Maternité redéfinie : prestations de maternité pour avortements tardifs
Pour la plupart d’entre nous, lorsque nous pensons à la maternité, nous pensons à la définition suivante : état, qualité de mère, fait de mettre un enfant au monde, lien de droit entre une mère et son enfant, etc. Nous penserions aussi qu’une chose aussi évidente, aussi naturelle ne changerait jamais. Eh bien, non… La maternité n’est plus ce qu’elle était autrefois. Notre gouvernement nous prépare à du neuf. Jetons un coup d’œil sur le Régime québécois d’assurance parentale. Voici un extrait du communiqué de presse du Cabinet du ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale (PDF) diffusé le 14 novembre, 2007 :
En mettant en place l’un des meilleurs régimes d’assurance parentale en Amérique du Nord, le gouvernement du Québec s’est doté d’un outil moderne et adapté aux familles québécoises et aux nouvelles réalités du marché du travail. Depuis le 1er janvier 2006, le Régime a permis à des milliers de mères et de pères de profiter pleinement de leur congé de maternité, de leur congé de paternité, de leur congé parental ou de leur congé d’adoption, et de bénéficier d’un régime généreux, accessible et souple.
Oui, très généreux, accessible et souple en effet… Poursuivons avec un extrait de la Loi sur l'assurance parentale sur le contenu et conditions d’attribution des prestations de maternité : selon l’article 8
Une interruption de grossesse postérieure à la dix-neuvième semaine de gestation donne droit aux mêmes prestations qu'en cas de maternité. Le paiement de ces prestations se termine au plus tard 18 semaines après la semaine où survient cette interruption.
Le terme interruption de grossesse vise tous les types d’interruption de grossesse, qu’il s’agisse d’une interruption spontanée, volontaire ou médicale.
Comme nous faisons face à du jargon bureaucratique reconnu pour l’emploi d’euphémismes, clarifions un peu les termes utilisés. Une interruption de grossesse spontanée est tout simplement une fausse-couche. L'interruption médicale de grossesse est pratiquée lorsque la grossesse met en danger la vie de la mère (il faut souligner que les pathologies maternelles dont l'évolution peut être gravement perturbée par une grossesse sont rares aujourd'hui), ou lorsque le fœtus est atteint d'une maladie grave et incurable au moment du diagnostic. L'interruption volontaire de grossesse désigne un avortement provoqué dans un cadre légal et décidé pour des raisons non médicales (au Canada, rappelons-nous, depuis 1988, l'avortement est totalement libre, pendant toute la durée de la gestation et pratiqué pour n’importe quelle raison). Donc, qu’un enfant meurt naturellement sans aucune intervention extérieure ou que sa mort soit décidée, planifiée et exécutée, selon les lois gouvernementales, il s’agirait de la même chose, tout se place dans la même catégorie…
En lisant l’introduction de cet article, beaucoup pensaient peut-être qu’il allait y être question de changement progressif des attitudes face au rôle d’une mère ; comment, autrefois, on s’attendait à ce qu’une femme reste à la maison pour élever ses enfants, alors qu’aujourd’hui, il faut absolument faire carrière et remettre ses enfants à la garderie aux mains des étrangers le plus tôt possible, etc., etc. Malheureusement, les choses ont été poussées beaucoup, beaucoup plus loin : ce que nous pouvons déduire des lignes qui précèdent peut se résumer comme suit : qu’une femme donne naissance à un enfant, le nourrisse, en prenne soin et fasse toute sorte de sacrifices pour lui, ou qu’elle le fasse assassiner in utero pour n’importe quelle raison (dont même l’eugénisme en fait partie), les deux actions se valent puisque l’une comme l’autre donne droit aux mêmes bénéfices. Dans sa générosité avec l’argent des contribuables, le gouvernement québécois ne fait pas de discrimination entre les femmes qui donnent vie à leurs enfants et celles qui la leur enlèvent…
Selon la loi, l’enfant à naître n’a aucun droit et sa vie n’a aucune valeur puisqu’elle peut lui être arrachée impunément. Il semble maintenant que même la maternité – le fait de mettre un enfant au monde, n’a plus aucune signification.
Le Régime québécois d’assurance parentale est une mesure qui aide les mères à concilier travail-famille. Et depuis quand faire assassiner un membre de sa famille fait partie de la vie familiale ? Ou est-ce ça, la conciliation ?...
Il est vrai que Loi sur l'assurance parentale stipule que « Les prestations de maternité sont accordées pour permettre à la personne de se remettre de l’interruption d’une grossesse. » Donc, après toutes ces années pendant lesquelles nous nous sommes faits dire que l’avortement est sans conséquences et que tous les avertissements sur les séquelles physiques et psychologiques ne sont que de la propagande anti-choix, il s’avère soudainement que c’est quelque chose dont il faut s’en remettre ? Soit quelqu’un au gouvernement n’a pas d’aversion pour l’incohérence, ou on nous ment carrément…
L'avortement ne fait pas partie de la maternité, et prétendre le contraire est d’une absurdité sans bornes. L’argent de contribuables dépensé pour le régime d’assurance parentale, surtout si l’on prétend qu’il est l’un des meilleurs en Amérique du Nord, doit servir celles qui donnent la vie et non celles qui la détruisent.
Selon le Cabinet du ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, « en 2006 seulement, près de 100 000 Québécoises et Québécois ont reçu des prestations d’assurance parentale d’une valeur de 817 millions de dollars. » Combien de ces millions qui devraient être destinés aux mères sont allés appuyer l’infanticide ?
Financer des congés de maternité avec l’argent public pour celles qui font tuer leurs enfants nous rend tous co-responsables de cet acte, même si nous le condamnons.
Notre société permet et finance le meurtre d’innocents enfants tout simplement parce que personne n’a vu ces enfants face-à-face. Le bienheureux Jean-Paul II a dit : « Une nation qui tue ses propres enfants est une nation sans avenir. » Que dire d’une société qui récompense les responsables de ces meurtres?

