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Femme seule désirant un enfant... Des témoignages troublants

Sur le site du journal La Presse du 1er septembre 2013:

 

 

(Amour de soi ou amour de l'enfant?)

 

 

 

(...)  Des femmes qui, dans certains cas, voyant leur âge avancer, décident de ne pas attendre de rencontrer l'amour avant d'avoir un enfant. Quelles sont les motivations de ces femmes qui ne voient plus d'autre option que de se lancer seules dans la maternité? 
 
Faire le deuil du prince charmant
 
Alphée Beauchamp, 40 ans, est enceinte de huit mois. Elle est radieuse. «C'est une fille!», s'exclame-t-elle. Elle a eu recours à l'insémination artificielle dans une clinique de procréation de Montréal. Elle a choisi et payé le sperme d'un donneur américain. Elle tenait absolument à ce que le donneur accepte plus tard d'être joint par son enfant, une possibilité offerte par les banques de sperme américaines, mais pas canadiennes. «J'ai sélectionné en fonction de mes goûts et de la personne vers qui j'aurais été attirée tout naturellement. C'est un homme qui a des origines irlandaises comme beaucoup d'Américains. Il est grand et sportif, a une bonne moyenne à l'école et un bon QI.»
 
Avant de faire le grand saut vers la maternité, la réflexion est parfois longue et difficile. «C'est une étape essentielle, pour aller de l'avant, faire le deuil du prince charmant, du mariage et de la famille traditionnelle. Ça a remué beaucoup de choses en moi, mais il faut passer à travers.»
 
Le désir d'enfant doit également être extrêmement fort. «Je vibrais à la seule vue de poussettes et lorsque je prenais dans mes bras des nouveau-nés. J'ai six neveux et nièces que j'adore et il était temps à mon tour de devenir mère.»
 
«J'ai toujours pensé que j'allais rencontrer l'homme de ma vie, que c'était une question de temps», raconte-t-elle. Six mois avant de fêter ses 40 ans, c'est le choc: «C'est maintenant ou jamais», s'est-elle dit. Trois mois plus tard, Alphée est enceinte. «Mes proches ont été très compréhensifs, mais mes parents ont été déstabilisés. Ils auraient préféré qu'il y ait un père et un mari pour moi. Leurs valeurs ont été ébranlées et je comprends.» 
 
Alphée est aujourd'hui certaine de son choix. «Je n'ai plus la pression de rencontrer l'homme idéal, mais celle maintenant d'être une bonne mère. Et qui sait? Je vais peut-être rencontrer quelqu'un une fois devenue mère?»
 
Le meilleur choix
 
Caroline* a 39 ans. Elle est célibataire. Elle réfléchit très sérieusement au projet d'avoir un bébé, seule. Après avoir essuyé quelques échecs amoureux, elle se rend à l'évidence: elle ne peut plus attendre l'homme de sa vie, même si elle souhaite de tout coeur le rencontrer. Elle est déçue et n'arrive pas à croire qu'elle n'a trouvé personne avec qui fonder une famille. «Peut-être que je ne rencontre personne parce qu'il est écrit bébé sur mon front!», s'exclame-t-elle.
 
(...)
 
Pour elle, un bébé se fait à deux. «J'ai peut-être une vision romantique, mais j'ai envie de partager ce moment de bonheur avec un amoureux. J'ai envie qu'il soit émerveillé pendant la grossesse et qu'il soit à mes côtés à l'accouchement. Priver un enfant de père, ça me dérange. Il y a quelque chose de très égoïste de vouloir un enfant à soi, seule, ce n'est pas naturel et c'est ce qui freine mon désir d'enfant.»
 
Se lever un matin et aller se faire inséminer? «Ça me paraît complètement abstrait et absurde! Ce n'est pas de cette façon que j'ai envie de concevoir un bébé et c'est pour ça que c'est un vrai déchirement. En même temps, passer à côté de la maternité... J'ai envie d'avoir des enfants depuis toujours.»
 
(...)
 
*nom fictif
 
«Le plus grand bonheur de ma vie»
 
Annie Marcon a une fille de trois ans et demi. Elle l'a eu, seule, à 42 ans par fécondation in vitro. Elle qui rêvait d'une famille nombreuse et d'un amoureux attentionné a dû revoir ses plans. À 40 ans, célibataire et sans enfant, elle a pris rendez-vous dans une clinique de procréation. «Ce n'est pas la vie que j'avais imaginée. Évidemment, j'aurais préféré être en couple et que ma fille ait un père, mais je suis vraiment la mère la plus comblée du monde», s'exclame Annie. Elle a choisi un donneur aux yeux et aux cheveux bruns, comme elle, afin que la petite Charlotte ressemble à sa maman le plus possible
 
Elle ne s'est pas sentie jugée. Sauf peut-être par certains collègues masculins, qui ont murmuré dans les couloirs qu'elle n'avait pas besoin d'hommes, même pour faire un enfant! Sa fille commence à poser des questions, en voyant que ses amies ont un père. «Je lui dirai la vérité quand elle sera en âge de comprendre», assure Annie. Elle en a déjà discuté avec une psychologue qu'elle consulte régulièrement. 
 
Élever un enfant seule comporte évidemment quelques difficultés. «Je n'ai jamais de répit. Je n'ai pas de conjoint sur qui compter. Heureusement, j'ai un bon réseau d'amis. J'entends beaucoup de mères qui sont séparées se plaindre de la garde partagée. Elles m'envient, car je décide seule de tout. J'avoue que ça me fait sourire.»
 
Évidemment, elle craint que sa fille veuille trouver ses origines. «J'ai peur, par exemple, de ne pas savoir quoi répondre quand il y aura des travaux à l'école sur son arbre généalogique», dit-elle. Annie croit toujours en l'amour et ne désespère pas. «Je souhaite rencontrer quelqu'un de bien qui aimera aussi ma fille.»

Dans deux des cas, l'égoïsme a été le plus fort... On n'a pas le droit de se faire fabriquer un enfant en sachant à l'avance qu'il sera orphelin...

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