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L'Afrique a besoin d'aide et l'Occident ne propose que l'avortement

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Dr Robert Walley, troisième à gauche, de MaterCare international, intervient lors d'un événement organisé par le Saint-Siège à l'occasion de la rencontre CSW60 des Nations Unies portant sur les soins de santé maternelle en Afrique.

Par Lianne Lawrence de LifeSiteNews - traduit par Campagne Québec-Vie

New York, 23 mars 2016 – Bien que l’Afrique ait le taux de mortalité maternelle le plus élevé dans le monde, un groupe de pression international pro-avortement détourne désespérément les soins médicaux nécessaires aux mères africaines. Ce groupe se bat plutôt pour multiplier l’accès à la contraception et à l’avortement légalisé à travers le continent, selon les participants à une conférence des Nations Unies sur la Condition des Femmes, CCF60 (soixantième session de la Commission de la condition de la femme); conférence de deux semaines qui s’achève jeudi. 

“À cause de la tradition et des normes culturelles, la plupart des communautés africaines croient réellement que l’avortement est une attaque directe contre la vie humaine,” a déclaré Obianuju Ekeocha, fondatrice de la Culture de la Vie en Afrique,  à environ 400 participants lors de l’exposé du 17 mars sur la “meilleure pratique des soins de santé maternelle en Afrique.” 

“Nous sommes donc déchirés entre cela,” et la suggestion des pays développés “qui se trouvent être aussi des donateurs aux pays africains,” suggestion selon laquelle la légalisation de l’avortement réduira la mortalité maternelle, a déclaré la nigériane Ekeocha. 

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“Alors, nous ne pouvons pas nous empêcher de nous demander si cela ne constitue pas une autre forme de colonisation? L’Afrique va-t-elle revenir en arrière pour se faire dire quoi faire afin de sauver les vies des femmes?” 

Ekeocha était l’une des trois intervenantes de la conférence, parrainée par trois ONG aux Nations Unies – Campaign Life Coalition, Society for the Protection of Unborn Children (SPUC) basée au Royaume-Uni et  REAL Women of Canada – et organisée par l’Archevêque Bernardito Auza, l’observateur permanent du Saint Siège aux Nations Unies. 

“La vérité c’est qu’il n’existe pas un réel lien entre l’avortement légal et la santé maternelle,” dit Ekeocha. “Il existe plutôt une véritable relation entre les normes de nos systèmes de santé et la façon dont les femmes survivent vraiment ou meurent.” 

“Nous avons besoin de véritables soins de santé prénataux, nous avons besoin d’accouchements de qualité, nous avons besoin des soins et du support post partum; ceci ne prête pas à controverse”, a-t-elle déclaré. 

L’un des conférenciers, le Dr Robert Walley, fondateur de l’association canadienne MaterCare International, fait remarquer que 91 % des décès maternels surviennent pendant “les trois derniers mois de grossesse, lors du travail et de l’accouchement,” ou tout de suite après. 

“L’avortement et le contrôle des naissances ne sont pas pertinents.” Pourtant la “ seule solution proposée à la mère qui veut vivre consiste à lui faire tuer son bébé,” a-t-il déclaré. “C’est scandaleux.” 

Walley a rappelé que dans sa pratique au Canada, il n’avait jamais vu une mère mourir “à cause d’un problème obstétrical direct.” Mais arrivé au Nigéria en 1982, “je ne pouvais pas croire ce que je voyais,” a-t-il raconté. 

“Nous avons eu 4 décès maternels la première semaine de mon arrivée.” 

“Cela provoque… un sentiment de tristesse, de profonde tristesse lorsque vous voyez une mère mourir,” dit-il. Et cela “provoque aussi de la colère chez les professionnels comme moi; et on se dit : c’est absurde, c’est absurde, que se passe-t-il ici?”

Les principales causes des décès maternels selon les statistiques de 2012 de l’Organisation Mondiale de la Santé, sont “l’hémorragie, l’hypertension gestationnelle, et ensuite beaucoup d’autres problèmes tels que le VIH, l’anémie sévère, la malaria,” et l’accouchement difficile, a déclaré Walley. 

Obianuju Ekeocha, fondatrice de Culture de Vie en Afrique, parle lors de la conférence organisée conjointement par le Saint Siège et les Nations Unies à la CCF60 sur les soins de santé maternelle en Afrique. 

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Obianuju Ekeocha, fondatrice de l'organisme Culture de Vie Afrique, intervient lors d'un événement organisé par le Saint-Siège à l'occasion de la rencontre CSW60 des Nations Unies portant sur les soins de santé maternelle en Afrique.

9% des décès maternels proviennent des avortements provoqués et spontanés, dit-elle et Ekeocha se réfère à un chiffre plus récent de l’OMS de 3,9 % de décès maternels en Afrique causés par des avortements provoqués. 

Mais comme l’a fait remarquer Maria Madise de l’Association du Royaume-Uni pour la Protection des Enfants à naître, le “groupe de pression pro-avortement a marqué beaucoup de points en associant faussement ‘sécurité’ et ‘avortement légal’.” 

La conséquence suivante s’en suit : légaliser l’avortement réduirait les décès maternels, a-t-elle déclaré. Il y a au moins un organe des Nations Unies qui l’a explicitement déclaré : le Comité des droits économiques, sociaux et culturels a fait une remarque générale sur les droits sexuels et reproductifs juste avant la CCF60, qui stipulait que le “refus de l’avortement conduit souvent à la mortalité et la morbidité maternelle.” 

L’objectif du Millénaire pour le développement consistant à réduire la mortalité maternelle de 75 % n’a pas encore été atteint, mais “il y a eu un important détournement de ressources vers la promotion des programmes d’avortement et du contrôle des naissances,” a ajouté Madise. 

Et “les femmes continuent à mourir pendant la grossesse et l’accouchement de la plupart des complications simples et curables.” 

Elle a précisé que la remarque générale n’a aucun effet obligatoire, et “aucun traité de droits humains ne reconnaît l’avortement comme faisant partie des droits de l’homme.”   

En plus, Madise a fait remarquer qu’il est évident que dans les pays où l’avortement fait l’objet de restrictions légales, tels que la Pologne, l’Irlande et Malte, on rencontre les pourcentages de décès maternel les plus bas. 

“80 % des décès maternels surviennent dans les villages,” a déclaré Walley. “Pouvez-vous imaginer le fait de mourir à Terra Nova des suites d’une hémorragie du postpartum? Lorsqu’il y a une hémorragie du postpartum dans notre hôpital, l’obstétricien est si effrayé qu’il fait tout pour le contrôler. Or la mère peut avoir un accouchement difficile, sans ambulance ou sans centre hospitalier. “L’accouchement difficile se poursuit vers l’agonie.” 

En plus, la femme accouche souvent seule à la maison, dit-il. “Si elle a de la chance, un parent est là; si elle est vraiment chanceuse, une accoucheuse traditionnelle serait présente.” 

En Afrique, il a découvert quelque chose qu’il ne voyait pas au Canada : des femmes souffrant de “fistule obstétricale” – des complications au rectum et à la vessie causées par l’accouchement difficile. 

Voici ce qui se passe généralement : il y a une rupture de l’utérus, le bébé meurt et la mère, si elle survit, souffre “d’incontinence urinaire et fécale par le vagin.” Ces femmes sont rejetées par la communauté “parce qu’elles sont souillées et sentent mauvais; c’est donc une humiliation affreuse.” L’OMS estime qu’il existe en Afrique environ un million de femmes souffrant de fistule obstétricale non traitée.

MaterCare International est une association de catholiques comprenant des obstétriciens, gynécologues, accoucheuses et médecins généralistes qui œuvrent pour la réduction de la mortalité maternelle dans les pays en voie de développement. Elle a commencé avec l’implication de Walley au Nigéria; elle s’est déplacée ensuite au Ghana, en Sierra Leone et plus récemment au Kénya. 

Ils ont ouvert une maternité et ils forment des accoucheuses traditionnelles, qui sont souvent illettrées. Ils leur apprennent comment utiliser des illustrations visuelles dans des dossiers prénataux et  leur montrent quand amener à l’hôpital des grossesses à risque élevé. 

L’hôpital est équipé pour faire des césariennes et des chirurgies pour réparer la fistule obstétricale. 

Au Kénya, “nous avons de petites motos-ambulance” et “des centres de maternité paroissiale” mais “nous en avons besoin d'au moins trois,” a déclaré Walley. Et ils pourraient se servir d’un hélicoptère. 

“Je dois dire quelque chose,” ajouta-t-il en guise de conclusion. “C’est un appel. Nous avons été abandonnés par le gouvernement canadien pour avoir financé plusieurs fois, non pas ce que nous faisons actuellement, mais l’aspect technique d’un projet énorme, comprenant de larges espaces dans l’environnement et tout le reste.” 

“Imaginez cette colère qui vous envahit et vous vous dites, ‘Écoutez, je dois faire quelque chose, je ne veux pas changer le monde, je veux seulement faire avancer un peu les choses, juste raviver la flamme dans le domaine de l’obstétrique et des soins de santé maternelle; ainsi il n’y aura pas que désespoir et mort’,” dit Walley.

“J’en ai marre des paroles abstraites et des larmes de crocodiles. Nous devons avancer.”

Matthew Wojciechowski, le responsable de la délégation de l’ONG CVC (Communauté de Vie Chrétienne), a fait savoir qu’il était hautement significatif que le Saint Siège organise cette conférence.

Cela signifie que l’évènement s’est tenu au siège principal des Nations Unies, plutôt que d’être relégué dans un bâtiment annexe comme une conférence organisée par une ONG. Il était animé par des délégués qui travaillent cette semaine sur le document final qui sortira de la CCF60, avec le thème : “ Autonomisation des femmes et lien avec le développement durable.”

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