des reçus d'impôts, ce que Campagne Québec-Vie ne peux pas faire, car apparemment nous sommes trop "politiques". Mais une marche contre la politique du gouvernement fédéral en matière de santé maternelle, ça, ce n'est pas politique... (N.B. C'est indiqué sur le site de revenu Canada qu' "un organisme de bienfaisance enregistré peut se livrer à des activités politiques en vue d'appuyer, de contester ou de faire modifier la loi, une politique ou une décision d'un palier de gouvernement au Canada ou à l'étranger, pourvu que les activités soient limitées, non partisanes et liées à ses fins de bienfaisance.")
En plus, en 2008, le revenu total de la FQPN était de $209,094. De ce montant, combien en subventions provinciales et municipales? $174,444 soit 83% de leur revenu (voir ici).
Campagne Québec-Vie ne reçoit aucune subvention gouvernementale. Nos donateurs sont des citoyens comme vous. Donnez si vous pouvez, dès aujourd'hui. Merci!
Soeur Marguerite v. le Cardinal Ouellet: n'importe quoi
Ce matin dans La Presse parait un article de vincent Marissal qui rapporte une lettre d'une religieuse contre le Cardinal Ouellette. Dans la lettre de la religieuse il y a beaucoup d'amalgames et beaucoup de contradictions. Ce qui étonne le plus c’est que bien des journaleux, la bonne soeur y compris, font dire a monseigneur Ouellette n’importe quoi.
Sœur Marguerite, personne très digne pour son dévouement et admirable pour son action communautaire, tombe elle aussi dans le piège des détracteurs du cardinal. Ces derniers ne se gênent nullement pour prendre des raccourcis et lui faire dire ce qu’il n’a pas dit. Sœur Marguerite, le cardinal n’a jamais condamné la femme qui se fait avorter. Il condamne l’avortement d’un point de vue strictement moral.
Je sais que bien des gens pas très formés ne font pas la différence mais M. Marissal lui il la comprend très bien et pourtant ne sent nullement le besoin, dans un soucis d'objectivité, d’apporter une nuance au dire de soeur Marguerite dans son article.Le cardinal a bien spécifie que dans le cas d’un viol il y a UN coupable et vous, sœur Marguerite vous dites que l’Église n’a jamais imputé la responsabilité à l’homme. Quel contradiction dans vos propos: vous dites que l’Église ne se soucie guère de la détresse des femmes qui sont au prise avec leur grossesse et pourtant vous, femme appartenant à l’Église vous déployez toute votre énergie et votre dévouement pour soulager dans un geste de pure générosité la détresse de ces femmes prises dans ces contingences douloureuses. Votre action est telle qu’elle a mérité une reconnaissance officielle.
Citez moi une institution dans le monde qui fait plus pour soulager la détresse humaine, y comprise celle des femmes au prise avec des grossesses non désirée ou avec les séquelles d’un avortement, que l’Église catholique. Qui des Marois ou des Dr Barrette ou des militantes féministes de ce monde se soucie vraiment de la détresse des femmes au prise avec l’avortement et ses conséquences très dommageables. La seule chose qu’ils sont capable de proposer est la solution apparemment de facilité qui est l’avortement. Ils ne se soucient guère des conséquences désastreuses de tel geste. Le cardinal Ouellette n’est pas un homme de terrain, cela est vrai, mais chacun son rôle.
Sœur Marguerite est il vraiment nécessaire de se bruler au troisième degré pour comprendre que le feu peut être dangereux?. Nous avons vivement besoin d'un vrai débat sur ce problème très grave qui est en train de nous conduire vers le suicide démographique du Québec.
Nancy Garez (femme ayant subi un avortement) au sujet de l'article "Lui, il était curé, moi j'étais juste une bâtarde."

En réponse à l’article de André Noel: “Lui, il était cure, moi j’étais juste une bâtarde.” (L’article raconte que Mme Nicole Joannette avait été violée dans sa jeunesse par un prêtre et ensuite amenée à un avortoir—Éd.)
J’ai été frappée par la douleur et la haine qui se dégage de l’article sur Mme Nicole Joannette. Moi-même, je suis en colère: je suis en colère parce que, quand j’ai eu mon avortement, personne, ni mon entourage, ni mon médecin, ne m’a dit que je risquais de le regretter pour le reste de ma vie…La culpabilité que l’on ressent après, des mois, parfois des années plus tard, le remord qui s’installe dans notre coeur, un jour, sans prévenir, personne ne m’en a parlé…Des années après, on ne se souvient plus si l’enfant a été conçu dans l’amour ou dans l’indifférence, si on a été forcée ou pas, tout ce qui reste, c’est le vide de l’absence, l’absence irrémédiable de quelqu’un qu’on aurait pu aimer: un être humain, un être plein de promesses…Les regrets, le mépris de soi, les insomnies, personne ne m’en a parlé! Les crises d’angoisse, la taticardie, la dépression, on ne m’avait rien dit…Personne ne pouvait même comprendre que ça puisse arriver, ni les docteurs, ni la famille: personne ne voulait savoir!
Quand j’ai eu mon premier bébé, que je l’ai vu si mignon, si parfait, j’ai pensé à celui que j’avais avorté et comme il devait être beau lui aussi…Vingt-huit ans après, je fais toujours ce cauchemar ou je vois un tout petit bébé disparaître sous l’eau en me regardant et j’essaie d’attraper sa petite main tendue vers moi et je n’y arrive pas…
En Novembre 2001, mon dernier bébé a été diagnostiqué in utero avec un grave défaut génétique: il allait mourir avant la naissance ou juste après… On m’a conseillé l’interruption de grossesse mais j’ai dit au docteur qu’un second avortement était hors de question, ce bébé mourrait dans son temps, pas dans le mien! Pendant les 26 heures de sa vie, il a été tenu et bercé par ses frères et soeur, et le souvenir de son doux visage restera toujours gravé dans nos mémoires. Comme j’aurais aimé tenir mon premier bébé, avorté vingt ans plus tôt, comme j’aurais aimé voir son visage! J’aurais du être plus forte et défendre sa vie…
Aujourd’hui, je vais bien; j’ai suivi une retraite de guerison (La vigne de Rachel) où j'ai rencontré d'autres femmes blessées par l'avortement. Petit à petit, ma colère a fait place au courage de parler, comme des milliers d’hommes et de femmes qui ont eux aussi choisi de rompre le silence: accordez-vous donc le droit de les écouter (www.silentnomoreawareness.org). Je suis reconnaissante au Cardinal Ouellet d’avoir dit la vérité.
Je considère mon enfant avorté comme une victime, quelle que soit la façon dont il a été conçu, et nous toutes, femmes non informées des risques physiques et psychiques liés à un avortement, nous sommes aussi des victimes. De par le viol et l’avortement, Mme Joannette est doublement victime et je comprends sa révolte, même si je désapprouve sa dureté par rapport à Mgr Ouellet, qui essait de nous aider en proclamant la vérité: La Vérité nous libèrera! Quant’à moi, si j’avais entendu les mots du Cardinal avant de me rendre à la clinique, peut-être que mon enfant serait vivant aujourd’hui…
Avortement et libertés individuelles
Voici un texte important de Richard Bastien publié aujourd'hui dans la section "Libre opinion" du Devoir:
"Les défenseurs du « droit » à l’avortement sont généralement considérés comme des personnes soucieuses de promouvoir les libertés individuelles. Quant à ceux qui s’opposent à ce « droit », on les décrit comme des esprits «religieux et rigides » s’inscrivant en faux contre le respect de l’autonomie personnelle.
Cette dichotomie sert bien les intérêts des pro-choix, qui ne cessent de répéter que « la religion des uns ne saurait devenir la loi des autres ». Mais il s’agit là d’une vue simpliste et trompeuse. Les pro-vie sont tout autant soucieux des libertés individuelles que les pro-choix. Ce qui sépare les deux groupes, c’est l’interprétation qu’il convient de donner à certaines libertés.
Bien que beaucoup de militants pro-vie aient de solides convictions religieuses, ce n’est pas au nom de leur religion qu’ils s’opposent à l’avortement dans l’espace public. La position pro-vie se fonde entièrement et exclusivement sur un fait scientifiquement établi, à savoir que la vie humaine commence dès la conception, et sur un principe moral, à savoir que tous les êtres humains ont droit à la vie.
La Cour suprême du Canada a statué il y un peu plus de vingt ans que, aux termes de la loi, l’enfant à naître ne devient une personne humaine qu’une fois sorti du corps de sa mère. Les dispositions du Code criminel s’accordent maintenant avec ce jugement. Il n’est reste pas moins que, d’un point de vue strictement scientifique, l’enfant à naître est un être humain.
Il y a donc actuellement contradiction entre la loi et la science. Cela n’a pas toujours été le cas. Jusqu’au début des années 1980, l’avortement était considéré comme un acte criminel. La décriminalisation de l’avortement est survenue par suite de la généralisation de la contraception au cours des décennies 1960 et 1970, l’objectif étant d’établir un « filet de sécurité » pour les échecs de la contraception.
L’idée que la vie d’un enfant à naître soit subordonnée à la volonté de sa mère (ou aux pressions du père sur celle-ci) n’a rien de libéral. Le mot « libéral » découle de la notion de « libéralité » qui, selon le Petit Robert, signifie charité, générosité, largesse, magnificence. On nous dit que l’enfant à naître doit être désiré. Mais l’idée de se débarrasser de personnes non désirées n’est ni charitable, ni généreuse, ni large. Elle contredit le premier droit reconnu dans les chartes de droits – le droit à la vie.
Ce qui donne à la tradition libérale sa noblesse, c’est son refus de l’arbitraire, c’est-à-dire d’une autorité s’exerçant selon le bon vouloir d’une personne ou d’un groupe. On ne peut accepter l’avortement sans présupposer que la vie d’un être humain est subordonnée au bon plaisir de sa mère. C’est pourquoi il est foncièrement contraire à la tradition libérale. Et le fait que les premières sociétés à permettre l’avortement aient été la Russie de Lénine et l’Allemagne hitlérienne n’est pas le fruit du hasard.
Beaucoup de pro-choix refusent d’admettre que la position pro-vie puisse se justifier sans recourir à des considérations religieuses. Mais il y a une abondance de données qui prouvent le contraire. Ainsi, le premier code juridique interdisant l’avortement est celui d’Hammourabi, roi de Babylone vers 1730 avant Jésus-Christ. La Troisième République française et l’Allemagne de Bismarck, bien qu’hostiles au christianisme, ont toujours maintenu l’illégalité de l’avortement. Enfin, bon nombre d’intellectuels agnostiques comme Melanie Phillips, Anthony Daniels, Marcello Pera et David Berlinski, se déclarent publiquement pro-vie. Aux États-Unis, il y a même une Ligue des athées et des agnostiques pro-vie et plusieurs personnes associés au Parti Démocrate, considérés comme un parti de gauche, sont pro-vie.
Les tenants de la position pro-vie comprennent parfaitement que l’on ne saurait réduire l’accès à l’avortement sans un certain consensus social. Loin de demander que l’on criminalise à nouveau l’avortement, ils plaident en faveur de mesures destinées à venir en aide aux mères en détresse. On pourrait, par exemple, encourager l’adoption pour les femmes enceintes qui ne veulent pas garder leur enfant. Plusieurs couples stériles sont prêts à adopter des enfants et doivent se rendre à l’étranger pour le faire.
Une telle approche serait avantageuse non seulement pour l’enfant à naître, mais aussi pour sa mère, puisqu’il est maintenant établi que l’avortement est souvent préjudiciable à la santé physique et mentale de la mère. Elle est également compatible avec l’idée qu’aucune femme ne devrait être forcée d’exercer un rôle parental.
Nous ne pouvons prétendre que tous les êtres humains ont des droits fondamentaux tout en fermant les yeux sur la question de l’avortement. Éviter un tel débat serait un acte de lâcheté nationale."
Richard Bastien est président de l’Institut Égards, propriétaire de la revue Égards, et vice-président de la maison d’édition Justin Press.
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